‹ Histoire de la Révolution française; (volume 4)Chapitre 94 sur 303 · MOTION AU PALAIS-ROYAL · texte numérisé non relu

MOTION AU PALAIS-ROYAL

ils entraient à Bnixelles que la baronne de Staël ignorait 1 :: lire les circonstances de la chute et de la fuite de son [l'Tc, tant le ministre disgracié avait mis de soin à ne pas devenir une occasion de trouble! Or, Lafayette lui avait fait dire : • Si l'on vous renvoie, trente mille Parisiens vous ramèneront à Versailles. »

Il est des moments dans l'histoire où un homme est une situation. Le renvoi de Necker une fois confirmé, le Palais- Royal prit une physionomie formidable. Pendant foute la matinée, le temps était resté couvert; mais en cet instant, par une coïncidence extraordinaire, le ciel s'éclaircit, et le «oleil plana sur ces milliers de fêtes qu'il embrasait. Par\enu

au milieu de sa course, il darda ses rayons sur le miroir ardent placé au méridien du Palais -Royal; la lumière du canon les reçut, le coup partit : c'était le soleil lui-même qui semblait donner le signal de la Révolution; et, dans l'élan d'une sorte de superstition sublime, le peuple poussa un grand cri.

Alors, un jeune homme sort du café de Foy, monte sur une chaise, et, tenant un pistolet l'une main, une épée de l'autre, il crie : Aux armes! Arrachant ensuite une feuille d'arbre, il s'en fait une cocarde. En un clin d'œU les arbres sont dépouillés. On se précipite. Le jeune tribun se nommait Camille Desmoulins pour l'histoire; pour la plupart de

ceux qui le suivaient en tumulte, ce n'était encore qu'un inconnu courageux.

Au Palais-Royal, le flux et le reflux de la multitude; les rues tantôt couvertes d'hommes qui couraient par troupes et en silence, tantôt désertes ; ici, des boutiques précipitamment fermées; là, des femmes prenant en de vastes mannes des rubans verts qu'elles distribuaient aux passants; des coups de fusil tirés de distance en distance; à toutes les croisées , des visages oii ce peignait une curiosité tragique : tel se montra Paris. A quatre heures du soir, une foule immense s'était présentée, demandant les bustes du duc d'Orléans et de Necker, chez le sculpteur Guillaume Gurtius, au boulevard du Temple. Les bustes ayant été livrés , on vit le terrible cortège descendre le long des boulevards, dans un ordre de marche à la fois triomphant et funèbre. Du reste, il ne se composait pas seulement de gens du peuple : toutes les conditions y étaient confondues. A côté d'un Savoyard qui , un bonnet noir sur la tête , promenait l'effigie du duc d'Orléans , celle de Necker était portée par un élégant jeune homme ayant deux montres et vêtu d'un habit de soie rayé. Des drapeaux flottaient en signe de victoire, mais aussi de tristesse et de deuil; et, chemin faisant, on criait : « Plus de joie ! fermez les spectacles ! » La colonne alla traverser le Palais-Royal et, par la rue Richelieu, se dirigea vers la place Louis XV. Des cavaliers se trouvaient postés à la place Vendôme. L^ jeune homme à l'habit de soie y reçut un coup de feu, il tomba mort. Mais le buste fut aussitôt relevé , et , se mêlant aux troupes, qui avaient reçu l'ordre de reculer, le cortège arriva avec elles jusqu'à l'entrée de la place Louis XV. Là, au milieu d'un effroyable désordre, le Savoyard fut atteint d'un coup de feu à la jambe gauche et d'un coup de sabre à la poitrine. On l'entoure ; un de ses compatriotes le charge sur ses épaules, l'arrache à la mêlée et court le porter au Palais-Royal, oîi il resta exposé tout sanglant à la vue du peuple.

Cependant , Besenval était sur la place Louis XV avec un fort détachement des gardes suisses , les hussards de Berchiny, les dragons de Ghoiseul, le régiment de Salis-Samade ; et la foule allait «'amoncelant autour des soldats. Besenval parut d'abord immobile; mais bientôt, pris d'une impatience farouche, il se décide à employer la force; et, au lieu de disposer ses régiments de manière que les divers groupes pussent s'écouler par les Champs-Elysées, par les avenues qui à droite conduisent au quai, ou par les larges issues qui s'ouvrent à gauche sur la rue Saint-Honoré , il adopte une manœuvre dont riné\'itable effet devait être de rassembler sur un seul point des milliers d'hommes et de les contraindre à fuir vers le jardin des Tuileries par l'étroit passage du Pont-Tournant. Une semblable évolution était si extraordinaire, elle présageait de si affreux malheurs, cpie le prince de Lambesc, auquel on ordonna de pousser droit aux Tuileries, se fit dei^ fois répéter l'ordre. Forcé d'obéir, il s'avance à la tête de ses dragons allemands, chassant devant lui la multitude. Un vieillard fut foulé aux pieds des chevaux; des mères furent renversées, qui traînaient après elles leurs enfants; l'air retentissait de gémissements lamentables. Les dragons traversent au pas le Pont-Tournant, se heurtent à une barricade formée à la hâte avec des monceaux de chaises, la franchissent, et arrivent dans le jardin des Tuileries à la hauteur de la statue de Mercure. Là, saisis, au milieu de leur violence, d'un doute mêle de respect, les officiers ôtèrent leurs chapeaux. Mais la confusion était extrême, et tandis que, se poussant l'un l'autre, les promeneurs inoffensifs fuyaient pleins d'épouvante , quelques jeunes gens indignés

jetaient sur les dragons, du haut des terrasses, pierres, chaises, débris de bouteilles. Soudain on crie : « Tournez le pont! tournez le pont! » et, dans la crainte que la retraite ne leur soit coupée, les cavaliers font volte-face en tirant des coups de pistolet. Furieux, le prince de Lambesc court à un groupe d'hommes qui se disposaient à tourner le pont, il en frappe un de son sabre. L'ordre lui fut alors apporté d'aller se poster au Garde Meuble de la couronne, et les troupes qui couvraient la place Louis XV rentrèrent dans leur sinistre immobilité.

En un instant, l'expédition brutale fut connue de tout Paris; mais, suivant l'usage, on exagérait. On raconta que les dragons avaient fait feu sur les passants; on représenta le prince de Lambesc égorgeant un vieillard qui était tombé à genoux et demandait grâce; il y en eut (jui affirmèrent qu'on allait incendier la capitale. Un coup de canon, tiré sur ces entrefaites, vint ajouter aux alarmes et aux colères. Dans chaque quartier de la ville, des pelotons se forment; les boutiques des armuriers sont pillées, mais on n'y prend ni or ni argent : on ne voulait que du fer. Il était neuf heure» du soir lorsque des fusiliers de la compagnie de Vaugirard, ayant à Icuf tête un caporal nommé Garde et un tambour, coururent attaquer, à l'hôtel de Montmorency, un détachement de Royal- Allemand. Un garde française s'élance à la bride d'un dragon, esquive un coup de sabre, et, d'un coup de baïonnette , étend sur la place le cavalier ennemi. Les soldats étrangers demandaient à soutenir le combat : les chefs donnèrent le signal de la retraite. En même temps, les gardes françaises qui occupaient la caserne de la rue Verte voyaient arriver au miheu d'eux un homme à l'extérieur inculte, à la peau rouge et bourgeonnée, aux traits hideux, mais qui, fier et ne parlant jamais de lui même qu'à la troisième personne , exerçait le double empire de l'orgueil et de l'audace. C'était Gonchon, le Mirabeau des faubourgs. Excités par lui, les gardes françaises abandonnèrent bruyam-^ ment la caserne, et marchèrent à la place Louis XV pour y livrer combat aux troupes étrangères. Mais la place venait d'être évacuée lorsqu'ils y parurent.

Devant Paris ainsi déchaîné, l'attitude de l'autorité fut partout celle de la stupeur. A l'Hôtel des Invalides, c'était M. de Sombreuil (pii , entendant décharger une lourde charrette de pierres et croyant entendre le canon, dépêchait au ministre pour savoir comment on résisterait à une artillerie imaginaire ; à l'autre extrémité de Paris , c'était M. de Launay qui, apercevant, du haut de la Bastille, la population du faubourg Saint-Antoine violemment émue, envoyait un courrier à Versailles pour déclarer qu'il ne prendrait rien sur lui ; enfin , c'était Besenval qui , passant d'un excès de témérité à un excès contraire , retirait ses trou- • pes de la plaça Louis XV et laissait la capitale livrée à ellemême.

En cette extrémité , apprenant qu'une multitude immense , qui cherchait des armes , avait envahi la grande salle de l'Hôtel de Ville, quelques électeurs s'y rendirent avec l'espoir de calmer les esprits. La veille, quand le député Guillotin était venu annoncer à l'Hôtel de Ville qu'à Versailles le calme ; régnait et qu'on n'avait rien à craindre, un électeur, nommé i de Leutre, s'était impétueusement écrié : « Vous vous rap- i pelez, messieurs, que le 13 juillet 1788 une grêle épouvantable dévasta la moitié de la France : eh bien, si vous n'v avisez, la journée du 13 juillet 1789 sera plus désastreumille fois (jue celle du 13 juillet 1788. • Cette lugubre prophétie s" accomplirait-elle? N'oilà ce que déjà se demandaient les représentants de la bourgeoisie. Cependant l'effervescence

PARIS SOULEVÉ

croissait de minute en minute dans la grande salle de l'Hôtel de Ville. La barrière qui séparait les électeurs de la foule des citoyens fut franchie : « Des armes! Il nous faut des armes! » Les électeurs ordonnèrent au concierge de délivrer celles qui pourraient se trouver à l'Hôtel de Ville. Mais le peuple n'attendit pas. Le dépôt des armes des gardes de la ville est découvert; les portes tombent sous un puissant effort; chacun s'arme, et un inconnu vient monter la garde au seuil de la grande salle , en chemise , jambes nues , sans souliers, un fusil sur l'épaule.

La soirée fut terrible. On se faisait donner de l'argent

pour acheter de la poudre; on arrêtait dans les rues pour demander : « Êtes -vous du tiers état? » En certains quartiers , des groupes furent vus lisant , à la lueur des torches , maint placard où la gaieté même était menaçante : « Charge de grand maître des cérémonies à vendre; s'adresser à Mme de Brézé; » ou bien encore : « Le duc de Bourbon ayant été emporté par la passion de la chasse à la poursuite d'un cerf, des indemnités sont promises aux personnes dont les possessions ont été endommagées. » Les barrières brûlèrent. Or, à mesure que les ténèbres s'épaississaient, le bruit, en s'éteignAnt, semblait augmenter la terreur. Vers

l'abbé GRÉGOIRE

; minuit, on commença de sonner le tocsin à l'Hôtel de VUle, à Notre-Dame, dans toutes les paroisse»; chacun se barricada chez soi ; et , cette nuit-là , le sommeil ne descendit cpie > sur les yeux des enfants.

A Versailles, la journée du 12 juillet s'était écoulée dans De silencieuse inquiétude. Les communications avec la capit-ayant été interrompues, ni les courriers de la poste ni ens à pied n'avaient pu franchir les barrières, ce qui fit i Mirabeau, s'adrcssant à Iy)uis XVI : « Roi infortuné sein d'un peuple qui vous chérit, n'ouliliez jamais ce jour Fuigoisses. (Test ainsi (jue vivent les tyrans. » Les députés pétaient réunis de bonne heure ; mais, ne se trouvant pas en

nombre, l'Assemblée nationale avait ajourné au lendemain ses résolutions, en répétant le fameux vers d'Horace : Si fractus illabalur orbis , que rappela en cette occasion l'abbé Grégoire.

L'abbé Grégoire commençait alors à fixer sur lui les regards. C'était un homme en qui se combinaient harmonieusement deux natures tout à fait diverses. Aussi fier de sa raison qu'un philosophe, aussi simple de cœur que le p'us humble des pasteurs de village, il avait pris de la li'clure des auteurs profanes le mépris des préjugés, de celle de l'Évangile-, l'amour des pntivres. Janséniste, il l'était, mais sans qu'il fût aisé de savoir s'il tenait davantage de Fénelon ou de

Saint -.Cyran. De là vient que ce prêtre si rude aux puissances terrestres, et qui eut souvent des inspirations dignes de l'inflexible génie d'Antoine Arnauld, consacra néanmoins sa vie à la défense des juifs, des nègres , des prolétaires , de tous les damnés d'ici-bas. Il portait, du reste, en sa personne les signes visibles de ces contrastes intérieurs. Car il avait à la fois un front sévère et des manières insinuantes, l'œil hardi et le sourire plein de douceur.

Le 13 juillet, à neuf heures du matin, l'Assemlilée nationale entrait en séance. Les événements de Paris n'étaient pas encore connus; mais on avait appris que MM. de La Luzerne, de Saint-Priest, de Montmorin, venaient de recevoir l'ordre de quitter la cour , et que les nouveaux ministres étaient le baron de Breteuil, le maréchal de Broglie, MM. de La Galaizière, de La Porte, Foulon. Des noms semblables en disaient assez sur les desseins de la cour : la consternation fut générale. Mounier ayant proposé qu'une députation fût envoyée au roi pour lui demander le rappel des ministres et lui déclarer que la patrie ne pouvait avoir aucune confiance dans leurs successeurs, Lally-Tollendal se leva et, avec l'accent de la tristesse :

« Reportons-nous, dit-il, à l'époque du mois d'août dernier. Les lois étaient renversées ; vingt-cinq millions d'hommes étaient sans juges et sans justice, le trésor public sans ressources;... le pehple n'avait d'autre espérance que les États généraux; la famine se montrait de loin. La vérité a frappé l'oreille du roi; son cœur a gémi des calamités pu])liques , et il a rappelp le fidèle ministre qui , dans des temps plus heureux, lui avait donné des preuves de son dévouement. La justice reprend aussitôt son cours ; le trésor public se rempht, le mot infâme de banqueroute n'est plus prononcé, les prisons sont ouvertes et rendent les malheureux ([u'elles renfermaient.... Les États généraux ont été annoncés; et personne n'en a plus douté lorsqu'un ministre vertueux en garantissait la tenue, et le nom du roi a reçu mille bénédictions. La famine a été annoncée; mais bientôt les mers ont été couvertes de vaisseaux, les deux mondes mis à contribution pour notre subsistance, plus de quatorze cent mille quintaux de farine et de grains importés parmi nous; et les alarmes paternelles du roi, guidé par son ministre, ont triomphé. Enfin, malgré les obstacles, les intrigues, les États généraux se sont ouverts.... Les Etats généraux se sont ouverts! Que de choses dans ces mots!... Chaque jour a vu éclore des réunions, des principes de constitution. Nous avons marché en avant; la France a respiré. Et c'est dans cet instant que des conseils pervers enlèvent au roi un serviteur fidèle, à la nation un ministre vertueux ! Ce n'est pas assez : on nous enlève trois autres ministres dont les vertus méritent notre estime. Ce n'est pas assez encore : M. Necker est exilé, banni, réduit à fuir comme un coupable. Mais qui donc a pu se rendre son accusateur? Sont-ce les parlements, qu'il a rappelés; les peunle^ qu'il a nourris ; les créanciers, qu'il a payés? Au défaut desTCCusateurs, je cherche les calomniateurs.... Je l'ai entendu appeler factieux : sa retraite a-t-elle été celle d'un factieux?... Il s'est dérobé à la douleur publique. On a passé toute la nuit dans les alarmes, à le chercher. 11 a mieux aimé se priver de toute consolation que d'occasionner des troubles par sa retraite , et son dernier sentiment a été pour le bonheur de la France. Si ce ne sont pas là les caractères sacrés de la vertu, il est impossible de croire à la vertu. »

Ces paroles sont accueillies par des applaudissements mêlés de larmes. Au milieu de l'émotion universelle, le comte de Virieu, député de la noblesse, demande ([u'on renouvelle en commun le serment du Jeu de paume. • Les serments

sont éternels, répond M. de Glermont-Tonnerre; il est inutile de les renouveler. La constitution sera, ou nous ne serons plus. » Cependant que rencontrerait -on au bout de la carrière ardente où l'on se sentait entraîné? que ferait le peuple? Les mots établissement d'une milice bourgeoise ayant été prononcés, M. de Saint-Fargeau s'écria : « Lorsque personne ne représente le peuple, il se représente lui-même. » En ce moment, un courrier du commandant de Paiis est introduit et remet au président la lettre suivante : « La foule est im mense au Palais -Roy al.... les barrières du côté du nord ont été saccagées; celle du Trône est en feu. Chacun prend la

cocarde verte Ils disent qu'ils vont ouvrir les prisons. Ils

ont été mal instruits à Versailles : on veut punir les bandits et les garder dans les prisons. » Ces nouvelles , leur laconisme sinistre, le désordre même de la rédaction remplissent d'effroi l'Assemblée. Elle reste quelque temps muette d'horreur ; mais peu à peu l'énergie des âmes se réveillant , une députation est envoyée au roi.

Un grand mouvement régnait au château, mouvement de joie et d'orgueil, non de terreur. Le soulèvement de Paris ne s'y peignait à l'imagination des courtisans que sous les couleurs d'un emportement de populace dont il serait facile d'avoir raison. Le baron de Breteuil, « qui avait un gros son de voix et qui marcliait à grand bruit en frappant du pied, comme s'il eût voulu faire sortir de terre une armée, » .fî'avait jamais déployé une confiance plus présomptueuse. Louis XVI y fut trompé. Il reçut la députation en homme qui se croyait le maître, il répondit : « Je vous ai déjà fait connaître mes intentions sur les mesures que les désordres de Paris m'ont forcé de prendre ; c'est à moi seul de juger de leur nécessité , et je ne puis à cet égard apporter aucun changement. »

Ce fut alors qu'indignée, mais calme néanmoins , et s'élevant à. la majesté du sénat romain menacé par le voisinage d'un camp ennemi, l'Assemblée nationale prit ce célèbre arrêté :

« L'Assemblée, interprète de la nation, déclare que M. Necker, ainsi que les autres ministres qui viennent d'être éloignés, emportent avec eux son estime et ses regrets;

« Déclare qu'eflVayée des suites funestes que peut entraîner la réponse du roi, elle ne cessera d'insister sur l'éloignement des troupes extraordinairement rassemblées près de Paris et de Versailles, et sur l'établissement des gardes bourgeoises ;

« Déclare de nouveau iju'il ne peut exister d'intermédiaire entre le roi et l'Assemblée nationale ;

« Déclare que les ministres et les agents civils et mihtaires de l'autorité sont responsables de toute entreprise contraire aux droits de la nation et aux décrets de cette Assemblée;

« Déclare que les ministres et les conseils actuels de Sa Majesté, de quelque rang et état qu'ils puissent être ou quelques fonctions ({u'ils puissent avoir, sont personnellement responsables des malheurs présents et de tous ceux qui peuvent suivre ;

« Déclare que la dette publique ayant été mise sous la garde de la loyauté française, et la nation ne refusant pas d'en payer les intérêts, nul pouvoir n'a le droit de prononcer l'infâme mot de banqueroute, nul pouvoir n'a le droit de manquer à la foi publique. »

Pendant qu'à Versailles les représentants de la bourgeoisie résistaient si nolilement à la cour, à Paris ils se mettaient en défense contre le peuple, calomnié par leurs soupçons.

Dans la matinée du 13, plusieurs électeurs s'étaient rendus à l'Hôtel de .Ville dès huit heures du matin, et pour en impo-

PARIS SOULEVÉ

ser à U multitude, qui déjà remplissait les salles, ils avaient 1 Former cette milice et, par elle , peser sur le peuple, devint mensongèrement annoncé l'existence dune milice bourgeoise. ( la grande préoccupation des électeurs. Effrayés de ce bruit

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