JUSTICE DU COMITÉ PERMANENT
Or, le Comité permanent avait soin de se réserver la nomination des chefs supérieurs, ne laissant aux districts qui celle des simples officiers. Le commandement général fut offert au duc d'Aumont, qui demanda vingt -quatre heures pour y songer, et le commandement en second au marquis de La Salle, qui, sans hésiter, fit abandon de sa fortune et de sa vie.
Ce fut un étrange coup d'audace que cette prise de possession du pouvoir souverain par une poignée d'électeurs ou échevins obscurs. Organiser une année pour le service de la classe moyenne, ordonner le licenciement du peuple, disposer des hauts grades militaires, imposer une cocarde à la Révolution, s'ériger en tribunal suprême, voilà ce qu'osèrent quelques bourgeois, et contre la souveraineté d'un seul, et contre la souveraineté de tous. Mais il est dans la vie des sociétés certaines heures orageuses où ce sont les événements qui font les dictatures.
Aussi bien, ces hommes que l'agitation importunait eurent l'habileté de se présenter d'abord comme agitateurs. Dans les premiers moments, ce fut leur force. Des adhésions passionnées leur vinrent des Grands- Auguslins , des Feuillants, des Enfanis-Rouges, des Blancs- Manteaux, des FilUs-Dieu, des Minimes, du Sépulcre..., de tous les districts. Les élèves du Châtelet, les élèves en chirurgie, les gardes françaises, le
PARIS SOULEVÉ
commandant du guet se présentèrent successivement à l'autorité nouvelle pour saluer son installation. Le peuple luimême, que trop d'indépendance embarrasse, fit hommage à 1 Hdtel de Ville do deux canons d'argent, donnés autrefois à
Louis XIV par le roi de Siam, et qui, le 13 juillet, se trouvèrent confondus avec les bagages de l'émeute. Voitures arrêtées aux portes de la capitale, chariots remplis de grains, meubles, vaisselle , provisions de toute espèce étaient dirigés