‹ Histoire de la révolution françaiseChapitre 51 sur 52 · FIT · texte numérisé non relu

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effusion de sang, et produire un 18 brumaire (1). De tels changements doivent arriver; mais ils sont dirigés par les intrigues, les cabales, puis par le mot d’ordre du commandant, presque comme de simples changements de ministère. Ce n’est plus, en général, par le droit sacré d’insurrection, mais par des moyens plus doux, toujours plus doux, que les événements de l’histoire de France s’accompliront désormais.

Reconnaissons que ce directoire, qui ne possédait, au début , que ces trois choses, une « vieille table , une feuille de papier et une bouteille d’encre » , mais point d’argent ni d’appui apparent (2), a fait des merveilles; que la France, depuis que la terreur s’est tue, est devenue une France nouvelle, qui s’est éveillée comme un géant de son engourdissement, et qu’elle s’est avancée dans cette existence intérieure, en faisant des progrès continus. Quant à la forme extérieure et au mode d’existence, — que pouvons-nous dire, si ce n’est que de ceux qui mangent, vient la force, que la folie, ne produit pas la sagesse! Les faussetés ont disparu, et même, ce qui est encore une singularité de la France, leur langue même est anéantie. Les réalités nouvelles ne sont point encore arrivées. Ah! non! seulement des fantômes, des modèles sur le papier, des esquisses et des plans. En France, il y a aujourd’hui quatre millions de propriétés foncières ; ce prodige effrayant d’une loi agraire est pous ainsi dire réa lisé. Chose encore plus étrange, nous comprenons que tout Français « ait le droit de se battre en duel », le colt) Moniteur du 9 novembre 1799.

(2) Bailleul, Examen critique des considérations deM m * de Staël, t. II, p. 275.

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cher de fiacre avec le pair de France, s’il en est insulté. Telle est la loi de l’opinion publique. Égalité au moins ! dans la mort ! La forme de gouvernement est un roi citoyen sur lequel on tire souvent, mais qu’on n’a pas encore tué.

En somme, ce qui avait été prédit, après coup il est vrai, par l’archicliarlatan Cagliostro et autres, n’a-t-il pas été vraiment accompli ? En contemplant ces choses dans une extase prophétique, il avait parlé ainsi (1): « Ah I » qu’est-ce que ceci? Des anges, Uriel, Anachiel, et vous » autres cinq, pentagone de rajeunissement, pouvoir qui » détruis le péché originel; terre, ciel et toi, limbe exté- » rieur que les hommes appellent enfer ! Est-ce que Yem- » pire de l'imposture chancelle? avec un éclat semblable » à celui des étoiles, des rayons de lumière jaillissent de » ses noires fondations, il s’agite violemment et tremble, d non dans les douleurs de l’enfantement, mais dans les » douleurs de la mort ! Oui, des rayons de lumière clairs,

» perçants, saluent les cieux, voilà qu’ils Y enflamment ;

» leur clarté étoilée devient un feu rouge d’enfer.

s L’imposture est en flammes, l’imposture est consu- » mée : une mer rouge de feu, mugissant affreusement,

» enveloppe le monde, lèche, avec sa langue brûlante, t> toutes les étoiles. Les trônes y sont précipités ainsi que » les mitres des Dubois, et les stalles des prébendiers d’où » dégoûte la graisse: et — ha! que vois-je? — tous les » chars de la création ; tous, tous 1 malheur à moi ! Ja- » mais ,• depuis les chariots de Pharaon dans la mer » Rouge, il n’y eut un engloutissement de chars tel que » celui-ci dans la mer de feu. Désolés, sous forme de cen-

(i) Le collier de diamants (Carlyle, Miscellanies, vol. III)..

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