FIN
» dres, sous forme de gaz, ils erreront dans le vent.
» De plus en plus haut flamboie la mer de feu : les nou- » vclles charpentes craquent disloquées; le cuir et la soie » pétillent. Les images de métal sont fondues; les statues » de marbre deviennent mortier et chaux; les montagnes d de pierre éclatent avec un bruit sourd. La respeclabi- » lité, avec tous ses équipages réunis, embrasés pour un » bûcher funéraire, en poussant des lamentations, quitte » la terre pour n’y revenir que sous un nouvel avatar . » L’imposture brûle à travers les générations; elle est » brûlée, mais pour un temps. Le monde est une masse » de cendres noires ; — ah ! quand deviendront-elles » vertes? Les statues se fondent toutes en un bronze corin- » thien sans forme; toutes les demeures des mortels sont » détruites, les montagnes mômes sont pelées et crevas- » sées, les vallées noires et mortes : c’est un monde vide 1 » Malheur à ceux qui seront nés alors 1 — Un roi, une » reine (ô malheur !) ont été précipités ; ils pétillent un » instant, ils surnagent, ils flambent comme un rouleau » de papier. L’Escariote Égalité a été précipité ; toi aussi, » sombre Delaunay, avec ta sombre Bastille ; des races et » des peuples entiers. Cinq millions d’hommes se détrui- » sant mutuellement, car c’est la fin de la puissance de » X imposture (qui est l’obscurité, le gaz opaque et explo- » sihle) ; c’est le feu inextinguible, c’est l’embrasement de » tous les chars qui sont sur terre. » Cette prophétie, dites-moi, ne s’cst-elle pas accomplie, ne s’accomplit-elle pas?
Et maintenant, ô lecteur! le moment est-il venu de nous séparer ? Pénible a été notre voyagé, pénible et douloureux, mais enfin il est accompli. Pour moi, tu as été comme une ombre chérie, l’esprit d’un frère qui n’a plus
txîti VENDÉMIAIRE.
de corps ou qui n’en a pas encore. Pour toi, je n’ai été qu’une voix. Et pourtant nos rapports ont été en quelque sorte sacrés, n’en doute pas ! Bien que les choses sacrées autrefois deviennent des mots vides de sens, pourtant, quand la voix de l’homme parle à l’homme, n’as-tu pas là cette source de vie, d’où tout ce qui est sacré a jailli et jaillira encore ? L’homme, par sa nature, peut se définir ainsi, « un verbe incarné »; malheur à moi si j’ai parlé faussement : c’était aussi à toi de m’entendre de bonne foi. Adieu.
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