être à la fois homme de parti au commencement
e soldat usurpateur à la fin. Mais dans une révolu-
•s tion aussi étendue que la nôtre , et où la guerre
r a été si terrible et si dominante, où le même in-
dividu ne pouvait occuper en même temps la t tribune et les camps , les hommes de parti se
sont d'abord dévorés entre eux ; après eux sont venus les hommes de guerre, et un soldat est , resté le dernier maître.
Robespierre ne pouvait donc remplir chez nous le rôle d'usurpateur. Pourquoi lui fut-il donné de survivre à tous ces révolutionnaires fameux , qui lui étaient si supérieurs en génie et en puissance, à un Danton, par exemple?...
Robespierre était intègre , et il faut une bonne réputation pour captiver les masses. Il était sans pitié, et elle perd ceux qui en ont dans les révo- - Iutions. 11 avait un orgueil opiniâtre et persévé^ rant , et c'est le seul moyen de se rendre toujours présent aux esprits. Avec cela il dut survivre à tous ses rivaux , mais il fut de la pire espèce des hommes. Un dévot sans passions 9 sans les vices auxquels elles exposent, mais sans le courage , la grandeur , et la sensibilité qui les
accompagnent ordinairement, un dévot ne vivant que de son orgueil et de sa croyance, se cachant au jour du danger , revenant se faire adorer après la victoire remportée par d'autres , est un des êtres les plus odieux qui aient dominé les hommes, et on dirait les plus vils, s'il n'avait eu une conviction forte et une intégrité reconnue.