‹ Histoire de la révolution grecqueChapitre 15 sur 28 · Z\Q HISTOIRE · texte numérisé non relu

Z\Q HISTOIRE

agissons en sorte que la Turquie reste dans son ancien état : d'un coté, engageons le sultan à confier à Méhémed-Ali la direction de la guerre ; de Tâutre , alimentons les Grecs en argent , en munitions y et prolongeons ainsi une lutte faneste aux deux partis à la fois. Qu'en résttltera-t-il? Dans peu de temps, le pacha d'Egypte épuisera ses richesses, ses forces, et ses projets d'indépendance auront avorté. Je ferai de la Grèce un hospodorat^ et je donnerai fin à cette malheureuse révolution qui me force à me tenir sur mes gardes au moindre mouvement de la Russie. »

Ces trois cabinets, mus par des intérêts divers, firent chacun à part cette proposition au sultan : «Tu as deux ennemis; le pacha d'Egypte, et la Grèce révoltée : le premier reste encore caché; mais il ne tardera guère à lever le masque. Quant au second, il lutte encore avec succès. Mets -les tous deux aux prises : par là ils seront bientôt affaiblis , et tu sauras d(Hnpter l'un par l'autre. »

Ce conseil plut au Grand-Seigneur. Le i6 janvier i8a49 il envoie à .Méhémed*'Ali (i) un

(x) Tout ce qui est ici rektif à .ce ptcha est tiré

DB LA RjéVOLUXlON GRECQUE. 3l I

firman , dans lequel il lui concède le pachalik de la Morée, le comble de louanges, et le nomme d'avance l'exterminateur des rebelles.

« Tâche, lui écrit-il , de soumettre leMora (i)^ et laisse à mes autres pachas, le soin de subjuguel* le Roum (a) et les taouchans (3) de la mer Blanche (4)* »

Méhémed-Âli, après avoir baisé respectueusement et placé sur son front, l'ordre de son seigneur, dit devant le porteur qu'il rendait grâces à l'Être suprême de lui avoir offert une occasion de servir son maître pendant sa vieillesse.

Le ift février, il convoqua son divan et lui annonça qu'il dirigerait en personne l'expé- (tition de la Morée, à la tète de vingt mille

de la correspondance secrète qu'un Grec , attaché à Son service, entretenait alors avec notre gouvernement.

(i) La Morée.

(2) La Grèce continentale.

(3) Lièvres f sous ce nom de dérision les Turcs désignent les habitants de la mer Egée.

(4) L* Archipel.

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fantassins et de deux mille cavaliers. Retiré dans ses appartements, il appela son ministre , l'Arménien Jussuf Bogose , et lui dit : a Dans la guerre que j'entreprends, il me faut «des sommes immenses : l'or, voilà l'arme « sur laquelle je compte le plus ; je dois acheter « tous les capitaines et tous les primats de la <c Morée. Levons des impôts : agissons de ma- « nière que je puisse, sans vider mes coffires, «avoir à ma disposition cinquante millions « de piastres. Pour le reste, je ne m'en in* « quiète pas. Je cernerai de ma flotte Tîle d'Hy- « dra ; cette petite Londres de la Grèce disparaît « Ira bientôt: mes troupes régulières n'auront « point le sort de celles de Dram-Ali ; elles ne « ressemblent point aux Chaldoupes qui peu- « vent à peine traîner leurs lourds vêtements , « et secouer leur indolence. »

« Que Dieu enlève toutes les couronnes de « la terre, et les pose sur ton front! lui répon- « dit son favori ; tu en es bien digne ; tu es le « Bonaparte de l'Afrique. »

Le I®' mars, Ibrahim, qui se trouvait au Caire, supplia son père de lui confier l'expédition de la Morée. « Que dira le sultan , lui « écrivait- il, lorsqu'il aura su que vous, mal-

DE LA. RjéVOLCTIOIf GRBCQI^E- 3l3

« gré votre âge avancé, vous avez tiré l'iata- « gan , et que moi , dans la fleur de mes ans , <c je croupis dans l'oisiveté? Il me croira peu a capable de le servir. »

Méhémed-Ali, se rendant au désir de son ^, le nomma généralissime de ses armées ^ et se mit à faire de grands préparatifs. Trentecinq transports autrichiens et vingt - six sous pavillon anglais s'offrirent à son service (i).

(i) Voici le catalogue des bâtiments et de leurs capitaines, tel qu'il existe dans X Ami de la Loij gazette d'Hydra.

AUTRICHIENS

Astrea, Lud. Yarglien.

Gibele, V. Premuda.

La Verità, R. Ivancich.

Salamina, M. GagliufS.

L'Andria, 6io. Mattissorovich.

Ottaviano, Matteo Gopaitich.

Ongarese, S. M. Govacevich.

Barone, 6. Francovich.

Aristide, ^ Drago Popovich.

Filosofo, Giorg. Ducovicb.

La Regina , Angelo Yianello.

Ermogene, G. Battagliarin.

3l4 HISTOIRE

Plusieurs officiers européens affluèrent au port d'Alexandrie : à voir leur empressement, on eût dit une iiouveUe croisade.

Dans le même temps, différents Pbilhellènes, accourus au sein de la Grèce , consacraient à sa défense leur plume et leur épée.

AUTRICHIENS

CAmAXVlS.

Vaterloo,

Angioletto,

Profeta ,

Colombo ,

Prenep. Endet*.,

Ang. RaÊiele,

Febo,

Caval*. Stalcal»

Memorabile,

EmilUo,

Poiîinîn^

Giasaone,

Zelo,

Metilde ,

Liberatore ,

Arlecchino ,

SabbatO)

Ferdinando ,

Franc. BarbaroTÎch.

Stef. Gambaro.

Matteo Gagrizza.

Vido Petricevich.

Lorenzo Yianello.

Franc^. Lombardo.

M. Ant. Scofinidu Ant. Vucovick, Luca Cosseidi.

Ant. Gosuiich.

Biag^. Budmani.

Stef. Sablicich. Giac^. Copaiëch.

Filippo Palina.

P"*. Pasarina.

Ab. Albmonda.

G. Bonacicb.

Ant. Bussetto Toscano.

DE LA BEVOLUTION GRECQUE. 3l5

Représentants des vœux de tous les peuples civilisés, ils y venaient comme pour attester que les nations chrétiennes étaient étrangères à la conduite peu généreuse dé leurs cabinets. Un d'entre eux surtout captiva le respect et Famour des Hellènes par son génie étonnant.

AUTRICHIENS

BATIMKHTS.

niirico , Ëlena , Intirppret^, BeniaminO) Milnorese,

CAPITAIHES.

Luca Pancovich.

Carlo Segliu.

Simon Radoslovich.

Gosulich Luca.

Franco Bonacich.

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