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année arcadienne met le siège devant Tripolitza; les paysans de la Laconie et de la Mes* sénie, quelques centaines de Maniâtes, investissent Monembasie, Coron et Modon; les Sicyoniens et les Mégariens bloquent FAcrocorinthe; les Ârgiens assiègent Nauplie par terre; et l'héroïque Bobolina de Spezzia, dirige elle-même le blocus maritime de cette place avec trois vaisssaux qu'elle équipe à ses frais.
Les musulmans sont partout pressés ; le sérasqiiier Chourchid , tout occupé de la guerre contre Ali-Pacha , ne peut venir à leur secours ; en vain il essaie de leur faire passer quelques renforts; lui-même, dans son camp, a tout à redouter des entreprises audacieuses de Marc- Botzaris. Cet intrépide Souliote y jette à chaque instant l'alarme par des attaques imprévues et réitérées; il se porte tantôt sur les flancs, tantôt sur les derrières de l'ennemi; il le harcèle, il le fatigue, il pénètre jusqu'à la tente même du général. Celui - ci cherche en vain à l'envelopper en divisant son armée en plusieurs corps : déployant dans ses stratagèmes tout ce que l'art de la guerre a de plus habile , Botzaris déjoue ses projets. A la tête
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des Souliotes, il attaque et met en déroute près de Gratsana trois mille Tsamidès, Albanais fameux par leur bravoure; il les rencontre de nouveau près de Plesca , culbute leur cavalerie et les force de quitter le champ de bataille. Quatre mille Toxides, sous le commandement du silichdar (f ) de Chourchid-Pacha , viennent le déloger de sa position ; il marche à leur rencontre, leur livre un combat sanglant à Dramessous , et, le sabre à la main , les chasse devant lui. Il court à Plaça, où cinq mille Albanais se trouvent cantonnés, et s'approche de leurs retranchements au milieu de la nuit.. Tous étaient livrés au sommeil; les cris seuls des sentinelles se faisaient entendre par intervalles ; la détonation d'une arme à feu réveille les Albanais; ils se lèvent; les plus braves s'arment; les autres poussent des cris et s'enfuient; le combat s'engage à la clarté de la lune : amis , ennemis , tout se mêle , tout se confond. Alibéi, surnommé Tsercassi, chef des Albanais, s'efforce de rallier les fuyards; Botzaris ne lut en laisse pas le temps : quoique
(i) Porte-épëe.
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atteint d'une balle daos la cuisse, il est partout^ partout il fait sentir sa présence , et rennemi $« disperse devant lui (i).
Cependant Chourchid- Pacha, à force de tentatives , parvient à jeter dans le Péloponèse son lieutenant, le £imeux Kayabéi. Celui-ci, avec trois mille Albanais , débarque à Fatras et marcbe sur TripoUtza en suivant le golfe de Gorinth^; il d^oend dans l'Argolide, traverse sans ta moindre résistance tous 1^ défilés, et met le feu à la ville d'Argos. Nicétas le Turoo* phage^ gendre du célèbre Zacharias, l'arrête à Dolyana; avec quatre-vingt-dix hommes il lui dispute le passage pendant cinq heures, et secouru Uentot par deux cents paysans il dis* sipe son armée. Le fier Kayabéi , voulant réparer sa défaite, rassemble toutes ses forces disponibles, et vient attaquer les insurgés à Valtetsi ; Kyriacoulis , Hélie et Jean Mavromichalis , chefs des Maniâtes , l'attendent de pied ferme , et par une résistance vigoureuse le forcent à battre en retraite dans le plus grand
(i) Tiré d'un manuscrit intitulé : Uste des vic^ toires de Marc " Botzaris ; et écrit en mauvais grée par le capitaine Lolio , son beau-frère.
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désordre , après une perte de mille hommes.
La Porte, sentant qu'elle s'épuiserait en vains efforts du côté de la terre , voulut tenter la fortune sur mer; elle équipa une flotte nombreuse. Les Hydriotes se préparèrent à lui résister, et d'abord ils songèrent à étendre la révolte sur tous les points de rArchipel ; les principaux citoyens fournirent des bâtiments, des vivres , des munitions de guerre ; Lazare Coundouriotis harangua le peuple, et prononça ces nobles paroles : (c Depuis trente ans je traa vaille pour amasser des trésors ; je m'estiamerai heureux, s'ils peuvent aujourd'hui « servir à l'indépendance de mon pays. Je suis «f certain que tous les riches d'Hydra partagecr ront mes sentiments ; mais s'ils reculent de- « vant des sacrifices d'argent, ne vous décou- (K ragez pas : je suis en état de faire à moi seul « toutes les dépenses de la marine (i). »
Un prêtre, aussi recommandable par la pu-
(i) Voici l'état approximatif des offres pécuniaires que les riches d'Hydra ont faites dans tout le cours de la révolution :
Les frères Lazare et Georges Coundouriotis x,5oo,ooo fr.
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reté de ses mœurs que par l'étendue de ses connaissances , Néophyte Bambas , qui se trouvait alors à Hydra, conseilla aux primats d'ouvrir la campagne par Taffranchissement de ChioSy son opulente patrie. Pour les amener à son avis, il leur représenta qu'une île dont la population s'élevait à cent dix mille âmes , et où florissaient dès long-temps l'agri-
Les frères Stamatis et Basile Bou-
douris • 55o,ooo
La famille des Tsamados 4oo^^o<^
Les frères Jacob et Emmanuel Tom-
baxis 35o,ooa
Jean Orlandos 3oo,ooo
André Miaoulis » âSo^ooo
Démétrius Bulgaris aSo^ooo
Ses deux oncles. Jean et François
Bulgaris 200,000
Les frères Anagnoste et Nicolas
OEconomos 200,000
Le beau -père du capitaine Sahi-
nis t sSo^ooo
Anagnoste Phonos 1 5o,ooo
Je regrette de n'être pas à même de rapporter les noms de plusieurs autres citoyens qui ont plus ou moins contribué, à proportion de leurs facultés,, au maintien de la marine.
culture et le commerce , pourrait dans la suite subvenir aux frais de leur marine. Ils furent gagnés par cet argument, et ne pensèrent plus qu'à nommer un amiral : leurs suffrages se réunirent sur Jacob Tombazis. Ce capitaine s'était fait chérir de ses compatriotes par la douceur de son caractère et sa conduite constamment irréprochable; ses talents étaient éprouvés, et la modération de son esprit le rendait agréable à un sénat ombrageux à peine délivré des menées démagogiques d'Antoine GËconomos, et craignant de confier un si grand pouvoir aux mains d'un ambitieux.
Le ià8 avril , Jacob Tombazis entra dans le sénat, accepta la charge de Navarque , et, posant la main sur l'Évangile, il prononça ce serment d'une voix émue : « Je jure au nom a du vrai Dieu , protecteur souverain de la oc justice, effroi des méchants et des ennemis « de la loi, au nom de la liberté pour laquelle a nous combattons , de remplir les engagecc ments qui me seront imposés. »
Le lendemain de cette cérémonie, il reçut à bord de son brick les capitaines de la flotte , et leur communiqua les instructions suivantes, données par le sénat :
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1° Comme l'insurrection de la Grèce o*a pour but que de reconquérir les droits imprescriptibles de l'homme y l'escadre grecque doit étendre la révolte sur tous les parages opprimés de la Grèce, et s'appliquer en même temps à mériter l'approbation des nations civilisées par sa conduite et son respect pour leurs privilèges.
7,^ Elle doit s'abstenir de visiter les vaisseaux marchands des puissances étrangères, sauf le cas oîi, frétés.par le gouvernement turc, ils seraient chargés de munitions de guerre et de soldats mahométans; alors on doit s'opposer à leur navigation, et s'approprier leurs cargaisons, en payant aux capitaines le nolis stipulé dans le contrat (i).
Le a mai, Jacob Tombazis reçut l'ordre de
(i) A cette époque, les marins d'Hydra, avant de s embarquer, demandèrent et obtinrent du sénat la loi suivante , comme une garantie que leurs services seraient récompenses :
« Celui qui combat pour la foi et pour la liberté de la nation, recevra de Dieu gloire étemelle et couronne incorruptible; mais il est juste qu'il soit aussi honoré dans ce monde, et c'est pour
DE LA RiVOUITlOIC GRECQUE. III
mettre à la voile pour Ghios et de faire ni* fturger cette île. Le lendemain il appareilla du mouîUage de Métochi, et quelques jours après il arriva au port d'Ipsara; il fit part aux sénateurs ipsariot^ du but de la campagne, et les invita à la seconder; les Ipsariotes joignirent à la flottille des Hydriotes dix bâtiments dont ils donnèrent le commandement à lïicolas Apostolis, homme connu par sdn patriotisme avant
cela que nous promulguons la loi suivante, munie du sceau de la communauté :
« lo Dorénavant, si quelqu^un de nos concitoyens meurt dans la guerre que nous faisons contre nos tyrans, sa famille sera nourrie par la caisse de notre patrie, tant que sa femme restera en état de veuvage , et son nom sera commémoré en public dans toutes les églises; s*il est blessé dans la guerre, il sera traité aux dépens de la patrie ; s'il reste estropié et s'il n'est plus habile à travailler, sa famille devra être entretenue par la caisse commune. La patrie donnera à ses enfants mâles une attestation par écrit des exploits de leur père.
« 2° Si celui qui est mort à la guerre n'est. pas marié , mais s'il a père et mère , ses parents doivent également être nourris aux <]épens de la caisse publique.
« 3^ Chaque année, le jour du troisième di-
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même la révolution. Le 8 du même mœs , l'escadre combinée se dirigea vers Chios, et le jour d'après elle aborda vers l'atterrage, nommé la Fontaine du Pacha , non loin de ce rocher où les habitants de cette ile prétendent que le vieil Homère venait donner ses leçons.
Pendant que l'amiral grec s'efforçait en vain de soulever ces pacifiques insulaires , la flotte ottomane , commandée par le vice-amiral Me*
manche du grand carême , Ton fera, avec Tintervention de Tévêque et de tout le clergé, dans l'église du couvent, commémoration pour ceux qui seront morts à la guerre.
« 4** Celui qui sera pris ou reconnu traître et perfide envers la patrie sera excommunié de TÉglise, et sera poursuivi comme impie et ennemi de la sûreté publique et du salut commun.
« 5° Tout capitaine écrira le nom de celui qui aura fait quelque action héroïque sur terre où sur iqer, et la patrie lui donnera un certificat, signé par le capitaine, et scellé du sceau de^a communauté, afin qu'il puisse se présenter un jour à notre chef orthodoxe , pour obtenir Thonneur et la gloire qui lui seront dus.
« 6^ Cette loi sera enregistrée dans le code de la patrie.
« Signés les habitants d'Hydra. »
DE LA RÉVOLUTION GRECQUE. Il3
hemed-béi, sortit de Byzance; ses équipages étaient composés de galériens tirés du Bagne ; des vendeurs de comestibles , une foule de musiciens et de joueurs de marionnettes erraient dans les boutiques qui encombrent les entre* ponts des vaisseaux de ligne turc. Après avoir, pendant quelques jours, côtoyé le large bassin de la Propontide et saccagé les bourgs situés sur le littoral de l'Asie, l'escadre traversa les Dardanelles et cingla vers Imbros ; ayant découvert de loin l'armée navale des Grecs, elle continua sa route vers Ténédos avec la plus grande circonspection. Les Grecs tenaient alors conseil et délibéraient sur les moyens de la détruire; dans leur assemblée mille opinions diverses s'entre- choquaient, lorsqu'un vieux Ipsariote éleva la voix et dit: oc En 1770, quand la flotte turque était « retirée dans la baie de Tsesmé , les Busses « qui l'avaient suivie de près lui lancèrent une « espèce de bâtiment à feu et la réduisirent en a cendres. Je fus alors un de ceux qui conduite saient ces machines incendiaires; je connais « l'art d'en construire , et je vous en garantis aie succès. » Aussitôt on met à sa disposition trois bricks; il les remplit de matières com-
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btisfibles; il cloue à leurs bords des chemjises sottfrées; il enveloppe les cordages de toiles goudronnées ou trempées daos un mélange de eampbre et d'huile; il établit des conducteurs du tîHac aux mâts, de telle manière que les flammes puissent se commuoiquer aisément, «r Le capitaine , dit-il , doit se teuir sur Tarrière « du vaisseau pour mettre le feu ; le canot « monté par l'équipage sera prêt à Le recevoir, « aussitôt que les flammes auront éclaté ; un « ou deux bricks de guerre se tiendront près « de l'embarcation pour la défendre. »
Les trois brûlots étani ainsi préparés y Jacob Tombazis offrit de l'argent à ceux qui voudraient s'y exposer; plusieurs marins s'y jetèrent avec enthousiasme, en refusant les offres du navarque.
Vers la fin de mai, les Grecs se trouvèrent en présence des ennemis mouillés dans une des rades de Mitylène. Le commandant turc, s'apercevant qu'ils n'attendaient qu'un vent favorable pour l'attaquer, envoie sur-le-champ un vaisseau de haut- bord à Constantinople , pour prier le eapitan-pacha de hâter sa sortie; les Grecs lui donnent le temps de prendre le large ; lorsqu'ils le voient isolé , ils l'envelop-
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pent de foules parts. Le capitaine turc, au tien de faire usage de sa formidable artil* lerie, force de voiles et vient jeter l'ancre à l'entrée du golfe d'Adramète. Alors s'avance le brûlot de Papa-Nicolas Ipsariote, escorté des bricks d'Antoine Criésis * de Georges Saciouris, de Jean Bulgaris et de Pinotsis; il se porte brusquement sur la poupe du navire ennemi, dont l'équipage le prenant pour un bâtiment de guerre se prépare à l'attaque; rangés eu deux divisions, les Grecs par un feu soutenu balaient ses ponts et mettent en pièces ses manœuvres; en même temps , le brick incendiaire s'attache à sa proie ; le feu se répand et commence à gagner les haubans; les Barbares, s'apercevant trop tard de leur méprise, s'épuisent en efforts superflus pour éteindre l'inceadie ; tout à coup les flammes s'élancent du fond de la cale et s'élèvent jusqu'aux mâts; ils ne pensent alors qu'à se sauver dans leurs chaloupes ; leur capitaine veut s'y précipiter le premier; mais un d'entre eux en fureur tire son sabre et l'égorgé, en s'écriant qu'il est l'auteur de leur p^te...une explosion terrible se fait entendre : cette masse énorme , chargée
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(le neuf cent cinquante Ottomans, saute dans les airs, retombe avec fracas, et couvre la mer de débris et de cadavres.
Après ce triomphe, les Grecs se dirigèrent vers Cydonies. Cette ville, dont la fondation, due au génie d'un prêtre appelé Oeconomos, remonte au milieu du dix-huitième siècle, était alors habitée par trente-quatre mille cinq cents Grecs laborieux ; elle se dis^ tinguait des autres cités de la Grèce par ses maisons régulièrement bâties , par ses rues pavées et bien percées et le grand nombre de jardins dont elle était entourée ; plusieurs églises raagni6qiies la décoraient; des manu-, factures peu connues dans les régions barbares de rOrienl y entretenaient l'aisance et l'industrie ; une école, établie par la riche famille des Saltellis, répandait parmi la jeunesse de bonnes mœurs et des idées libérales. Lorsque les Grecs arrivèrent devant Cydonies , elle était en proie aux flammes : six mille mahométans, sous le commandement du pacha de Proussa , avaient fondu sur elle à l'improviste. Anastase Tsamados , Antoine Criésis et d'autres braves capitaines s'approchèrent de la plage, embarque-
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rent vingt-deux mille Cydoniens, et retournèrent dans TArchipel.
Tandis que la Grèce sans chef, poussée par Finstinctde sa conservation, se signalait par ces faits glorieux , DéraétrîusHypsilantis arriva dans les premiers jours de juin avec un chargement d'armes et de munitions. Il était alors à peine âgé de vingt-six ans ; ses manières gênées , son abord froid, la petitesse de sa taille, son front dégarni de cheveux, sa voix grêle et nasillarde, tout en lui était peu propre à faire impression sur un peuple léger , enclin à juger des hommes diaprés leur extérieur; mais on reconnut bientôt que ce corps, en apparence si délicat , était capable des plus grandes fatigues, et que sous cette enveloppe si frêle se cachait une ame pleine de force , de sentiments élevés et du patriotisme le plus pur. Dans tout lé cours de nos guerres , D. Hypsilantis se montra brave sans ostentation, indifférent à l'attrait des plaisirs , désintéressé , plein de loyauté , juste et scrupuleux sur le choix des moyens dont il se servit pour la réussite de ses projets. Il aborda à Hydra.; les Hydriotes l'accueillirent iau bruit des salves d'artillerie >
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et son apparition donna une nouvelle impulsion à Tenthousiasme des Hellènes. Après être demeuré dans cette île neuf à dix jours qu'il employa à faire quelques changements aux autorités locales de r Archipel, il se rendit à Astros en Morée. Une foule de primats et de prêtres , des bandes armées de montagnards, accouraient pour le saluer; les femmes étendaient des tapis sur son passage et parsemaient les rues de lauriers ; les vieillards , se prenant les mains , se jetaient devant lui et baignaient de larmes ses genoux; le peuple ne faisait entendre de tous côtés que des remercîments au ciel et des vœux sincères pour sa prospérité ; ce n'étaient point les transports hypocrites et forcés d'une populace qui , pour témoigner une allégresse qu'elle ne sent point, court au-devant de son maître en poussant des cris ; c'était l'ivresse d'une nation qui , pour la première fois depuis tsAit de siècles , voyant en son chef un chrétien , un Grec , adorait en lui l'image de son indépendance.
La péninsule était alors divisée en vingt-quatre cantons, qui contenaient neuf cent soixante cinq villages et une population de quatre cent soixante mille âmes; elle était gouvernée par
BE LA AEVOLUTiOir GRBGQUK. • lig
une gérusie ou sénat qui n'était qii*uu assemblage de primats astucieux, animés d'an esprit inquiet et brouillon. Dix-htiit mille Grecs, la plupart mai armés et presque tous inexpérimentés dans la guerre, tenaient , en tremblant, assiégés dans les principales fcHrteresses , cinquante-cinq mille Ottomans , saisis à leur tour d'une terreur panique.
Hypsiiantis se porte à Trîcorfa, dans le camp des Grecs qui bloquaient Tripolitaa. Les primats de la M orée le suivent de près , épietit tous ses mouvements , et cherchent à lire dans $es traits, dans ses discours, dan^ ses gestes même, "son caractère, ses pensées et ses prétentions» Divisés entre eux depuis long^temps <, ils se réunissent pour le tromper; les Zaïmis, en frémissant de colère , donnent la main aux Cbaralambis; les Délyanis et les Londos s*embrassent en brûlant de s'entr^étouffer ; jusqu'au paisible vieillard, au pieux Notaras, dhacun s'agite et veut en rampant glisser aux pieds d'Hypsilanlis. Celui-ci, sans se laisser tromper parleurs flatteries, gagne les soldats, est proclamé généralissime des armées de terre^. et prend la direction des opérations militaires du Péloponèse. Malgré le^ir secret dé-