‹ Histoire de la révolution médicale du XIXe siècleChapitre 59 sur 64 · i lJTILlTI^ POSITIVE · texte numérisé non relu

i lJTILlTI^ POSITIVE

produlfespar Irssangxucs, Ich ventouses sa(rifîàes,etc., conviennent mieux dans les inllammations des membranes , dans les plilvgmasies chroniques : etc., en les faisant, en général , le plus près possible du siège de la maladie, avec la grande attention gue , sauf les cas de contre-indication, l'émission sanguine soit toujours suffisante pour effectuer un dégorgement complet, autrement ces applications pourraient occasionner plus d'inconvénients (jue d'avantages, en augmentant tes accidents de congestion.

(Vunobstanl la sagesse de ces lois , il est permis du faire à la doclrine physiologique deux reproches sérieux sous le point de vue du Irailemcnt des iidlainmations : 1" d'avoir trop gûncralisé dans la thérapeutique l'applicalion des sangsues, à l'exclusion de la saignée veineuse; t^ d'avoir employé les émissions sanguines d'une manière trop absolue en négligeant les autres moyens , cl notanmicnt les calmants , les vomitifs , les purgatifs , les diurétiques, les sudoriûqucs, les antipériodiques, les médicaments altérants, spéciflques , les toniques, les reconstituants, les excitants, et surtout la méthode dérivalivo ou révulsivo , dans un grand nombre de maladies où leur emploi présente, d'après l'expérience la plus positive , un véritable avantage sur la soustraction du sang. r<ar, nous devons le dire en terminant ce paragraphe, si la doctrine physiologique est incomplète sous le point do vue de la théorie , elle est bien plus insuflisanto encore sous celui de la pratique.

Toutefois, du milieu même do ces erreurs de la médecine du réformateur s'élèvent encore deux lois trés-inqiortanles relaliveiiienl aux ajqdications révulsives.

2'.)" Les dérivatifs ou révulsifs, tels que 1rs résicat aires, moins, sélons, sxjnapismes. etc., ne doivent fitrc mis en usage ifu'ajirh la sédation des principaux accidents inflammatoires par 1rs émissions sanguines.

;{()" L'emploi de» dérivatifs nu révulsifs puissants, mis en pratique pnulant l'erislenco d'une violrntr inflammation , iiugmrntrnt 1rs arcidrnts lorau.r , ri pnivrnt nii'mr m produire dr généraiiT par lurépéiiUon de l'trrilulivn qu'il» nccrtsionncnt

DE LA Rl-VOLlJTrON MÉDICALE. 433

vent le point princifutl de la phlc(jmime , ou orrs d'autres ortjanes qui sympathisent directement avec lui.

Telles sont , au milieu des erreurs nombreuses de la doctrine du réformateur, les lois positives et vraies qui nous semblent à labri de l'expérience et du temps. Telle nous paraît devoir être la fixation précise de ce qui restera de vraiment utile, pour la science et pour l'art , de la révolution médicale effectuée sous le litre d'établissement de la médecine dite physiologique.

Nous croyons avoir épuré les principes de celte doctrine , les avoir placés dans leur jour le plus favorable , en les retirant de la confusion dans laquelle nous les avons trouvés , pour les disposer dans un ordre logique ; nous croyons avoir généralement indiqué les perfectionnements dont cette même doctrine est susceptible, enfin avoir consciencicusementjugé celle révolution et son principal auteur. Pour apporter plus de précision encore dans l'immenso travail que nous avons entrepris, nous le terminerons par le résumé de ce jugement et des motifs qui l'ont justifié.

§ II. RÉSIBIÉ DU .lUGEMENT SUR LA RÉVOLUTION MÉDICALE.

On demandait un jour à l'un de nos plus célèbres botanistes (pielle mélhode il fallait suivre pour connaître les plantes? « Aucune, répondit-il, suivez seulement la nature. »

Si l'on adressait la même question à nos plus habiles médecins liippocratiqucs relativement aux maladies , ils feraient exactement la même réponse.

Nous ne partageons pas cet avis ; nous pensons , au contraire , que les méthodes et même les systèmes sont utiles en médecine ; les premières, pour faciliter l'étude cl le souvenir d'un aussi grand nombre d'objets ; les seconds, pour exciter la controverse expérimentale, et faire jaillir la lumière du choc même des opinions. Aussi vit-on presque toujours des doctrines rivales : ainsi , dans ranli(|uitè, l'empirisme et le dogmatisme furent opposés comme le sont aujourd'hui le Rrownismc et le physiologisme.

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L'importance des systèmes en médecine doit nécessairement s'aicmître de toute celle de la science qu'ils tendent à ramener à des principes toujours trop absolus. Or, celle importance n'est plus contestée , même par les philosophes ; et Descartes , nonobstant la direction de ses idées, s'exprimait ainsi à cette occasion :

« L'âme dépend tellement du tempérament et de la disposition des organes du corps, ipie si l'on pouvait trouver un moyen d'augmenter sa pénétration , ce serait dans la médecine qu'il faudrait le chercher. »

Témoin de la révolution médicale dont nous devions retracer les événements et juger les résultats, nous eussions voulu faire passer dans l'esprit de nos lecteurs les impressions de ce grand drame scienlili(|ue telles que nous les avions reçues; mais, comme l'a très-bien dit Volney, VvijiKjc eu Siji-ie , p. / , « il y aura toujours loin de l'effet des récits sur l'esprit, à celui des objets sur les sens. »

roiiicfois, pour donner plus de vie, plus de mouvement à ce tableau, pour mettre sulTisammcnt eu relief les principaux traits qui le caractérisent, nous résumerons les faits capitaux de cette révolution, les motifs qui nous ont dirigé dans son histoire, et le jugement que nous avons cru devoir porter sur la doctrine médicale que cette même révolution a fait naître, et qu'elle a définitivement iiiq)ortéc dans la science.

Si , par la i)ensée , nous nous établissons dans la plus haute région de la science médicale, do manière à dominer son vaste ensendjie , nous voyons dans tous les siècles et dans tous les climats où le génie de l'homme se révèle à nos regards , cette science flotter incertaine entre deux guides jusqu'alors insuflisants , VcxpéricHcc et la théorie. Si nous cherchons la cause de cette insuffisance, nous la trouverons aussitôt dans les faits eux-mêmes.

Vcxiiériencc , d'abord, ne pouvait offrir, en effet, la portée qu'elle présente aujourd'hui , |)arce qu'elle manquait alors d'un fondement invariable, liiiii |)oint central pour grouper autour de lui toutes les observations qu'elle avait laborieusement obtenues,

et que l'isolenienl de ces faits , leur défaut d'enchaînement et de coordination en détruisait presque toute la valeur scientifique , particulièrement pour les observateurs qui ne les avaient pas euxmêmes recueillis.

Dans cette voie diflicile et souvent stérile, on pouvait bien rencontrer çà et là quelques hommes d'élite devenus médecins à force de génie d'observation ; mais il n'existait point de médecine proprement dite, et la science tout entière se réduisait à peu près à l'empirisme.

La théorie, dépourvue des connaissances positives de l'organisme et de ses fonctions, ne pouvait se fonder que sur de vaines hypothèses, donner naissance à des systèmes plus ou moins spécieux; mais^ans aucune réalité , sans aucune valeur pour l'application.

Ainsi, l'empirisme dirigeait alors l'expérience, et l'hypothèse imaginaire servait de base à la théorie.

Faut-il s'étonner, en remontant les âges de l'art médical , d'y trouver un si grand nombre de vicissitudes et d'aberrations? N'est-il pas tout naturel , au contraire , de ne rencontrer dans ces archives du passé que des faits épars et sans liaison , bien qu'admirables quelquefois par la sagacité prodigieuse de ceux qui les ont observés et mis en relief; de n'y voir que des systèmes détruits remplacés par d'autres systèmes , aucun d'eux n'offrant ce fondement impérissable , cette pierre angulaire qui doit résister aux épreuves de l'avenir.

Voilà cet état précaire dans lequel se trouvait le domaine de la science pathologique avant l'importante révolution médicale qui vient de s'effectuer.

Quelques éclairs de la vérité systématique avaient brillé par intervalles dans ce demi-jour voisin de l'obscurité, mais seulement à la manière de ces météores qui passent avec une rapidité désespérante , sans laisser aucun résultat positif et durable.

Enfin, l'esprit humain répondant à l'appel du vrai génie, abandonne les vieilles traditions du passé; la sanction expérimentale précède partout l'admission de la théorie; les sciences prennent ;m

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caracicre plus sérieux, les faits positifs reniplareni l'ingénieuse hypothèse et la brillante périphrase; le temps des illusions est passé!...

La science médicale ne reste point étrangère à cette heureuse cl puissante impulsion ; déjà son horizon semblait s'animer de quelques feux , lorsqu'apparaissent enfin l'astre bienfaisant qui devait y répandre tant de lumière , et le satellite que l'éternelle sagesso paraît avoir destiné à le précéder pour lui tracer la route qui conduit à la vérité.

Pinel émet, comme à son insu, la loi fondamentale de l'art médical; Bichat s'empare, en esprit supérieur, de cette grande pensée, l'echaufTc et la féconde au foyer de son génie; du même jet, l'analomie, la physiologie pathologique sont créées, la base impérissable de la médecine est posée pour toujours. Mais, ô regrets èlerncls ! en même lcm|)S le destin frappe le plus, douloureux de ses coups. La science médicale , après avoir entrevu le plus brillant avenir, reste veuve de son fondateur. 3Iais l'heureuse fécondité du siècle qui devait enfanter tant de célébrités n'était pas épuisée : Rroussaisa remplacé Bichat I...

Il recueille les débris de cet immense héritage; il veut à son tour les développer et les féconder: il le veut de cette volonté solennelle et puissante que rien ne peut ni fléchir ni décourager; car il a compris toute la gravité , toute l'étendue de la responsabilité qu'il s'impose; il a compris qu'il s'agit d'une grande et périlleuse révolution.

Broussais ne débute point , flans sa noble entreitrise , à la manière des autres novateurs.

Ce n'est point dans les écrits des théoriciens , dans les rêveries du cabinet qu'il va chercher ses premières inspirations; il n'a pas jusrpi'ici la pensée de généraliser avec la funeste précipitation des systématiques exclusifs. L'ombre de Bichat semble encore présider il tous ses travaux, et, comme cet immortel génie, c'est aux restes inanimés do l'homme qui n'est plus, c'est aux désordres do la maladie passée qu'il va demander les secrets de l'organisme vivant, «•lies lois fcMidamenialcs de la palhnlogio.

Une manière aussi vraie, aussi largo, aussi essonlicllcmcnt physiologique devait amener d'immenses résultats : elle produisit le Traité des phlef/masies chroni(/ues.

Plus entreprenant peut-être, mais assurément beaucoup moins sage que Biclmt, Broussais éprouve le vertige systématique. 11 supporte alors avec impatience les lenteurs de l'observation , et se laisse entraîner par la manie de généraliser. Il a déjà vu la vérité , mais il ne l'a pas encore découverte tout entière; aussi, la base de sa théorie est-elle en même temps réelle et bien incomplète. Observateur judicieux, il introduit dans sa doctrine des vérités qui sont converties en lois indoslrucliblcs; fougueux réformateur, il tombe dans tous les écueils du systématique absolu.

Sa maiche n'est plus alors celle de Bichat; au grand préjudice de la science et de sa propre gloire, il cesse d'imiter un aussi parfait modèle , et s'abandonne à toutes les excentricités de son impétueux génie.

Ce n'est plus cette conception large et féconde, cette manière convenante et mesurée de l'immortel auteur de l'Anatomie générale; c'est encore moins la sage lenteur et la prudente réserve de l'auteur des Phlegmasics chronifjnes ; c'est le coup d'œïl de l'aigle, mais fixé sur un seul point de la pathologie, qu'il prend pour la pathologie tout entière; ce sont des manières tribuniticnnes dans leur véhémence exagérée; ce sont les allures d'un soldat audacieux qui frappe sans ménagement tout ce qui s'oppose à son passage, et qui, ne reconnaissant d'autre loi que celle du plus entreprenant , traite en pays conquis toutes les localités qu'il croit avoir subjuguées.

Une aussi violente commotion remua l'édifice médical jusque dans ses fondements , le fit chanceler sur ses bases mal assurées, et le précipita dans une ruine d'autant plus facile que ces fondements eux-mêmes n'offraient aucune réalité.

La révolution médicale était effectuée , mais la doctrine physiologique-se trouvait-elle par cola même établie d'une manière positive, complète et durable?

Pour bien comprendre les résultats passés, présents et futurs de

iitl LTILITÉ l'OSIÏlVE

celle révolution, il ne faut pas perdre de vue les circonslances de sa préparation et de son accomplissenienl.

La direction des esprits vers les études positives et sérieuses avait tout disposé pour ladestruclion des théories imaginaires. Pinel, Bitliat surtout, par la création d'une anatoniie, d'une physiologie essenlieilenicnl médicales, avaient posé les fondements désormais inébranlables du nouvel édifice qui devait remplacer le vain écliaffaudage des siècles passés.

Enfin , cette révolution fut effectuée par Broussais observateur profond , auteur de Vllisloire des jihlcgmasics chroniques ; et par Broussais fougueux réformateur, génie bouillant, audacieux, auteur de VExamen des doctrines médicales et des Sijsicmes de nosolofjie ; le premier s'adressant à la raison , le second parlant surtout aux passions.

Il esl maintenant aisé de comprendre qu'en face de, cette révolution , et des moyens mis en usage pour l'effectuer, les médecins durent se partager en trois catégories principales , représentant chacune une opinion, pour ne pas dire une passion particulière.

Dans la première catégorie , la plus nombreuse des trois , vint se ranger presque toute la jeunesse médicale de cette époque , subjuguée par la simplicité du dogme, et plus encore peut-être par le ton libre et tranchant du réformateur, l.a séduction, l'enthousiasme et le prosélytisme furent ici les passions et les moyens dominants.

Dans la seconde , probablement alors la moins nombreuse , on vil se placer des hommes graves, plus attachés aux progrès de la science qu'à la vieille routine des écoles, appréciant les vérités fondamentales et pratiques de la nouvelle doctrine, tout en déplorant les manières du réformateur, et sans adopter les erreurs de son svsteme exclusif, l no estimation sage et réservée de la médecine pliysiologiijue forma le caractère moral de celte seconde catégorie.

Kiilin, dans la troisième, assez nombreuse, vinrent se ^jrouper, avec les a|)parericesd'une sorte de crof."(rt//r, les hommes hlossésdans leur amour-propre, par les attaques peu mesurées duréformalciir;

DE l.A RI^IVOLUTION MÉDICALE. 441

dans leurs opinions absolues , par les opinions plus absolues encore de ce deslrucleur du vieil édifice médical dont ils déploraient la chute el s'efforçaient de recueillir, de rassembler bien religieusement les débris. Ici l'antipathie s'abaissa presque jusqu'à la haine; l'entêtement, la partialité , l'acrimonie de la réaction ne restèrent point au-dessous de la violence el de l'excentricité des agressions du novateur.

Tontefois , le réformateur eut un succès immense en même temps d'enthousiasme et de conviction.

Un succès d'enthousiasme prodigieux, démesuré, peu durable, jiar son brillant syslèmc.

Un succès de conviction beaucoup moins retentissant, mais bien plus solide par sa doctrine établie sur l'expérience cl sur les faits.

Poussé par une révolution d'un autre ordre à l'école de médecine, à l'Institut, postes éminents qu'il avait imprudemment poursuivis de ses vœux mal dissimulés, Broussais fut se confondre, sans doute avec gloire, dans les rangs de ses illustres collègues ; il échangea sa position exceptionnelle de réformateur, formant à lui seul une école fameuse et spéciale , contre celle d'académicien et de professeur dans une école publique.

Il n'apparut plus dès-lors aux yeux désabusés de la multitude qu'avec les caractères de l'un des membres distingués de ces corps savants; et son système absolu, mis au grand jour, perdit, comme le réformateur lui-même, tout le prestige et toutes les illusions dont il avait été jusqu'alors environné. L'enthousiasme s'évanouit el fit place à la réllexion ; le système s'écroula comme la base fragile sur laquelle Broussais l'avait si péniblement élevé.

Voilà ce que l'on nomma, ce que nous avons appelé nous-mêmo la décadence delà doctrine physiologique avant d'avoir eu l'occasion de la distinguer du système exclusif auquel elle devait survivre.

D'après tous les développements que nous avons donnés à l'expo sition textuelle, à la consciencieuse appréciation de ce sijslème et de cette doctrine, développements dont on comprendra maintenant l'indispensable nécessité , il est impossible de les confondre ;

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c'est isoir-moni que nous avons dû , que nous devons encore actuelleuient les juger.

Le système de Bhoussais , — qui consiste à rattacher presque toutes les maladies à l'irritation inflamnialoire ; à leur opposer à peu près exclusivement la diète, l'eau de gomme et les sangsues, ne saurait tenir en face do l'expérience ipii le contredit h chaque instant, et dos faits pathologiques dont il ne comprend pas à Ijoaucou[) près tous les individus et toutes les nuances particulières.

Ce système est donc évidemment étroit, faux sous le rapport de la théorie , insuffisant et même souvent dangereux sous celui de la pratique. Il ne pouvait, tel qu'il est, et comme siisthne, rester dans la science et dans l'art; aussi, son règne est-il déjà passé.

En conclurons-nous (pi'il n'offrit aucun intérêt , aucun avantage pour les progrès de la science et de l'art ? Cette conclusion ne serait pas exacte, et sous ce rapport nous adoptons encore l'opinion do M. Ilérard lorsqu'il dit, loc. cit. :

« Oii'un homme vienne à intéresser ses contemporains à ses 0|iiiiioiis, qu'il ait des sectaires et des détracteurs, tous iront demander à l'observation et à l'expérience des preuves en faveur de la cause à laquelle ils se sont dévoués ; la passion produira ce que n'eiit point fait le simfde amour de la science, cl l'avancement do celle-ci est inévitable, quels que soient, au reste, le sort et la valeur du système qui a provoqué ce mouvement général. Envisagé sous ce point de vue, Hroussais a reutlii d'aussi grands services qu'aucun autre systématique , car nul n'a été plus vivement attaqué et plus énergiciucmcnl défendu (pio lui. »

La doctrine rnYsioi.or.iouE , — remarquable surtout par sa base ossenliellement vraie , puisqu'elle rattache les maladies immédiatement aux organes, et les fait consister dans l'altération des conditions vitales; qui proscrit les entités morbides et surtout la fausse adynamio, la putridilé, l'ataxie, la fièvre symptomaliquo, etr., etc., m les ralliant à leur cause, de manière à faire naître des indications thérapeutiques naturelles, et <pi"il est inqiorlanl de remplir pour

comballro avantageusemont ces effets divers ; qui no laisse presque rien à désirer sur l'histoire de l'inflammation en général , sur celle des phlegmasies gastro-intestinales en particulier; qui veut que l'on proportionne toujours le médicament employé à l'état actuel de l'organe sur lequel ce médicament doit porter immédiatement sa première action ; qui nous a fourni le texte d'un grand nombre de lois générales comprenant presque toute la pathologie , etc., etc. ; celte doctrine, disons-nous, restera nécessairement dans la science et dans l'art, non point comme un monument complet, parfait 60US tous les rapports ; mais comme un monument impérissable auquel le temps et l'expérience viendront mettre la dernière main.

Il faut donc voir deux hommes dans le novateur et deux résultats dans son œuvre , pour les juger avec toute l'exactitude et toute l'impartialité qu'ils réclament.

« L'auteiy de la nouvelle doctrine médicale , dit M. 3Ionfalcon , Dictionn. des scienc. mcd., t. 20, p. IH , est à la fois grand médecin et grand observateur , et c'est en s'annonçant par un chefd'œuvre, V Histoire des phlegmasies chroniques, qu'il a préparé les esprits à la grande révolution qu'il a commencé à opérer en médecine : un talent aussi supérieur que le sien impose à la critique le devoir d'une grande circonspection. »

Telle est en effet la pensée qui toujours nous a dirigé dans cet important et consciencieux examen.

51. Bérard, loc. cit., fait également bien sentir le point capital sur lequel s'est appuyé Broussais lorsqu'il dit : « L'heureuse direction qu'il a imprimée aux travaux des modernes , en localisant les maladies, le fait sortir de la ligne ordinaire des réformateurs. »

M. Monfalcon, loc cit., p. iSl, complète ainsi la même pensée : « Les théoriciens disent que la doctrine de l'auteur des Phlegmasies chroniques laisse beaucoup à désirer encore, et plusieurs de ses principes leur paraissent en contradiction avec les idées reçues. Les praticiens sont frappés du rapport qui existe entre cette doctrine et 'les résultats de l'expérience, et elle leur rend raison d'un grand nombre de phénomènes qu'ils avaient observés sans pouvoir les expliquer. »

Si nous cml)rassons acUielleincnl dans nos conclusions générales, non-seulomcnl le systùnie tle lîroussais , la dor trinc physiologique de Bicliat ; mais encore tous les résultats fructueux de la révolution MÉDICALE DU xix"" SIÈCLE , pour le présent el pour l'avenir de la pathologie , au point do vue de renseignement de la science et de la pratique de l'art, nous croyons pouvoir établir les propositions suivantes comme autant d'axiomes démontrés par toutes les considérations qui précèdent.

Il est indispensable aujourd'hui de bien distinguer dans la partie spéculative de la médecine : la théorie, le système, la doctrine.

La théorie médicale de Broussais, — présentant partout un caractère essentiellement physiologique, son principe restera nécessairement dans la science. Mais , entre les mains du réformateur, les applications de ce principe deviennent souvent arbitraires, abusives; sa théorie prend alors tous les caractères d'une rainf; hupothèsc dont l'existence ultérieure n'offre dès-lors plus rien d'assuré.

Le système de Broussais, en reconnaissant V irritation et la débilité comme principes généraux de toutes les maladies ; en rapportant presque toutes les altérations morbides à V injlammat ion , un trèsgrand nomhreklA(jastro-cntérite,unc très-petite proportion à Vatonic, offre une f//c/io/o»j?V;;fl7/io/o7/(/Mc essentiellement fautive par sa base, toujours insulTisante comme théorie, souvent incomplète et même dangereuse au point de vue de l'apidication. Un tel système ne pouvait avoir qu'une existence éphémère : son règne est déjà passé, il est ruiné pour toujours.

La doctrine physioloijiijue , — telle qu'elle fut comprise par les vitalisles el surtout par Bichat , telle qu'elle est sortie de la grande révolution médicale qui vient de s'effectuer : reconnaissant l'altération des conditions vitales comme principe des maladies ; proscrivant les entités morbides, la fausse adynamie , l'alaxie , la putridité , etc., connue affections essentielles; ratlachant les synqilômes du plus grand nombre des maladies à la modification pathologique des tissus affectés; regardant la vie comme le résultal-du jeu physiologi(pie des organes; son entretien comme l'effet de l'influence' des agents extérieurs; influence qm innl être normale.

d'oîi n'sulte la sanlé; anormale, d'où vient fréquemment la maladie; imposant au diagnostic le soin de bien préciser lus caractères et la gravité des altérations morbides, sans jamais les séparer des organes ; à la thérapeutique la mission de combattre l'inlluencc anormale des agents extérieurs et intérieurs, de prévenir les désordres organiques et de réparer ceux qui seraient déjà survenus ; proclamant , comme principes fondamentaux de ces graves applications : qu'il ne faut jamais adresser une médication à Yentité morbide , mais toujours à l'organe souffrant ; que le praticien doit constamment apprécier l'état actuel des surfaces de rapport sur lesquelles il dépose les médicaments, et proportionner avant tout les (lualilés excitantes des seconds à l'irritabilité des premières, etc.; la doctrine phijHioUxjiqiœ , disons-nous , ainsi ramenée aux principes larges et vrais, aux conditions expérimentales et naturelles dont le réfornateur l'avait fait sortir pour l'étouffer dans la sphère étroite et fausse de son déplorable système , jetera les impérissables fondements de la science médicale , entre le vieil hippocralisme sans théorie positive et la précaire généralisation du novateur français. Enfin , la révolution médicale du xix" siècle, en rendant à la médecine les caractères sérieux de science d'observation positive, d'expérience raisonnée dont elle n'aurait jamais du s'écarter, en l'affranchissant du joug des théories physiques , chimiques , si désastreusement importées dans son domaine , lui donnera les conditions d'utilité , de succès et d'avenir qu'elle mérite sous tous les rapports.

Sans doute nous verrons encore des esprits hallucinés, plus brillants que solides, vouloir substituer le creuset de l'alchimie au cadavre de l'anatomiste ; torturer les faits pour trouver dans les lois physiques l'explication des phénomènes vitaux ; afficher la folle prétention de ramener la science médicale aux tristes jours du viécanisme el de la. chimiatrie I... Mais heureusement le temps des regrettables chimères est passé ; nous pouvons actuellement, avec une 'entière confiance , opposer aux Arnaud de Villeneuve , auxRaimond Lulle, aux Agrippa, aux Paracclse, etc., modernes, les Andral, les Rayer, les Bouillaud, les Cruveilhier, et tant

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