‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 101 sur 198 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

^'érité, OD pouvait signaler aussi un grand nombre de négociants c]ui réalisaient des bénéfices légitimes en se bornant à acheter et à vendre des marchandises.

Aucun port ne pouvait rivaliser avec celui d'Anvers ; on y "voyait les pavillons de toutes les nations du monde. L'Escaut portait librement jusque sous les murs de la ville les plus grands Isàtiments. Ils venaient tour à tour s'amarrer en face du Craene, amachine ingénieuse au moyen de laquelle on déchargeait rapidexnent leurs marchandises. Les vaisseaux succédaient aux vaisseaux. On vit plus d'une fois deux mille cinq cents navires dans le fleuve, et les derniers arrivés étaient forcés de rester deux ou '^roîs semaines à l'ancre, avant de pouvoir s'approcher des quais et décharger leurs cargaisons. Presque chaque jour, cinq cents SAtimeots entraient dans le port et en sortaient. Toutes les semaines plus de deux mille chariots arrivaient de rAllemagne, de la France et de la Lorraine. Ces navires et ces voitures ame-

avaotageux à tous que si les préteurs se contentaient d*un intérêt honnête, comme de 6 ou 6 et V'^ P- V«i selon la permission octroyée par les derniers souverains aux gentilshommes et aux rentiers, et même de 8 p. «'/o. Mais parce que les préteurs ne se contentent pas de ces intérêts, le dépôt a eu de funestes conséquences. Autrefois les gentilshommes, qui possédaient quelque argent comptaut, remployaient à acheter des terres ou à améliorer leurs propriétés ; ils occupaient ainsi beaucoup do bras et entretenaient Tabondance dans le pays ; les marchands, riches en argent, remployaient à foire venir des marchandises qui circulaient dans le pays et augmentaient les revenus du prince et des villes. Maintenant un certain nombre de gen- Ulshommes, corrompus rar la certitude d'avoir un gain énorme au mo>'cn d*un déiiôt excessif, baillent secrètement leur argent (car cela leur est défendu) ou bien le font bailler par main d*aulrui à un taux usuraire ; plusieurs marchands riches agissent delà même manière. Il en résulte que des domaines demeurent incultes et i>ans l)étail su nisant, ce qui engendre cherté; que les maicbandises manquent, ce qui augmente leur prix et porte dommage aux pauvres. »

naieot à Anvers toutes les productions du monde connu. L art et la nature, dit Schiller, semblaient y avoir entassé toutes leurs richesses : c'était un étalage magnifique des dons du Créateur et de rindustne de sa créature.

En énumérant les principaux articles d'exportation et d'importation, on peut donner une idée exacte de cet immense mouvement commercial et du haut degré de prospérité auquel était parvenue Tindustrie belge.

L'Espagne envoyait à Anvers les richesses des Indes, les perles et lor du Pérou, le sucre des lies Fortunées, les vins de Canarie, les fruits de l'Andalousie, le velours de Tolède, etc. Mais die recevait, en échange, les draps, les toiles, les meubles, les <^ jets de quincaillerie fabriqués dans les Pays-Bas. Il en était de même du Portugal qui envoyait à Anvers les productions des Indes orientales, le sucre du Brésil, les vins de Madère, et les fruits de son territoire. Un commerce direct était également établi avec les c^tes barbaresques ; les négociants belges y envoyaient les draps, les toiles, les serges , les merceries de leur pays. Tous les produits de l'industrie anglaise trouvaient un débouché dans les Pays-Bas ; mais, en revanche, les négociants d'Anvers exportaient en Angleterre de l'argent en bloc, draps d'or, d'argent et de soie, camelots, coton, épiceries, toiles fines et grosses, serges, tapisseries, houblon en grande quantité, poissons salés , armes de toute espèce , ustensiles de ménage, etc. Plus pauvres, TÉcosse et 1 Irlande n'envoyaient à Anvers que des pelleteries et des cuirs: les Belges leur fournissaient des épiceries, du drap , de la toile et des merceries. Les régions septentrionales envoyaient dans la métropole de l'Escaut du blé, du cuivre, de la laine, du lin, des pelleteries, du bois pour la construction des navires , etc. Leurs vaisseaux rapportaient des épiceries, du sel, des draps d'Angleterre et de Flandre, des draps de soie et d'or, des tapissenes et une énorme quantité

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