LIVRE V
de meubles et ustensiles de ménage. L'Allemagne proprement dite envoyait par terre de l'argent en bloc, des cuirs, des meubles, des vins du Rhin, des armes, etc. Les Belges expédiaient dans cette contrée joyaux et perles, épiceries, draps de Flandre et d'Angleterre, toiles du pays, etc. La France envoyait par mer le sel de Brouage, le pastel de Toulouse, les grosses toiles de Bretagne et de Normandie, les graines de Provence, ses vins rouges et blancs, du papier à écrire, etc. ; par terre, les draps fins de Paris et de Rouen, les cramoisis de Tours, les bourras de Champagne, les fils de Lyon. Les Belges expédiaient aux Français des joyaux et des perles , de l'argent en bloc , du vermillon, des draps de Flandre et d'Angleterre, des toiles fines, des tapisseries, du houblon et du poisson salé. A Rome ils envoyaient également leurs draps, leurs tapisseries, leurs toiles , leurs serges, leurs meubles ; Ancône demandait surtout le drap d'Armentières, connu sous le nom de quatre couleurs, et la cochenille, en échange des camelots et des productions du Levant qu'elle expédiait à Anvers. Indépendamment des épiceries, le contingent de Venise se composait de ses draps de soie alors célèbres, et des couleurs dont elle faisait un grand commerce ; Anvers envoyait à sa rivale des meubles, des draps de Flandre et d'Angleterre, des serges de Hondschote, de Lille, d'Arras, de Valenciennes et de Mons. Le commerce d'échange n'était pas moins actif avec le royaume de Naples, celui de Sicile, le duché de Milan, la Toscane, et la république de Gènes.
Ce mouvement commercial avait fait des progrès prodigieux depuis dix ans. En 1550, on avait importé du Portugal pour 500,000 ducats de pierres précieuses, d'épiceries, de sucre; en 4560, on importa de Lisbonne pour 4 ,600,000 ducats en épiceries et en sucres seulement. En 4 550, on avait importé d'Italie pour 1 ,000,000 de ducats de la soie écrue et façonnée, du camelot et du drap d'or et de soie; en 1560, on en importa pour
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LES PAYS-BAS soirs riHLrppE rr.
3,000,000 de ducaUs. On remarquuiL la niL^yt; îirogressîon dans le commerce! avec le nord de l'Europe, L'importùlion des grains, du bois et du lin s était élevée, en 4550, à 250,000 ducats; celle des grains seuls s'éleva, en i500, à plus de 1,500,000. En 1550, on n'avait évalué qu'à 800,000 ducats la valeur des Importations françaises et allemandes ; plus tard, les vins français qui se consommaïent dans les Pays-Bas furent évalués à 1 ,000,000 déçus et les vins du Rhin à 1,500,000 ducats.
En résiumê, le comm(*rce de l'ITtipagne avec les Pays-Bas avait augmenté du double ; celui du Portu^^al, de la France i>t de l Allemagne avait triplé; relui cf Angleterre était devenu vingt fois plus considérable. En 1550, toute Timportation anglaise en étain, latne et draps s'élevait à 300,000 ducats ; en 1560^ rimportatîon de la laiue s'éleva h t50,000 écus, le drap et les étoffes à plus de :V, 000, OOÎ de ducats '.
Le mouvement d'exportàtioa s'était aœru dans des proportions à peu près identiques. En 4 550, tout îe trafic, concentré dans la place d'Anvers, valait déjà au pays, outre le gain des artisans, |)ïus de 1 ,000,000 de ducats de bénéfice. Ou pourrait sans doute affirmer que ce bénédce était doublé en 1560 \
I Ces cUiîTres résultent de la compara isoti otiblic par Rksm^ entre la rolationde l 'a rnbnssndeur vénitien Cav^lu de 1^50 et celle de GuieouiiDi^, Nous ferons remarquer que lo savant histôrîon conî^idère cette dornièfe rel:»tîoTi c^mme représentant les Pays-Was en fr,€fK La dédîcac-e adressée par (iuirciardift au grand wi ctîtholiqtie ^^i elÎL'clivemenl du ifl otlohre îhùù] CL<1 Le de la traduction fi^n^mse, âdrc&sëe à Marguerite de Parme, porte Ju Mç du l^aoûi 15^7 et Touvragie parut h Aavcis dan^ le courant ije cette ;innée> Toutefois Guïcciardin s^expliqucclairenienl dans son introduction ; il veut, dit-il, décrire les P^ys-Bas « au jïiéme estent, degré et forme qu'ils se îrouv eut jusqu'à Tannée -MDLX- » Torr notre notice sur Anvei*sdaas la ftevur naUmale, t, XVII, jk HïX
* U. PK It EIFFEL a ^»iï croit, d^tprés le^ calcuts de Gticciinmï, que le inoiiùiol de U vtHito et de la citai de.« marc lia ndi.^ei atteignait» aune**