‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 111 sur 198 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

il était éloigné depuis quatorze ans, de nouvelles offres mirent encore obstacle à ce retour. Il refusa, quoiqu'à regret, la proposition que lui fit Érasme de se ûxer près de lui, à Fribourg, à la condition de recueillir son héritage ; il préféra s'attacher, comme officia], au prince évéque de Munster, François de Waldeck, et conserva ce poste, qui n'était pas sans péril, jusqu'à l'entière destmctton du royaume des anabaptistes. On le retrouve ensuite à Ingolstadt, où il reprit avec éclat l'enseignement du droit, grâce aux sollicitations de l'électeur de Bavière. Les instances de Marie de Hongrie, gouvernante des Pays-Bas, le déterminèrent enfin à consacrer ses talents au service de sa patne : il abandonna définitivement la carrière de l'enseignement et accepta l'emplcH honorable de membre du conseil privé à Bruxelles. Il semble toutefois qu'il eût préféré une retraite studieuse, car, en 4543, il fat, sur sa demande, nommé conseiller au grand conseil de Malines. Mais Charles-Quint, qui avait su apprécier ses connaissances et sa dextérité, ne voulut point le laisser inactif; il l'obligea à raccompagner à la diète de Spire et lui confia successivement les négociations avec le Danemark, avec les princes catholiques de l'Empire et avec l'Angleterre. L'empereur récompensa les nouveaux services de Vigliusen l'élevant spontanément, en 4549, à la dignité de président du conseil privé et de garde des sceaux. Vigiius, qui tenait également de la bienveillance de Charles- Quint le titre honorifique de chevalier, aurait voulu terminer sa carrière politique en même temps que l'empereur. En conséquence, il offrit à la reine Marie la démission de ses emplois. Il alléguait, pour motiver cette détermination, la fatigue qu'il res-

« Desaris Caroli filium insliluendum susciperei; ad quod ipeos movebat, m quod multarum linguarum peritiâ pollebat, ac in grœcis latinisque litteris « apprime doctus babeietur, sermoque purus nec afifeclatus essct. » VUa Viglii dans les Anakcta beigica de Hotngk Van PArENDRBCBT, t. I«r, p. 42.

LES 1>AVS-BAf SOUS PHTMFPE U.

sentait après tant de travaux et les difficultés qu'il prévoyait piir suite du renouvellèraent du conseil rMilal où l'cspnt dlnnovalioo allait pénétrer avec les jeunes seigneurs quon y ;ippelait Mais, Charles^^uiut et sa sœur, sachant combien l'expérience de Viglius était précieuse, rengagèiM?nt à rester au service du nouveim souverain ; Philippe II aussi lut fit à cet <^gard les plus vives instances L Vîglius conserva dcïnc la présidence du conseil privé ainsi que son stége au conseil d'État j il faisait, en oulrr, partie de la consulte avec Granvelte et Berlaymont. Du reste, Philippe II lui avait donné un autre témoignage de sa bienveillance en loi accordant, sur hi proposition de G ranveJle^ la eoadjutorerie de lu prévôté de Téglise de Saint-Bavon à Gand ». Après la mort du titulaire, en 1562, il eut la prévôté efTective, reput les ordres majeurs des maîus de févéqued'Arrafi et obtint dti ï^aint siège la permission d'officier avec la crosse et la mitre, ainsi que l'autorisation de couUnucr sa résidence à Bruxelles. A cette haute dignité ecclésiastique, Viglius joignit encore, par la préférence du roi, la place éminente de chancelier de Tordre de ta Toison d'or ^ Il témoigna sa gratitude à PhiJippe If par

I î lia Viglii, ^id., pp. 31 et ai.

* Vigïius avait épousé vers 4544 Jacqueline fJamaot, ÛNe du irésôrier de î'empereur ; vetif depuis quclquos aûnées tt n'ayant pas d'enfants, il âvail inaDifeslé nDteiitiou de prend riî les ordres sacrés. — Luc Munîcfe, dont il allait devenir le coadjutcur ùWi lo dernier abhéde Saint^Eivon et le premier pré vût de la c^DlIégiale qui avait remplacé raiïtlque al>baye mr l*cim placement de laquelle Cliarles-Ouîtil construisit le château de G a Rit , « Cet abbéf disait un ooalem[»oraîn, va plusco gendarme on son elûltm qu en roligieux. Lui et quelques autre^i ont lionte de montrer couroaae ^lonsuroclôricale). ^

^ Le Président Viglius, p3tr le ehaaoine DiêAMkr \fievue de flmxi^fie*, février i83Rj- — * Ce cumul de tilres, ajoute le biographe, obligea Viglius à faire au fvouveruin pontife un@ demande aâ^z si ngulièi^. \.£ê stfttuL*^ delà eoUégiale de Sain l-Ba von exigeaient que le prévôt eM ta barbe mMef^lement

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