‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 119 sur 198 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

dépèche signée par Philippe II le 5, et dans laquelle il prévenait la duchesse de Parme que, se rendant aux sollicitations pressantes et réitérées de l'ambassadeur de France, il avait décidé que, au besoin, il assisterait François II de trois mille hommes des Pays-Bas et d'un certain nombre de gens d'armes ; qu'il destinait au même usage les soldats espagnols , moins encore pour complaire à l'ambassadeur français, que pour parer à des éventualités qui pourraient menacer les Pays-Bas. Il ordonnait , en conséquence, à la gouvernante de retarder encore le départ de ces bandes , jusqu'à ce que les troubles de France eussent cessé. Il 8*eDgageait à tenir alors sa promesse antérieure. Il recommandait aussi à la régente et à ses ministres de bien expliquer aux opposants le motif de ce retard et qu'il fallait faire de nécessité vertu ; il promettait enfin d'envoyer les fonds nécessain^s pour acquitter tout ce qui serait dû aux Espagnols lors de leur embarquement ' . La gouvernante, qui voyait des difficultés insurmontables dans le retour des Espagnols de la Zélande, communiqua d'abord Tordre du roi à la Consulte '. Granvelle, partageant l'avis de la régente, était également convaincu que l'on ne pourrait lutter plus longtemps contre l'obstination des états ; la nation voyant dans le séjour des soldats espagnols une menace contre sa liberté, les retenir plus longtemps ce serait , disait-il , mettre les Pays- Bas dans un danger manifeste de soulèvement. Telles furent du moins les convictions qu'il exprimait alors à Gonçalo Perez, tandis que, au mois de mars précédent , il manifestait à Philippe H la peine bien profonde que lui causait le départ de linfanterie espagnole, cause d allégresse générale pour les Belges ^ AprèvS

1 Documenis historiques, (Archives du royaume) t. XI. > Strada, lib. III.

' Archives de la maison d'Orange-Nassau, l. I, p. 04.— Papiers dÉlal du cardinal de Granvelle, t. VI, p. 24.

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LES pAVâ*BA3 SOUS PHILIPPE îf.

avoir pris Ta vis de Ja Côfisulie, la gouvernante communiqua l'ordre du roi au conseil d'État, le 2a octobre, dans une séance à laquelle assistaient le prince d'Orange, Tévèque d'Arras, le gneur de Berlaymont, le S' de Glayon et le présideDl Yiglius. Tous furent d'avis que le départ des Espagnols était indispensable et urgent. Granvellc opina avec le pïus de force et exprima hautement la pensée que la défense des Pays-Bas devait être confi^^e an patriotisme des no tionaui ^ Du reste, il s'empressa I d'écrire au roi, le S8 octobre, qu'on avait tenté toutes 1^ voies humainement possibles pour conserver les troupes espagnoles ; mais enfin quil ne voyait plus nul expédient ni moyen par" lequel, sans mettre les Pays-Bas en péril manifeste de révolte subite, on pOt différer leur départ, si la saison le permettait. Il ajoutait que les princes d'Orange et de Gavre déclaraient haut ment que quand même ils au raient la meilleure volonté du monde de servir le roi en cette affaire, en gardant encore le commande-^fl ment des Espagnols, ils n'oseraient l'entreprendre pour le cas où ces troupes reviendraient de Zélande ; et que, dans ce cas aussi, la première chose que feraient les villes fortes serait de fermer leurs portes et de désobéir à îa gouvernante '. Ces raisons furcïit également développées dans une lettre particulière de îa duchesse de Parme, qui s'était fermement ralliée à la vis du conseil d'État *. Elle n'ignorait point que les assemblées provinciales étaient bien décidées à ne point voter de nouveaux subsides avant que le départ des soldats étrangers se fût effectué. Elle savait aussi que les Zélandais, furieux des désordres commis par les Espagnols, avaient déclaré qu'ils ne répareraient pas leurs digues et se Itis-

^ Voir le prûcès-verbâl de cette séance^ duna la Côliection dtê dùcumfniê

* Corrtêpondaneâ de Philippe f/, t, 1, pp. <9Î et <§3- > SmiDâ lih. III

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