‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 120 sur 198 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

seraient engloutir par l'Océan si les bandes étrangères sortaient des vaisseaux où elles avaient été embarquées ^

Le S9 novembre, don Juan de Mendoça et Julian Romero, partis d'Anvers avec l'état-major, vinrent rejoindre leurs soldats. Le 30, la gouvernante donna itérativement aux deux capitaines Tordre formel de partir et de profiter du vent favorable ». Les vaisseaux qui emportaient les vieilles bandes de Charles-Quint s'éloignèrent enfin d'un pays qui les rejetait et se dirigèrent vers les royaumes de Naples et de Sicile.

Philippe II, très-contrarié d'une mesure qui lui était en quelle sorte arrachée ^, veilla à ce que le départ des troupes espagnoles ne servît à étendre l'autorité de la noblesse des Pays-

> Ces appréhensions étaient confirmées par Granvelle dans une nouvelle dépèche qu*il adressa au roi le 26 novembre 4560. • Le départ prochain des troupes espagnoles, disait-il eu substance, devient de plus eo plus nécessaire. Une collision a eu lieu dernièrement à Flessingue entre elles et les habitants, et, si elle n*eût été comprimée à temps par la prudence des chefs, elle aurait pu devenir le signal d'un soulèvement universel. Encore une fois, ces troupes ne peuvent demeurer davantage ; elles sont en nombre insuffisant pour maintenir Tordre si quelqu'un voulait le troubler, et d^ailleurs les populations les repoussent d'une voix unanime. » Papiers (VÉtat du cardinal de Granvelle^ t. VI, p. 205. — Voir aussi, dans les Archives de la maison d'Orange-Nassau, t. l«r, p. 235 et suiv., une lettre écrite par Granvelle au secrétaire Bave, le 48 avril 1564. U y explique toute sa conduite en cette circonstance ; et, pour donner une nouvelle preuve qu*il n'avait jamais voulu soumettre les Pays-Bas aux Espagnols, il rappelait que lors du siège de Metz, sous Charles-Quint, il s'opposa au pTGfjet d'entretenir douze mille soldats de cette nation dans les provinces belges.

' DocumefUs historiques (Archives du royaume), t. XI.

• Il écrivait à Granvelle, le 27 septembre 4560, que le départ des troupes espagnoles le contrariait, surtout parce que, selon ses prévisions, il deviendrait le signal de plus grands désordres en matière de religion. Papiers d'État du cardinal de Granvelle, t, VI, p. 450.

LES PAYâ-BAS Bom Mt1L|PI*t: Ih

lïas; la gouveriiantc reçut l'ordre dampécher que les grands n'eussent [p commandement effectif de Hnfantcrk^ ïîalionalo. Alors, sou». [ïrcHejtte de réorganiser la milice, Marguerite de Parme remit en vigueyr une ancienne coutume que Ton observyit daQs les Pâyfr* Bas, durant radmînistr.ition de la reine Marie de Hongrie. Elle se réserva exclusivement la nomination âcs capitaines, sans vouloir ■ cidmettre aucune présentation, s'iraaginant qu elle tiendrait plu§ aisément dans l'obéissance les chefs de la milice quand ils dépendraient d'elle seule* D'autre part, camme la chai-gede mostrede camp était ordinairement exercée par des nobles, etlc la supprima et subordonna hiérarchiquement les capitaines des compagnies iMix gouverneurs des villes, qui dépendaient du [mouvoir royil^' libre de les maintenir ou de les révoquer. Ces mesures, quoique blessantes pour la noblesse , ne devaient point altérer sensiblement son inlluence militaire. Il eût fallu, pour atteindre oe but, remplacer les byndes espagnoles pard'autres troupes étrangères'.

Mais l attention se portait alors sur rérecUon des nouveaux (léchés. Plus que le séjour dos troupes as[iagnoIes, I exécution fie la bulle de Pnul ÏV, bien qu'elle ofTj It des avantages tnœntestâblés, devait émouvoir les esprits, augmenter les divisions, i^l contribuer à fortiHer un antaË^onismc, qui avait pri^ racine depuis Je changement de règne.

En recevant en Zétandc les buUcs d'érection des nouveaux ^ évéchés , Philippe II s empressa d'ordonner la mise i5i ovécutiori' de cette grave mesure et chargea de ce soin Vévéque d'Arras, Viglius^ Philippe Nigri de Bologne^ doyen de l'église duSt^-^îudule à Bruxelles, Pierre Curtius, curé de iégtisc de St-Pterre !> Louvain, et le protonotaire François Sonnius, qui avait été à Home le confident du roi.

Donnant une grande en lonsion aux plan? Formés sous le rijno

1 StaapaJiH. m

Page 1