‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 121 sur 198 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

de SOD père, Philippe avait obtenu que, pour radministration ecclésiastique , les dix-sept provinces des Pays-Bas seraient désormais partagées enti-e trois archevêchés et onze sièges suffragants, à savoir : l'archevêché de Malines dont dépendraient les si^es épiscopaux à établir à Anvers , Bois-le-Duc, Ruremonde, Gand, Bruges et Ypres ; Tarchevéché de Cambrai, qui aurait dans sa juridiction les anciens évéchés d'Arras et de Tournai ainsi que les nouveaux évéchés de Saint-Omer et de Namur; enfln, l'archevêché d'Utrecht auquel ressorliraient les nouveaux évéchés de Deventer, de Harlem, de Leeuwarde, de Middelbourg et de Groningue.

D'après la bulle de Paul IV, le revenu annuel de l'archevêché de Malines devait être de cinq mille ducats et celui des évéchés de trois mille , à prélever sur des dîmes et des biens ecclésiastiques à désigner ultérieurement. En attendant que cette spécification eût été faite, le gouvernement des Pays-Bas était tenu de payer annuellement à l'archevêque de Malines trois mille ducats el quinze cents aux évêques. Dans le bref du 10 juillet 1559, par lequel Paul IV chargea de l'exécution de sa bulle Salvator Pucinus, évêque de Chiusi , nommé nonce en Espagne, il était stipulé que les dîmes et les biens à assigner pour la dotation des nouveaux évéchés seraient distraits des possessions de certaines abbayes et prévôtés. Le nonce se conforma aux décisions du souverain pontife dans les lettres en vertu desquelles il délégua, pour le suppléer en tout ce qui concernait Téreclion des nouveaux évéchés, les cinq commissaires présentés par Philippe II. Ceux-ci, ou plutôt Granvelle qui les dirigeait , trouvèrent que la marche adoptée à Rome entraînerait trop de lenteurs, que les moyens indiqués étaient insuffisants, qu'ils étaient même, à certains égards, impraticables, puisque l'état des finances des Pays- Bas ne permettait point de payer les pensions dont on les avait chargées. Ils proposèrent un autre plan qui consistait à unir

LES PAYS-BAS SOtJS PUIIJPPË

imx nouveaux sièges lc*s abbayes qui se trouvaient dans leur voisinage , non pas en les frappant de suppression , ou en dirai* nuant le nombre des religieux qui les composaient^ mais en les faisant administrer^ sous fauLonté de Tévèque , par des prieurs et des prévôts ^

Un pareil arrangement, selon Granvelle. n*étuil pas préférable seulement sous ïc rapport financier; il devait avoir aussi de& conséquences infiniment avantageuses au point de vue polîlique- « Votre Majeslé et la République, écrivait Granvelle au roi» M pourront recevoir des évdques dans les affairas des états et H autres, plus de service que des abbés ; ceux-ci peuvent cx)n— « venir pour administrer leurs abbayes et tenir leurs moines era u discipline, mais ordinairement ils ou btient les faveurs qu'ils H ont reçues du prince, et dans las choses de son service et du Il bénéfice commun de la province, ils sont excessivement durs H et aussi rudes pour entendra raison que le serait quelque M nomme que ce fiil du peuple *,» Le roi répondît qull approuvait le plan proposé pour la dotation ; quHI so réservait de traitâf ^ lui-même celte affaire des évéchés* et qu'il en écrirait de sa maia j au saint-père. Il approuvait aussi, ajouta it^it, la liste qui tui avail ' été envoyée des Pays-Bas concernant les présentations à faire au pape pour les nouveaux évéchés. Dans celte liste, qui avait MJ préparée par Granvelle et Viglius, le nom du lituiaire de Tarche^ vécbé de Mal Inès avait été laissé en blanc. Philippe annonça à Granvelle qu'il f avait nommé è ce siège, le plus important de tous, parce que de là U pourrait donner h la fois son atlao^n aux choses qui intéressaient le service de Dieu et celui du roi* Knûn t il assigriail| sur différents évéchés qui étaient venia

I GAcuânri, ConrspoHftanee de Phiiippe II, i. Jff, (introduetton] p. a

vi suiv.

a td., ibid,^ p, 189. Lettre du «3 mius.t560.

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