‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 124 sur 198 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

envoyés à Rome pour que Dumoulin en fit usage. La duchesse de Parme, qui n'ignorait point les manœuvres des étals, en avertit François Vargas. ambassadeur de Philippe H à Rome, et lui prescrivit de prévenir le pape, d'observer Dumoulin, et de rompre des efforts qui devaient être contraires au bien de la religion et aux pieuses intentions du roi. Dumoulin, cependant, ne fut point sans influence à Rome, mais il vint trop tard pour changer ies résolutions déjà prises *. Son intervention ne servit qu'à indisposer vivement Philippe I! contre les membres des états qui avaient autorisé cette démarche ; il voulut même savoir leurs noms et désira que la duchesse de Parme se souvînt d'eux, pour les châtier lorsque l'occasion s'en oflTrirait. A la vérité, Granvelle avait dépeint le docteur Dumoulin au roi comme « plus grand hérétique que Luther, lui qui, sous Henri II, lors de la guerre avec le pape Jules Tlï, avait osé le premier écrire et faire imprimer des livres contre l'autorité du siège apostolique V »

• ments et des raisoDnemcDts établis sur de grands principes, sur le droit

• divin, les droits humains, les lois fondamentales des provinces et les

• privilèges de chacune. Il était démontré, par la prohibition notoire,

• sans exemple du contraire, que c'était inouï de tolérer en ce pays ni

• démembrement de diocèses, ni commende d'abbaye» ni translations do

• fonds sacrés contre l'intention des fondateurs. » Vander Vynckt, Histoire des troubles des Pays-lias, t. I••^ p. 133.

1 Strada, lib.lll.

* Granvelle au roi, U juin 4362, et réponse du roi du 47 juillet, dans lu Correspondance de Philippe II, t. î'', p. 209. — A ces invectives, il confient d'opposer un portrait plus fidèle : • Dumoulin , comme beaucoup [Thommcs savants de cetle époque, avait été séduit par Tattrait d'une réforme religieuse. Son esprit , à la fois ardent et méthodique , s'était Hevé contre les usurpations de la chancellerie romaine, la sacrilégo réoalité des indulgences, et beaucoup d'autres abus nés dans les temps Mirbares et qu'avait ignorés l'Église primitive. En les combattant d'abord »njurisconsul!e, il finit par se passionner en théologien, et il adopta sur

LES PAYS-BAS SÛtTS PHILIPPE T|.

iiu rot d'établir |»our tout le Brybuiit un L^vi^que h Louvain, laqi n'aurait pas eu plus de juridiction sur Anvers que n'en exerç rév^îque de Cambrai, ancien diocésain. Informés que cette pro* ]>ûsition serait, comme les préoétieotes, renvoyée aux Pays-Bas et soumise k ravis de la gouvernante, les députés supplièrent le roi que, dans ce cijs^ il lui plût de demander aussi l'avis des chevaliers de la Toison d'or et celui des conseils t*t états des provinces. Mais, en cinq mois, malgré toutes leura instances, ils ne purent obtenir une décision. Un des députés, obligé par son étttt maladif de sollicilor son congé, re^ut cependant du roi l'assurance verbale quo l'inquisition ne serait pas introduite à Anvers. Mus lard, il en fut dit autant aux autres dépuléâ, et enfm ils furent congédic's le 2 aoil 1 5^3 avec la déclaration écrite u que Sa Majesté tientlroil quelque temps cette afTaire tlAnvei-s en surséance, a En effet, Philippe manda h la duchesse de Farnie(iû août 15631 qull avait jugé bon de répondre aux députés d'Anversijue provisoirement raffdire de rdvéché de cette ville resterait on suspens, et qu'il verrait plus tari! ce qu1l conviendrait le mieux de faire *, Les lenteurs de la cour de Rome avaient favorisé la résistatiiv des états. L'ambassadeur du roi ne pouvait obtenir l'expédition des bulles touchant la dotation des nouveaux évéques. LesEsp-

( Jacques de Wisn^DEXE, consetlk^r pousionnaîrie de la v^Ue d^ADTCi^, el l*un dos trois dêptitùs envoyés h Madrid ^ a raconté Ica incidents dccctir négociation ^lans la Description tfe t estât, succêÉ et occurrences adt^eimn au PaïÊ'Bns au fait de ki rcUgwn, I vol, m-if imprimé en août 15^9 Voir aus&i Mémorial de HopperiiSt 1^ [wirtiCt chap V.; ExMAitttEL DBMrifn£«, liv. U,el i'orrespouitance de PhiHpjiC îf, t. I", p. 263, -^Cc ne fut qua répoqueoù le duc d'AlbL' eut pris le gouvernt'mcnt dûs Fuys^Bâs que la suspension consentie par Philippo II fut révoquée et TévÔque d'Aii"vers JnstaVIé; eu ^I)C^, PhUIppe II nomma auMùgedo celle ville François Son-^ ni us, d'al)ord évéqiie de Uois-lo-Doc el sorré, en celte qualité^ ûam 1^ rniirs de Tannée ilS^û. — ï.os evècbés de lUi rem onde, de Devrmter. lî-" lîroninLçne eï dt* Leeuwarde demeurèrent nussi vHrant^.

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