LIVRE VI (4564). Î
iOD de l'évéquc d'Anvers, on lui attribua le titre d'abbc de JirBerDard, et il siégea en cette qualité aux états, quoique les -eligieux de St-Bernard conservassent un abbé particulier qui ivAii aussi séance. L'abbaye de Tongerloo, désignée d'abord pour iotatioa du siège de Bols-le-Duc, fut remplacée, en 4590, par ies domaines dans les environs de cette ville. L'église et le chapitre de St-Bavon à Gand furent érigés en cathédrale, et l'évéque réunit la dignité d'abbé séculier ou prévAt de ce chapitre ; dans la suite, le roi proposa au pape Pie V de créer une autre dignité de prévôt, et le pai)e y consentit par sa bulle de \ 570. Le chapitre de l'église de St-Donat à Bruges fut également érigé en cathédrale ; la bulle unit à la table épiscopale la prévôté en l'abbaye de Doest et quelques biens de l'abbaye de St-Bertin , dont l'évéque fut également déclaré préxôt. Le monastère des chanoines réguliers de St-Martin, à Ypres, fut supprimé et éngé en cathédrale; et 00 assigna, pour dot à l'évéque, la prévôté de cette abbaye, celle de Ste-Walburge à Furnes et quantité de biens ecclésiastiques. La collégiale de Sl-.\ubin à Namur fut également érigée en cathédrale ; on avait dabord assigné, pour dot à l'évéque, l'abbaye de Floreffe ; mais , en 4 566 , cette assignation fut changée par Paul V, qui annexa à l'évéché de Namur l'abbaye de SMJérard de Tordre de St-Bcnolt.
L'érection des nouveaux évéchés n'affranchit pas entièrement les habitants des Pays-Bas ntéridionaux de la juridiction des évoques étrangers. Le Luxembourg, surtout-, était resté en dehors des nouvelles circonscriptions ecclésiastiques. Or, Philippe 11 aurait voulu ne pas laisser cette lacune dans son œuvre. On avait même destiné pour dot à Tévéché du Luxembourg l'abbaye dOrval, qui resta longtemps sansabl>é; mais il fallut renoncera ce projet par suite de l'opposition de l'électeur de Trêves, dont la juridiction spirituelle s'éter^ait sur la plus grande partie de la province.
LES fAYS-BAS SOUS vmUPPE If,
Tous les nouveaux évèchés des Pays-Bas éloienl à la noniiM' tion (lu roi, selon la loueur de la bulle do Paul IV, et relui dt* Toumiïî, en vertu du concordat Fait etilrc Léon X et François*", lorsque cette ville élail au pouvoir des Frnn^îais Kn outre, Léon Xf par sa bulle du 4 juillet i5l5, avait accordé è CharJe»- Ouinl f|ue nul ne serait admis à ta dignité abbiitiale d ducun iiiontistèiT, sans le consenlement du prince. Celte bulle donna lieu à de grandes disputes, terminées par la transaction intervenue entre Philippe II et les abbés et abbe^ses du Brabnnt, le 30 juillet 15H4, Kl y iHnit stipulé que le roi, après la coltrcHon ((4^s t'oix des religieux et religieuses par ses oommissatres, nommerait l'abbé ou l'abbesse et lui donnerait ses dépéfhcs royales Quoique cette transaction n'eût été faite qu'avec les abbés et iibbes^s du Brabant, le souverain usa partout de la même prt*-» rogativc, Le pape Pie !V accorda, de plus, à Phîlîpfx-r II, par son induit du ^* juillet 15G0, le droit de nommer aux principales dignités dans les églises oûllégiales et à la principale, post pon* tificuhm^ dans les cathédrales ^
Telles étaient, sous le règne de Philippe îï , les prérti^alive-î du pouvoir temporel dans ses rapports avee l'iiglise. L'érection de nouveaux sièges éplscopaui, loin de les alTaiblîr, leur donna [dus d'extension encore. Cette longue négociation n'avait pa$ (oujivurs été conduite avec la prudence et Thabileté convenables ; un fond, cependant, la mesure, qu'elle tendait à consacrer, était la meilleure que le ^^ouverain espagnol [nitadoptei- pour remédier aux maux causés par les progrès de Thérésie. Philippe* Il la jusllllait très-bien dans la lettre qu'il adressa^ le t8 février 1564, M\ prince d'Orange ei au comte d'Egmont, pour réclauirr leur
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