LIVRE VI (15C4). â
coDCours. « Sur le rapport, disait-il, qui m'a été fait de Tétat de M la religion dans toutes les parties de mes domaines, principa- N lement dans les Pays-Bas, où le voisinage de peuples hérétiques M rendrait le danger plus imminent , si Ton ne se hâtait d'y M porter un prompt remède, j'ai pensé qu'un des moyens les plus « efficaces pour atteindre ce but serait d'augmenter le nombre M des sièges épiscopaux de ces provinces , les évéques étant « plus spécialement chargés par office d'empêcher les progrès « de l'erreur, quoique tous nous devions , de notre côté, faire « preuve de vigilance sur ce point •. » Des vues très-mondaines, des intérêts de caste et d'autres motifs également eroprelfits d'égolâme provoquèrent en partie Topposition qui se manifesta contre l'augmentation des sièges épiscopaux. Cette résistance, toutefois, prenait aussi sa source dans les appréhensions qui préoccupaient toutes les classes. Telle était la déflance inspirée par le monarque espagnol qu'on lui supposait les plus sinistres arrière-pensées, l'intention secrète de préparer le terrain pour l'établissement du saint-office d'Espagne, le projet de faire servir les nouveaux évéques à l'exécution de ce plan longuement médité. Ces craintes étaient-elles chimériques ? Elles ne pouvaient l'être pour les contemporains, pour les témoins des supplices infligés aux religionnaires, pour tous ceux, enfln, qui redoutaient les conséquences des terribles édiis promulgués dans le but de défendre la foi catholique.
' Papiers d'État du cardinal de G ranveUe, t. VI. p. «78.