LIVRE VII
durant le carême'. » Des prosélytes, plus nombreux encore, avaient été gagnés piir les milliers d'Anglais qui naguère avaient cherché dans les Pays-Bas un refuge contre les bûchers et les échafauds dressée par le fanatisme de Marie Tudor «. Enfin In crainte de l'inquisition d'Kspagne était un motif puissant pour rapprocher tacitement des dissidents religieux beaucoup de catholiques et même les menâbres de la plus haute noblesse. Toute Ihistoire de cette époque atteste combien le nom seul d'inquisition était en horreur en deçà des Pyrénées ; récemment, à la mort du pape Paul IV, les Romains eux-mêmes avaient mis le feu au palais des inquisiteurs '. Or, Philippe II s'était proposé, disait-on, d'in-
< Description, etc., de Wbsbnbeke, p. 27,
' Archives de la maison d' Orange-Nassau ^ t. \^^ introduction, p. 464. — Selon Strada , les Anglais réfugiés étaient au nombre de trento mille. Oaaot aux^réformés des Pays-Bas qui , sous le règne do Henri VIII el d*Êdoittrd VI, avaient trouvé un asile en Angleterre, ils quittèrent ce royaume à Tavénement de Marte Tudor et cherchèrent un autre refuge en Danemark ; mais ils en furent repousses, comme des hérétiques et des gens damnés, par Tintolérance des prédicants de la eour dont les opinions différaient des leurs sur le point de la Gène ; ils ne trouvèrent pas un meilleur accueil près des protestants de Hambourg et de Lubeck ; ils subirent enfin, avant d*avoir été recueillis à Embdon, des souffrances et des avanies dont les détails, rapportés par Emmanuel de Meteren (fol. 43), jettent une vive lumière sur le vice de celte époque.
' Dans une dépêche adressée, le 48 août 4559, au cardinal de Lorraine, révèque d*Angou1éme, ambassadeur du roi de France, à Rome, .s*exprimajt en ces termes : • Le Pape est trépassé aujourd*hui environ les quatre heures • aprèsmidi : ce matin il a fait une congrégation des cardinaux, où il leur a
■ recommandé son ftme, le Saint Siège et ïinquisUion. Ce peuple esf quasi
■ furieux d^allegresse qu*il a conceu de cette mort. Après avoir rompu les t prisons dès le matin, il ont mis le feu cette après-disnée en la mason de i rinquisitiou, de laquelle je suis si voisin que ma maison a esté en très- I grand danger, et n*en est encore du tout dehors. J*estois chez M. le
cardinal de Lenoncourt, quand ces seigneurs de rinquiaition m*ont I. tl
tes P&Y5-BA9 nùm PRîtiri^F. it.
rroduirc l'inquisition d Espagne dans les Paya-Bas i mais tt vouliit comluirt* ï'aiïaire si afiroitement que le peuple se trouverait sous la [luissance du saint-offlt^e sans s en a[îer(?cvoir, Au lieu de taÎRt re secret d'Ètot, des ecclésiastiques en crédit auprès du roi, méiïM* son confesseur, divulguèrent le dessein du prince et s'en vantèrent près d*?quelf|nes seigneurs principaux du pays ^ Guillaume» de Nassiiu reçut, en outre, drs confitiences plus complètes de lii bouche de Henri I!. Aussi, Jorsqu il dicta son Apologie, se flt-il un mérite d'avoir provoqué le départ des trouf>ps esftagnolas, per* suadé que, par leur secours, on se serait efforcé d'inlro<iuire 4ius les Pays-Bas une « inqfiisilion pire que celle d'Hspagne*.*» Du resU", Philippe 11 lui-mAïue coiisidérail déjà Tinquisition des Pays- Bas comme plus impitoyable que lesaint-offlce de ta péninsule.
H mandé qu'on menaçoit kurdite niaison; me priant d'y donner lout te " secours que je pourrons. Je çiuis ssoiidain accotiru, mats je n*y ay sc<*iï " Gslre à temps, el quand j'y euss^e esté pJustÔt, je n*y eusse rif*n gaigu* • a car il y avait plusi do deux miile personues è Ten lotir, et le feu bini Il aUumé dixluus,.... l^*oïi dttquo les RomiiinB sont s présent au Campt* ^ do(jlio pour ronipre la î^talue du Pope^ ci oui saccagé les maisoiiâ du - greOierot autres ofËcicrs de rinquiâitioD ; je croîs qu*avant que la nuii ^ pas^, ils en foi ont bi(?tt d'uulreis m Hibikm, t. H, pp. 8â7*l^iS.
i Descriptiant etc., de W£sbmëki, p. 49.
^ ■• Jo vismÊme, ajoule-t-il, que c'éloiËnt des tilets tendus ouïe priDiu-
# paiix seigncui^ du pau pour tes ^urproodre nussi bien que l« peuple n AinâicQUX quo les L^i^paguols el leui's adhùrans n'avoîent puperdr« [\it ^ d'autres voies, fussent tombeï par co moyen entre leurs mai us, dont îl «t leur éloit impossible d^écbapper^ puisqu'il n*eût fallu que rejpr^ter unt< H image de Iravers pour Hrù coudammi au feu- Lorsque j'eus nCippris toutes »■ ces choses, j'avoue que j'entrepris tout de bon dès ce tempe-lè à t&irv
• cbasser celle malbeureuEe r»ce d' espagnols hoi^ da paîs. Je ûe mt' ■ repens point de celle résolution. Au contraimje suis i^rsuade t|ue laes* v sieurs mes confrères et mai^ avec tous ceux r[iit ont Iravuillé à ce graiid « ouvrage, uvous fait une chose digue d'éteriielle louange . .. •Apaioçirmt défenst' tic U*èë-iltHstrt prince Guitinttmf' tk Naasati, etr.