LIVRE HUITIÈME
Cciuses de Timpopularité du cardinal de Graovellc. ~ Le comte d'Egmoiit et le prince d'Orange se déclarent contre lui. — Première réclamation qu'ils adressent au roi , le 23 juillet 456^. — Mariage de Guillaume de Nassau ayec Anne de Saxe; appréhensions de Philippe II; efforts du prince pour ne point le mécontenter. — Ré^wnse Irès-vague du roi à la requête du comte d'Egroont et du prince d'Orange. — Le comte de Homes levient à Bruxelles très-mécontent et se joint aux adversaires de Granvelle. — Mission seciète du secrétaire Nicolas de Courtewille, concernant les affaires de France. — Nouvelle cause de mécontentement pour Guillaume de Nassau et ses amis. — La duchesse de Parme prend la défense do cardînai. -- Délibération du conseil d'État sur les affaires de France ; précautions jugées nécessaires. -- Députés des provinces convoqués à Bruxelles. — Philippe 11 ordonne de faire marcher les bandes d'ordonnance au secours des catholiques français. — Opposition du prince d'Orange et d'autres membres du conseil d'État. 7- Réunions secrètes de la noblesse; irritation croissante contre Gran velle.— Mission du seigneur de Montigny en Espagne. — Mécontentement de Philippe II. — Dénonciations de Granvelle contre ses antagonistes. — 11 fait échouer le dessein conçu par le prince d'Orange de devenir gouverneur du Brabant. — 'Autres causes de mésintelligence. — Persistance de Guillaume et de ses amis à demander la convocation des états généraux ; conseils contraires donnés par le cardinal. — Granvelle demande Téloignement de Simon Renard. — La duchesse de Parme essaye de diviser les grands qui s'étaient coalisés contre Granvelle. — Le prince d'Orange et plusieurs autres seigneurs, contrairement aux intentions de Philippe II, se rendent en Allemagne , à l'occasion de l'élection de l'archiduc Maximilien, comme roi des Romains. ~ Audience de congé du baron de Montigny ; Philippe II
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justifie Gril lïvdio, — Hijp]jort de M^utlgny tïu conseil d*i:^taU — Ordres dannè^ o Simmi Renard \^m qu'il j^'éJoiguc Jeâ Pays^L^is , âdai quM sollicite, — Ligue formée cQnIn; Cranvdle. — Seconde rcquèle adi-essée au ri>i, le ^ f mars 1563, par le prince d'Oron^o, le comle tlT^monl cl It^ (Oïîile de HorDCS^ ils annoncent rintenltoti do ne plussieper nu constiil d'Éyi avec le cardinal. — EflTorU de Grenvelle pour détacher Egnioat de h l^Kue ; conseils quHl donne a Philippe U pour cogner la noblesse ûm» l*ijyîj-B4is ; ri l'engage à conrêror au prince d'O muge la ^ïce-royaiiléd#'| Sicile — Philippe II, répondant à la requête du H mars, exhorte undea^ iiignatidreîi, principidement le comla d'EgnîOnl, h <ç rendre en l-lspagne. — Nouvellt^ et vaine^i tenta live^s de ta duchesse de Parme pour LiilmeT'^ le^ adversaires de Granveïï*?, — Réunion des pHncîjwiuK seîgnetirs a Bruxdîes : il y est décidé que \g^ signataires de la rti^tuôtc du f I miin^j tunliuueront à ne pas poruUrc au conseil d'État» vl qu'iiucun d'eux i se rendra en Espagne. — Traisîième requête du îO juillet 1563, — Nou- \elle^ dénonciations du cardinal de Granvelle contre tes antLiponistcs.^ Lndojrras de la ductïeîiÊC de Parme : changement ^dans ses dt*ï>o^itians a regard du c;irdînal ; motifîi de ce revirement. — Elle envoie en Espagne îomfiH Armejiteros, son secrétaire» avec la mission t=ecrètedc denuifider l eloignement de Oranvelfe. — Hésitations de Phiiipï)e U, — ComocaMoii des députés des provinces a Bruxelloî?, |>our entendre ïa demande de nou- \i>aux subsides. -— Fêlcâ et banquets donnés \mr le^ seigneurs pour ^a;;uer les députes. — Lca adversaires deGrauselle adupicnl des livrée^ sijtiriqyes — Connivence de* étals de Draljant — Discusâîon Irés-vive enti-e iu duchei?se de t*arme et le comte d'Egraonl — Nouvellii^ inslonf^de lu régente [iourcpie le cardin;ilde Granvelte soit éluigné, — Philip|ïc U i-ons^ulle h dur d'Alhe sur les afluires des Paya- lias; a* dernier Ven^ft ^ maiideinr tlranvelle et a div ser ^es adversaires, en tittondant qu'« pui&se lesi' chùt^er — Philippe 11 prend la r^olution de sycrilior le « diiMlt m^iiï!^ de manière à ne fHiint bis-ser M)Ui»;mita*r ipi il fuît uuif cnuces^siun à la noblesse des Tays-Eas- — Tomits Armenteros es! renvoie à Uru,\elles. — Lettre autographe par bquclle TbiUppc 11 eu| âe4^ri'leinonL le pndiual de Granvolle à se retirer momentiiuemeiil en Eourgo;:ne, - Grauveîtc. dans U prévision de sa chute, aurait prêferf d*Olie 4p(>ele à Madrid ; **iiji*ctions qui lui sont failes |k!*r le duc d'Albt; tri Gonvalo Vvr^i — Le i>i incc d'Oi ange et le comte d'Hgmfint , notiobelanlj te désir du roi, refusent it^raïivement de retourner au conseil. — l-a
Liviic VIII (1501). 533
duchesse de Parme engage Granvelle à publier son dépari ; prétextes qu'il allègue pour justifier celte détermination. — Ses adversaires soupçonnent la vérité. — Granvelle sort de Bruxelles, le 43 mars 1&64.
Le cardinal de Granvelle, regardé comme l'inspirateur de la politique suivie par Philippe II à l'égard des Pays-Bas, était devenu Uentôt odieux à tous ceux, nobles ou bourgeois, qui détestaient la prépondérance des Espagnols ou qui penchaient vers les nouvelles doctrines religieuses. Pour miner l'autorité du principal ministre, on s'était efforcé de la rendre impopulaire. On rejetait sur le cardinal tout ce que le roi entœprenait de rigoureux et de nouveau ; on persuadait au peuple que l'augmentation du nombre des évéques, le rétablissement des édits de Charles-Quint contre les hérétiques, l'inquisition, enfin, étaient des ouvrages de Granvelle ■ .
Le comte d'Egmont et le prince d'Orange se placèrent à la této de Topposition, le premier avec soudaineté, le second, après avoir mieux délibéré avec lui-même. Les suggestions de âmon Renard ne furent pas étrangères à la détermination du vainqueur de Gravelines; quant au prince d'Orange, ce fut à l'instigation du comte d'Egmont qu'il rompit, mais à regret d'abord, avec Granvelle ». Pendant longtemps, en effet, et jusqu'à l'année 1561, la
* l^iiÂDA, lib. H. — Cette dernière accusation était la plus grave; en faisant accroire au peuple qu*il était Tauteur de la persécution dirigée contre • les hommes de bien de. la nouvelle religion , » ses ennemis, disait Granvelle loi^-méme, avaient en vue de soulever jusqu*aux pierres contre lui. Papiers d'État du cardinal de Granvelle, t. VU, p. 247.
' Mémoire (inédit) de Tabbé de St-Yincent. — Lettre de Morillon à Granvelle, 9 novembre 1567, dans \c Sunplément aux Archivée de la mai" âon d'Orange, p. 49.
LKs uus-Bâs SOUS NirurpË II.
meifleuro intelligence?, parfois mMe \im sorte d'întimîté, kyslH régné entre Tévi^que d'Arras et le prince d'Orange, Leur correspondance attestait du moins qulls avaient l'un pour fatitre de I estime et de TalTection. ToutefoiSp les sentiments de Guttlaume de Nassau avaient dû peu à peu se modifierp à mesure que Tautorité do G ranvelle s'affermissait et s'étendait; iJ ne pouvait plus avoir les mêmes sympathies pour Je conseiller intime de Philippe 11, pour celui qui avait fait préférer !a duchesse de Parme i^ la duchesse de Lnrraînc, pour celui aussi qui était considéré comme le promoteur des édite contre les reformés. Mais, quelque* fût le mécontentement du prince d'Orange, il avait su le cacbcf adroitement josirjue vers Tépoque de J'élévation de Granvellcau cardinalat K
Soit qu'il eût été blessé plus vivement de l'arrogance du prélat après cette promotion, soit qu'il jugeât que Hntérél du payi exigeait la grave détermination vers laquelle il inclinait, le prinat se joignit enfin au comte d'Egmontct, pour la première fois, la deux seigneurs se plaignirent directement au roi de l'omnipotence que s'attribuait le c^nrdinal de Granvclle ».
Celte lettre collective, datée de Bruxelles le S3 juillet 456*, était de la main de Guillaume de Nassau. Lui et son collègue i-appHaient au Roi que, lorsqu'il les nomma conseillers d'État, ili firent quelque difliculté d'acce[)ter, non par dé fout de zèle, m;i parce que, ayant été apfmiés è siéger au même conseil, sous le gouvernement du duc de Savoie, ils s'aperçurent que les affaires
' Coirespondnnce de Guîitaumck Tmitttruc, t. I H Wypassim, Koir ïio-j Lamment Holroduction du t. Il, § IL
' Dans &a Justification ^ le prince ^outi ni que, presque îriim(?diatcim*iit iiprès 1p dépari du mi pour l'E^^ptigne, leriïrdinsï deGran\'elîe jota le mas* qu(*, disant ou vert «mont oux députés ûv» provi nces et vîlïes • qu*îJ fmMmi s'odrêâser h lui et point ailleurs pour pHfveiifi" à une boitn^ fin des lîfâMT^ - (jranflerhroniqite f^e Hofianât'.i. Il, fol <80.