LIVRE Vin (iSCI). 55r
importantes se traitaient à part, et sans eux : ce qui |X)rtait atteinte à leur honneur et réputation. Ils exposaient ensuite que le roi, étant en Zélande, les assura que toutes les affaires d'importance seraient traitées et résolues au conseil d'État, leur commandant de nouveau d'accepter ladite charge, en quoi ils lui feraient très-agréable service ; qu'ils lui demandèrent alors que, dans le cas oh ses intentions ne seraient pas accomplie«(, ils eussent la faculté de donner leur démission ; qu'il répliqua que, si cela arrivait, il désirait qu'ils l'en avertissent, afin qu'il y pourvût. Or, depuis le départ du roi, ils avaient été appelés au conseil d'État le plus souvent pour des choses de nulle ou de bien petite importance, tartdis que les affaires majeures étaient traitées à leur insu, par une ou deux personnes. Il en résultait, disaientils, que tout le monde se moquait d'eux, parce qu'ils avaient le nom sans efifet. Ils auraient cependant pris patience, quoique lo mal augmentât de jour en jour, si le cardinal de Granvelle ne s'élaît avisé de dire, en conseil, que tous les conseillers seraient également responsables des événements qui pourraient subvenir. Ne voulant pas avoir à répondre de ce qui se faisait sans eux, ils priaient le roi d'accepter leur démission, ou d'ordonner que toutes les affaires fussent dorénavant communiquées, traitées et résolues en plein cx)nseil d'État. Ils ne se plaignaient pas de la duchesse de Parme, dont, au contraire, ils se déclaraient satisfaits ' .
Ferme et convenable, cette réclamation ne fut pas expédiées immédiatement et resta secrète ; le comte d'Fgmont la retint pendant trois semaines et, durant cet intervalle, le mariage du prince d'Orange avec Anne de Saxe devint une source de nouveaux griefs.
Le traité de Côteau-Cambrésis avait réintègre Guillaume de
^ • Correspondance de Philippe It , t. I"", p. ^95.
LtS P4VS-1AS SOUS l'HILIPPE tl.
Niiâflûti dan!* la jouissance de la principauté d'Orange, et la mort de son père, survenue le 16 octobre 1559, l'avait fait chef de ai maison en Allemagne. Il comprit les nouveaux devoirs que cetN^ position iui im]X(sa]( i « Il fiiut tâcher, disait-il à son frère Louis, d'augmenter In renommée de notre maison plutôt que de Jâ diminuer, n Veuf depuis 1558 d'Anne d'Egmont-Buren, Guillaume de Nassau était vivement pressé par ses parents de se remarier ; n'ayant pu obtenir la main de Renée de Lorraine, il s'était décîd*^ à prendre sa femme parmi les princesses de TAIIemagne, arm d'accroître son influence en se créant des alliés dans ce pay^^. Son choix était hardi : cédant uux conseils de Louis de Nassau, wn fière, et du comt« Gunther de Schwartzbourg, qui allait devenir bientôt son beau-frère \ il voulait épouser la fille unique de Maurice de Saxe, du célèbre capitaine qui, trahissant Charles- Quint pour Henri H, s était placé en 1o5l à lu tête des protestants et avait obligé lempereur malade à fuir devant ses traupes! Un tel choix devait déplaire d'autant plus aux cours de Madriil et de Bruxelles que la fille de Maurice avait été élevée dans le protestantisme, à Ditisde, auprès de son oncle, l'électeur Auguste, Anne de Saxe n était d'ailleurs remarquable ni par sa douceur ni par sa beauté ; d'un caractère bizarre, mal faite de sa {personne, et mémo un peu boiteuse, elle plut néanmoins au prince '> Mais. pcut-ûtre, ce qu'il recherchait surtout en elle, c'était sa fortune et sa parenté, c^r en s'al liant aux maisons de Saxe et de Hesse, il se ménageait de puissants appuis, Pour réussir dans ce projef , Guillaume devait tout à la fois respecter les convictions catholiques de Philippe II et ne jias froisser les convictions luthérienm^ du duc de Saxe, oncle de l'orpheline, non plus que les préventions de son aïeul maternel, le landgrave Philippe de liesse. Par
* Papien tî' Étal du cardinai de Oi^anveite, t. VJ, p. ;J0.
* ArthiPfJide ta maison d'Orange- Ntt.fgau. t» f. p. i7 etsuiv.