‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 156 sur 198 · LIVRE Vin (lîiOâ · texte numérisé non relu

LIVRE Vin (lîiOâ

Par des dépêches, écrites à Madrid le 23 décembre, il enjoignait à la gouvernante de remercier en son nom le cardinal de la conduite qu'il tenait, de l'exhorter à y persévérer, et, toutes les fois qu'elle verrait l'occasion de le réconcilier avec quelqu'un des seigneurs, de ne négliger rien pour le faire. Il trouvait singulier qu'on regardât ce prélat comme étranger, parce qu'il était né en Bourgogne, tandis qu'on ne disait rien du prince d'Orange ni du comte de Mansfeld , qui étaient nés en Allemagne. 11 ordonnait également à la régente do continuer à s'opposer k l'assemblée des états généraux , à l'établissement d'un surintendant des affaires de Brabant, ainsi qu'à la réunion des évèques et prélats proposée par le marquis de Berghes. Cette assemblée serait des plus pernicieuses , disait le roi ; la duchesse n'y devait eonsentir à aucun prix. Il voulait encore que l'on cherchât à enlever le gouvernement du Hainaut au marquis de Berghes : pour arriver à ce but, il écrivait au marquis qu'il eût à résider dans son gouvernement ; de son càté, la duchesse devait lui parier catégoriquement afin que ce seigneur remplit son devoir, ou sinon il fallait le destituer. Le roi écrivait aussi à Simon Renard pour lui commander de se rendre eu Bourgogne. Il désirait *enfin que la gouvernante pût inviter le prince d'Orange à s'abstenir d'assister au conseil d'État quand on y traitait des affaires du Brabant, ou bien à ne pas prendre part aux délibéralions de l'assemblée provinciale '. En outre, Philippe 11 Gt savoir à Granvelle qu'il approuvait le dessein d'introduire la division

' A cette prélentiou, la duchesse répondit le M mard (1563) quelle ne Toyait pas comment, eo Tabsence du roi, on pourrait inviter le prince d*Orange à s*abstenir d'assister au conseil d*État, quand il s'y Imitait des affaires des états du Drabant, ou bien à ne pas iutei venir dans les assemblées des états, puisque du temps du duc de Savoie, et le roi étant présent, il agissait déjà comme il le fait aujourd'hui. Correspondance de Philippe II, t. W,p. 2i2.

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pârûii ks mgneuïSt si ta mission de Mantigny \m mettait ps un terme à leur mauvotâ vouloir contre tut. ^t Mais il faul tûclier, <lisait4l, d'amener eetle division de manière que t'exas{)ératiDn de ceux qui sont animes de mauvaise volonté ne s'augmente l»as, surtout slls ont i*ïus de pouvoir que tes autr^ [jour metinâ effet celle-ci; et, par ce motif, il convient essenticllenicnt de j*rocéder avec beaucoup de circonspt^ction. »» Enfin b roi remerciait le cardinal de l'ofrre qu'il lui avait faite de résigner Tarehevéché de Maîines et de venir à Madrid. • Quoique je fusse irfes-joyBUx de vous voir, lui disait-îl, et que vous puisâtez ici me rendre de grands services, cependant vous me serez encore plus utile lè-bas. Ainsi je préfère que vous continuiez â faire lv que vous faites aujourd tiui^ et dont j'ai la satisfaction que votre conduite mérite, ne croyant pas d'ailleurs que les choses puissent venir au point qui! en résulte des conséquences fâcheuses pour vous, n 11 aononçail enfin à sa sœur qu après avoir tenu , dans lanDêe qui allait commencer, les cortès de Castille et celles d^Aragon, il aviserait au moyen de ae rendre aux Pays-Bas; il disait ia même chose au cardinal, mais en ajoutant (jue s il, y allait sans argent, ce voyage aurait plus d'inconvénient que davantage \

Le 17 janvier 1565, îa duchesse remît au conseiller RenJinl }a lettre par laquelle Philippe H lui ordonnait d'aller servir en Bourgogne et do s'y trouver dans un mois au plus tard. Renard, comptant sur Tapput des seignciurs, fit entendre les plainte la» plus vives '. il dit qu'on lui faisait un grand tort, que ce ti*éiail pas là une digne récompense de ses services de tant d années; et il imputa la décision royale à Granvelle, Il représentii aussi que sa santé ne lui permettait pas d'obéir à lordro du roi, et que d'ailleurs il n'avait aucun emploi en Franche-Comté 11 alla

' Cornêpmidùncv tk Phftippf îî, t, I^^ p, 231 et suiv.

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