‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 155 sur 198 · LIVRE VIII (i5G · texte numérisé non relu

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y députèrent Antoine Van Strelen , bourgmestre d'Anvers, et Guillaume Martini, pensionnaire de Bruxelles, pour solliciter de Tempereur la confirmation des privilèges contenus dans la Bulle (Tor de Brabant. De son c<)té, Philippe II envoya directement an roi de Bohême N. de Guzman pour que cet ambassadeur veillât à ce que Tarchiduc accomplit ce que les rois élus des Romains avaient coutume de faire envers le Pape, et aussi pour que Maximilien donnât au souverain pontife quelque satisfaction sur ce qui s'était naguère publié de lui touchant ses sentiments au sujet de la religion * .

Le baron de Montigny, qui avait été envoyé en Espagne par la gouvernante des Pays-Bas sur la désignation des seigneurs du conseil d'État, obtint du roi son audience de congé le 29 novembre. Sortant alors de sa réserve habituelle, Philippe pressa Montigny de s'expliquer franchement sur ce qui se passait aux Pays-Bas, et sur les causes du mécontentement que les seigneurs prétendaient y régner. Montigny s'en excusa d'abord, disant que le roi devait être bien informé. Enfin, il allégua les trois griefs suivants : Térection des nouveaux évéchés, qui avait été négociée sans que personne des Pays-Bas le sût ni y intervint; le bruit répandu qu'on voulait introduire dans ces provinces l'inquisition à la manière d'Espagne ; la haine que tout le monde avait conçue contre Granvelle, haine qui allait si loin qu'elle pouvait faire craindre quelque soulèvement. Le roi, qui avait rédigé sa réponse en se servant des indications transmises par le miiiistre accusé, objecta qu'il s'étonnait que les habitants des Pays-Bas prissent l'alarme sur des bruits sans fondement ; que ce qui avait été répandu de son intention d'établir l'inquisition dans ces provinces était faux ; que jamais cette pensée ne lui était entrée dans Tesprit , et que personne ne le lui avait conseillé ; que l'érection

» Correspondance de Philippe II, t. I«f, p. ÎÎ6 et suiv.

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«ks ëvéchéë avait eu uniquement pour bul de remédier au peu d mstruction religieuse qu'il y avait aux Pays-Biis et de suiviie les conseils de Chêirlf^s-Quint, coin rue le (>ouvait tëmotguer le marquis de Berghes, h qui, forsquil s était rendu en Angleterre pour y épouser }a reine Marie, il avait parle de ce dessein et qui ne l'avait pas désapprouvé. 0*ianl h Granvelfe. Je roi ne tui avait point parlé de la résolution d'augmenter le nombre dc^ év^^qucs avant que François Sonnius eût été envoyé à Home (>ûui ce sujet. « Knfin , ajtuUa Philippe II, ceux-là se trompaient qui haïssaient Granviîlle sous préti'xtequil voulait rendre la no bl^^^ j odieuse par de secrètes accusations : c'était un artifice qu il n'avait point tenté. Pour fui. il n'avait jamais remarqué en GranvelJe cette envie dont on raccusait et , d'ailteurs, il ne Teiidurcrait jamais ni en lui ni en aucun autre de ses ministres De quelque façon que les choses se pas5ïont, ajoura-t-il enoonr, j'espère bientôt faire un voyage dans les Pays-Bas (?t satisfairp <^alement à mes intentions et aux vœux de mes sujets . • Eu congédiant Montigny, il le ctiargea de donner connaissance du cette déclaration à tout le monde aux Paya-Bas« et celui-ci le lui promit \

Le baron de Montigny fut de retour à Bruiclles le 23 décerabixr l-e ^8, il fit sur sa mission un rapport au conseil d'État, en presence de la ducliease de Parme, du prince d'Orange, du comtr d'Mgmont, de Berlaymonl et de Viglius, Cera[jport produisit plus de mai que de bien, car Montignydut nécessairement apprendre à ses amis que la volon te* du rot était de conserver p dan.s le ministère des Pays-Bas, le cardinal de Granvelle, Lui-même accusait Philippe ïl rie partialité en faveur du cardinaL Ce n'était pas k tort, car le monarque tenait essrnlidlemenl aux serviccijrï à I.* politique de ce ministre.

i Corresp0nffanc0 rf<r Philippp tt, l I^i, [t. îî^ ^ Stmapa, lih III

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