LIVRE viti
était revenu à Bruxelles, finit par persuader à sa femme que le cardinal leur nuisait près du roi ; de son côté, la gouvernante s'était aperçue avec dépit <|ue GranveHc ne lui communiquait pas toutes les( afifiaires dont il rendait compte à Madrid ; enfin, les seigheurs lui«vaient fait dire que, si elle voulait se ranger de leur côté, il eii résuIterliU un grand bien et qu*ielle même y trou* vërait quelque éatisfaction, car ils se faisaient lorts d'obtenir des états , pour eBe en particulier , de fortes sommes *• Cette dernière promesse ne devait pas être sans influence sur Ja déterminatko.de Marguerite de Parme, très-intéressée par elle-même, et qui, dautre part, avait grande confiance datte son secrétaire TomÀs Armenteros, dont la réputation de probité était très-équivoque. Ce fut lui qu'elle envoya en Espagne , le 43 août , avec la missioo secrète d'appeler l'attention du roi : sur -les progrès de l'hérésie ; la pénurie du Trésor ; la nécessité de réparer les places frontières, et principalement sur laalulte entre Granvelle et la noblesse. Armenteros devait dire au roi comment Thérésie se propageait dans la fiasse-Flandre, à cause des rapportsde cette profviiice avec l'Angleterre et la Normandie, ainsi que dans la Zélande et dans. ia partie du Luxembourg qui touchait à la Franco. Il devait lui exposer que les charges annuelles excédaient les revenus de plus de 600,000 florins et que tous les moyens de finances étaient épuisés. Il devait justifier la conduite tenue par la duchesse dans l'aflaire de la sortie des troupes espagnoles et dans celle des secours envoyés au roi de France; il devait en même temps solliciter une règle de conduite, pour le cas où les seigneurs insisteraient sur la nécessité de réunir les états généraux. Elle ajoutait enfin qu'il était temps de trancher lè grave différend survenu entre le cardinal de Graiivelle et la noblesse. Elle connaissait, disait-elle, tout le mérite du cardinal,
» Voir les Papiers d'État du cardinal de GranveUe, t. VU, pp. 77 cl 107.
LKS l'AYS-fiiS SOUS MIIIJFPE Jh
m haute cifiacikS mn cxpiTienc^ oongomirii^iï des affaires dTAîû, \& Kèle ot l(i tlcvtniemouL qu il rnouïrail ptmv le servici* *J<* \Hm cl du roi: maîs^ d'un autre côté, elle devait aussi reronnaltm que voubîr le maintenir aux P^iys^Bas, contre le gré dos seigneurs [Tourniitenlraîner ûe grands inconvi^nienls, et même le sotilèvomcrit du pays K Pou rébran 1er tout à fait Philippe II, Arménien» devait lui rommuniquer aussi une grave Cûnlidence faite à la gouvernante par le comte d'Ëgmoni : il en résultait que c'était seulement grâce 5 lui que Granveïieavait vécu jusqu alors, mais que dorénavant il se déchargeriiit de ce soin sur la duchesse ille-mt^me \ Du reste, l'envoyé de la duchesse de Parme fut diurgé par le comte d'Egmont de dire et de certiHer au rot qye tïî seigneur, i>our le sur vice de Dieu et le sien, et pour ki dêfen^p de lanciennc et callioiiquc religion, exposerait toujours sa vie et su fortune; que si son |»ropre fils ou frère faisait quelque chose contre elle, il le jetterait daRs le feu de ses propres nfialns *.
Armentcros arriva le 15 septenitire à Monzon, ou Philippe il s était rendu pour tenir les Cortèâ d'Aragon. Conirae û trouva le roi dans une ^n'ande impatience de connaître l'état des allaires des Pays-Bûs, il l'entretint quatre heures entières dans sa première audlenee^ où il lui hit les iDstructions écrites de \b fau*
ï çort*€êpon(iance t^c PhUqipe U, l t", p î60*
^ Ce détail est fourui par Steada, lib. UL It rtîsalto, au surplus» d*uu document roiit<?mporaiD ^u\^ Granvellc prétendait ri^llemont quesescniM^ mis voulaient le faire tuer. KI6mc , «u jour, ïl déclara m comte d'EpiorrI que Ton nv'alt traitô dans ce but avec on ^eniUliomme l>oiirgtii^riiûfi mmm LnviUeUe. Mui-ci, averti, vint a Um\eltcs ei dédara au c!irdin;il et aiti SQigDqurf^ lï'avgir J^mars tenu le^i propos UoDt ou rrTœusait; Il voyiaiti d'aîîleups, s'en rapporler aux résulLaU de Tenqu^^la que t'un pournnt otrvrifi afîn de connaUrcla vérUé. Défense personneifc du romtc Jt- ilonim, dans J* Sttpplément a Siraiîfi, t. W^ p. 145,
' TomSu^ ArnumîtTDS a Antonio Perez , f G ortobre ttif>0, ûam la C&rrrsfmfuîante tk Philippin If, l. 1"*^, p. 476.