‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 166 sur 198 · LITRE VIII · texte numérisé non relu

LITRE VIII

vernante. Il fut encore appelé les jours suivants. Quoique Philippe II eût pris antérieurement la résolution de ne pas se laisser arracher la destitution du cardinal de Granvelle, le secrétaire de la duchesse de Parme sut néanmoins jeter quelque incertitude dans son esprit '. Que Philippe fût rassuré ou non sur la situation desPay&-Bas, il venait de décliner les offres que lui faisait le jeune roi Charles IX d'employer tout ce qu'il avait de forces et de moyens pour maintenir la conservation de l'obéissance dans ces provinces *. A la vérité, dans la situation où se trouvait la cour de France dominée par le parti de Coligny et de Condé depuis l'assassinat du duc de Guise, ces offres pouvaient paraître au roi catholique peu sincères. Quoi qu'il en fût, ce n'était pas l'habitude de Philippe II de prendre une résolution immédiate, ta tenue des certes d'Aragon fut le prétexte dont il se servit pour différer de jour en jour de renvoyer Armenteros, outre l'habitude de temporiser qui caractérisait, selon Strada, ce prince soupçonneux.

La situation financière des Pays-Bas exigeait pourtant une prompte résolution. Armenteros avait été chargé de demander au roi la convocation des états généraux, s'il ne voulait prendre à sa charge l'entretien des garnisons. L'aide triennale accordée pour cet effet en 1560 était sur le point d'expirer et l'on disait que son renouvellement rencontrerait de la difficulté dans certaines provinces. La demande s'était faite, à la vérité, en 4660, aux états particuliers des provinces ; mais alors on avait prétexté l'urgence; il était douteux que, cette fois, les états fussent disposés à accueillir une proposition qui ne serait point faite en assemblée générale. En conséquence , le roi permit que des députés des provinces se rendissent à Bruxelles pour ouïr les

i Strada, lib. III.

* Archives de la maisoti <r Orange-Nassau, t. W, p. 171.

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