‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 171 sur 198 · LIVRE VIII (15G · texte numérisé non relu

LIVRE VIII (15G

e!le, que Votre Majesté ne saurait rien faire de plus préj.idiciable à son service que de laisser cette affaire en suspens, tandis qu'elle gagnerait beaucoup à renvoyer promptement Armenteros, avec la résolution qu'elle aurait prise. La conservation de ces province est d'une extrême importance pour celle des autres États et royaumes de Votre Majesté. Il n'y a pas de temps à perdre *. je répète qu'il y a de l'irritation dans les esprits. Chacun ici croit voir que Votre Majesté se soucie peu de ce pays, et qu'elle l'oublie et le délaisse. Je ne saurais dire combien la nation est blessée de cette idée ; on va jusqu'à assurer que Votre Majesté a près d'elle des ministres qui lui conseillent de tenir ces provinces dans le besoin , comme moyen de les réduire ainsi à Tétat de pays conquis K »

Quelque temps après, la duchesse insista de nouveau sur une prompte résolution. Le comte d'Egmont était le seul des seigneurs alors à firuieUes. Il était venu lui dire, avec animation, que tous étaient informés qu'on parlait d'eux auprès du roi d'une manière fort étrange: qu'on avait fait entendre à Sa Majesté que, si elle venait aux Pays-Bas avec une armée , elle n'y serait pas reçue ; que le vice-^roi de Naples avait avancé, dans une certaine réunion, qu'ils couraient à leur perte. Il ajouta que tout cela devait procéder de leurs envieux ; qu'ils ne croyaient pas devoir se justifier auprès du roi , attendu qu'ils se sentaient forts de leurs bonnes intentions et de leur fidélité, mais qu'ils craignaient pourtant que la calomnie ne finit par faire impression sur l'esprit de Sa Majesté. La duchesse s'était efforcée de le désabuser et de l'assurer que le roi avait toute confiance dans les seigneurs, et particulièrement en lui. Il s'était mis alors à déplorer la situation dans laquelle se trouvait le pays, exprimant la crainte que quel-

* Lettre de la duchesse au roi , du 5 janvier 1564. Correspondance de Philippe U, t. l'r, p. Î80.

LES rWS'iAS sous PHILiPIPS Tl,

tjuc lumullc n y survint; disant qu'en ce cas on n obéirait point aux ordres que la duchesse donnerait, tant que le cardinal de Granvelie assistaraitau conseil d*État; dck^larâ ni enfin qu'il voulait aller à létranger jusqu'à ce quo le roi eût pris les mesures réclamées par l'état des affaires* La duchesse, en lui répondant sur ces dilTérents points ^ Tavait prié surtout de ne pas Taban* donner, dans un temps ou son concours lui él^it si néecssairo K

Quant h Granvelie ^ il aurait voulu, pour couper Ja source des bruits répandus dons les Pays-Bas sur les intentions du roi, quf Ton ouvrît les lettres qui s'écrivaient d'Espagne par des particuliers. U insistait de nouveau sur la nécessité de détacher Egniont dos autres seigneurs : il lui croyait un cœur droit et de bonnes intentions, et seuJement égaré par les autres ', « Son vœu intime, disait-il un peu plus tard, serait que chacun s'occupât de calmer ces seigneurs , de leur ouvrir les yeux , de les ramener dans là voie du devoir envers leur âouveraîu; ce qui leur serait plu* honorable cl profitable que de se soumettre à une foule û*bm^ mes vils et à ce mâchant animal nommé k pm^e, qui pourra bien quelque jour les payer de sa monnaie ordinaire, c'est^-dire les entraîner dans uno ruine complète , tout en compromettant gravement la cause du souverain '. i»

Philippe II avait, suivant sa coutume, voulu longtemps délibérer avant de prendre une résolution ; et ne se fiant pas h. lui* nu^me, il jugea utile de consulter un personnage qui jouissait de toute sa confiance. C'était le due d'Albe, alors a Iluesc^. le roi lui écrivit de Monzon, le H octobre 1563, fxïur Tinformerde l'arrivée d Arnienteros et de la détermination prise par le prince

' Correspondance de Philippe Ht lettre dç la duchesse pu roîi du SI Jài* vier I5IÎ4, p. ÎSa.

' fbid , t. l'sp, 2S4,

' ïbid., i. W,p. f9o, t.ettre de GraitvelJeau roi, du ÎH f^Trier »56l, V^r ^ïussi les Papiers d*É(at, L Vïl^ (> 3^8,

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