‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 174 sur 198 · LIVRE VIII (45G · texte numérisé non relu

LIVRE VIII (45G

de 8P6 amis à la cour ; il s'élait notamment adressé au duc d'Albo et à Gonçalo Ferez. Le duc d'Albe se consulta longtemps s'il devait procurer auprès du roi une place à un homme qui pourrait le devancer dans la faveur du prince ; ou s'il devait rendre son parti plus fort par l'arrivée de son ami ^ Les inconvénients qu'il attachait à la venue du cardinal parurent enfin l'emporter dans son esprit. « J'avais songé un instant, écrivit-il à Philippe II, qu'il serait peut^tre utile à V. M. d'appeler le cardinal auprès de sa personne ; mais j'ai réfléchi que sa présence à la cour le rendrait mille fois plus odieux encore à ses ennemis , et qu'il ne se briserait pas une tuile sur leur maison qu'ils ne s'imaginassent que c'est le cardinal qui la brise par la main de V. M. *. n Quant à Gonçalo Ferez, il répondit, par une lettre remise à Ârmenteros et portant la date du 1 9 février, quil souhaiterait beaucoup que le cardinal fût appelé à Madrid ; qu'il avait fait ce qu'il avait pu pour cela ; mais qu'il ignorait à quoi se résoudrait le roi. Il y voyait seulement deux difficultés : la première, à laquelle ri ne pourrait parer, c'est que les ministres espagnols ne désiraient quelqu'un qui en sût plus qu'eux; l'autre que, quand on s'occuperait des affaires des Fays-Bas pour y remédier, la présence du cardinal les empirerait peut-être, en ce que. dans ces provinces, on dirait encore que c'était lui qui suggérait toutes les mesures *.

Le cardinal se résigna. Dès qu'il eut reçu la dépêche secrète du roi, il se détermina immédiatement à mettre à exécution l'expédient que son maître lui indiquait, mais avec cette réserve formelle que l'ordre de son départ ne serait point ébruité. Du reste, il ne communiqua qu'à la duchesse de Farme la lettre si mystérieuse

I Strada, lib. IV.

« Papiers d'État, t. VII, p. 291.

' Correspondance de Philippe II, 1. 1", p. 356.

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