LIVRE IX
Hollandais qui se hâtèrent de retourner dans leurs provinces •• on pendit seulement un des séditieux signalés parmi ceux qui avaient jeté des pierres aux officiers de justice *.
Le cordelier apostat, qui avait été arrêté à Lille, ayant également refusé de se rétracter, fût brûlé à petit feu. Cette exécution n'excita point un soulèvement ; mais on vit un vieillard se détacher des assistants , baiser le poteau où le condamné avait été enchaîné et recueillir ses cendres. Un autre hérétique, détenu à Valencionnes, parvint à s'échapper par la connivence de la fille du geôlier qui fut justiciée pour ce fait >.
En présence de ces témoignages de sympathie donnés, jusque sur le bûcher, aux condamnés pour cause de religion, le gouvernement pouvait redouter des manifestations plus graves encore que l'émeute d'Anvers. Aussi résolut-il d'éviter les exécutions publiques et de faire périr les condamnés dans les prisons même, îl y eut dès lors un grand nombre d exécutions secrètes ; les uns moururent par l'épée, d'autres furent étranglés, ceux-ci brûlés, ceux-là noyés dans de grandes cuves ^
Cependant le fanatisme ou le zèle outré de quelques inquisiteurs vint plus d'une fois se heurter aussi contre la fermeté des magistrats communaux, qui considéraient comme un devoir sacré de défendre les antiques privilèges dont ils étaient les gardiens.^ C'est ainsi que Pierre Titelman, auquel était confiée la surveillance de la foi dans la Flandre, provoqua contre ses tentatives d'oppression une manifestation solennelle de la commune de Bruges. D'après les témoignages de Viglius et de Granvelle euxmêmes, cet inquisiteur apportait dans l'exercice de ses fonctions
I Grande chronique de Hollande, liv. IX«; Strada, lib. IV, et Papiers d'État du cardinal de Granvelle, t. Ylll, pp. 236, 425 et 442.
• Papiers d'État, t. VÎH, p. 583, et Correspondance de Philippe II, t. I»r, p. 333.
• Grande chronique de Hollande, t. Il, p. 73.
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une âpreté r»t une indiserétion coniprometlanles '. Foulant m%' pieds les privilèges de la ville, ît dirigcDit journellement ses informations non-seulement centre des gens noioï rement suspects d'hérésie, mais même contre des habitants qui|ouÎ8sabT)t îVunv. réputation sans tache et dont tout le crime éUiit de ne|»as favoriser ses usurpations \ il faisait citer devant lui, par son [Hïn moteur, tels témoins que bon lui semblait , hommes ou femmes, petits ou grands^ et leur arrachait par la meneoe tes aveux dont il avait besoin Le magistrat avait réclamé rinter%*ention *le TévAque et invité l'inquisiteur à ne dirip^cr ses poursuites t\ne contre les personnes formellement suspectes dhért'sie; il lui avait été proposé, pour donner i\ ses enquêtes rimpartialilé néeessaira, d'associer deux échevins aux interrogatoires quil dirigerait; cnGn, le vœu avait été exprimé que l'inquisiteur s'abstînt de requérir l'aBsistancD du bras séculier et de procédera rarrestation de bourgeois de la viHe h moins qu'ils n'eussent éié d'abord , conformément aux privilèges , convaincus eidélaLsstis par le tribunal échevînal : mais toutes ces propositions avaient été repoussées par Tîtelman, et il avait répliqué qu'il agirait comme il l'entendrait. Et , en effet , il poussa Taudacc jusqu'à faire arrêter dans une église même et conduire en prison un bourgeois de la ville. Mais ce dernier acte lassa la patience de* magistrats. Ils ordonnèrent rarrestation des sergents, qui avaicrU prêté leur aide à cet abus d autorité, délivrèrent leur concitoyen et, pour calmer le peuj>le qui s'irritidt, firent annoncer }hir les crîeurs publics qu'ils allaient prendre leur recours vers la gouvernante. Dans la requête qui fut bien têt soumise à Marguerite de Parme, les bourgmestres , échevîns et conseil de la ville de Bruges lui signalèrent avec force les inconvénients qui résul-
1 Granvelîc di&QU de lui » qu'il avoU bon zèle, mais qu'il étoît, euâUCODer i choses, indiscret et csclandreux:. »