LIVRE IX (1565). 47f
rire de cette observation , disant qu'il n'était pas homme à fatrt un pas en faveur de Renard , et qu'il demanderait plutôt au roi de le châtier rigoureusement s'il était trouvé coupable. Sur ces entrefaites, arriva une dépêche du 3 février dans laquelle Phî- Uppe II parlait lui-même de la venue du comte d'Egraont. H aurait voulu, disait-il, que la duchesse écartât l'idée de ce voyage, ne voyant pas le fruit qu'il produira; mais, puisque c'est chose décidée, il traitera le comte selon que sa sœur le lui conseille et le remerciera de la manière dont il Ta servi. Il informait ensuite la régente que, surmontant sa répugnance, il avait écrit des let-' très de remerclmenl au prince d'Orange et au marquis de Ber^ ghes , pour le zèle et la bonne volonté qu'ils avaient montrés dans l'afEaire de ïaid&. « Au comte d'Ëgmont je montrerai, répé* tait-^il , que je suis satisfait non-seulement de lui , mais aussi du marquis et du prince et de tous ces seigneurs, puisqu'il vous parait que cela est convenable ' . i>
Le comte d'Egmont arriva enGn à Madrid dans les premiers jours du mois de mars. Philippe H le reçut avec la plus haute considération, et l'exemple du souverain fut naturellement suivi
1 Cwrrtapmdancê de Philippe U, (. !««, pp. 333, 340 et 342. Il convient de citer aussi uue lettre du 24 février, dans laquelle Tomàs Àrmenteros, répondant à Gonçalo Ferez, traçait le portrait du comte d'Egmont : « Je vous dirai les qualités du personnage et les dispositions danslesqueUes je le crois à présent : pour le passé, on en sait là-bas plus que moi. Il est homme bien intentionné, et assez présomptueux, quoique flamand ; il se laisse aisément aller à tout ce que veulent les personnes qui ont du crédit auprès de lui ; avec les autres, il est très-réservé. 11 fait profession d'être trèsdroit et très-ferme , comme en effet il Test en beaucoup de choses , et le seigneur prince d'Eboli, chez lequel il a dit qu'il se proposait dallei loger, et en qui il paraît avoir beaucoup de confiance, pourra facUement l'amener à ce qui paraîtra convenir au service du roi. Le mieux sera, pour beaucoup de raisons , de le renvoyer promptement. » Ibid., t. I'^,^ p. 343.
LES PAT&-BA3 SOUS I^UlUrrE If.
par les seignears de la cour. Le roî se montra assez empreâsé de VËûii au secours d^s finaûces des l*ujs-Bus, ohèsita i^as dod plus ù répoadre catégoriquement que les prégarâùfs ém Tares remptkheraient de se rendre aue année même daoa ces pfi^ vinces , mi\ts se montra plus réservé sur les poiols qui concer^ naicjil la religion '. H désira prendre l'avis |>réalab!e des principaux théûto|gieEis de ses États ; il les r^unil à cel effet, el les consulta sur la lil)çrtôde conscienee réclamée d une manière si pressante dans îcis Pays-Bas, Ceux de ces docteurs qui s étaîeol ren<lu compte de Tétutdo ces [>roviaces assurèrenl le monarque quJl pouvait Caire des roncessîaus^ elles étaient nécessaires^ croyaient-ils, ]K}ur éviter les maui plus graves qui résuîteraîeol d'une révolte des jieuples contre VautorUé royale et l'ËgUsecalho* tique. Mais Phl)ip[ e H se récria : il ne les avait pas convoqués^ repartit-il, pour savoir s il lui était ijermis d octroyer la liberté de conscience, mais bien pour s'assunfr siJs lui pr^smvaîest nécessaire^nent de la décréter* Lorsque les théologiens loj eiuent déclaré que ce ctimntanderaent n'eûtrait pas dans letjrs inïaîi- Lions f Philippe se prosterna devant un crucillx en s écriant i « Je te i^rie, grand Dieu , souverain de tous les hommes, que ii tu me fasses ^lersévérer toujours dans la résoiuti0n que jai « prise de no consentir jamais à être appelé le maître de ceux *i qui te refusent pour leur seigneur'* » Sa détermination fut, dès ce moment I irrévocable ■ mais, avant de la faire connaître au comte d'Ëgmont, il chercha j)i gagner par des grâces personnelles ie capitaine illuslro dont ii avait sondé depuis leuëtemps le
1 La pdnee d'Orange, qui tenait ses iafonDattous du comtct d^Ë^wml
|[*i-méme. transmît ces détails à son îrèvo Louis d*3 Nassau , îc 3 avriJ , il lui mandait que le roî venait d'eovoycr dans les Pays-Bas SOO.OOO 6eu9« é^pchivcs (iif ta taaiâon d'Orat^ge^Ntmgau, t* I**, p. aS8.
* StraU^dit tenir c^ranset pi emeols d'ita de»docleufs qui assîstèreiil auCônseîL Dû ùelh bclfjico, lib. IV*