LIVRE IX
seigneurs, soit pour les apaiser et détruire les craintes que leur iospirait l'annonce du retour prochain de leur adversaire. La conomunication d'Armenteros coïncidait, en effet, avec l'époque où cette rumeur avait pris la plus grande consistance. Philippe II entra dans les intentions de sa sœur. Le 22 octobre, il écrivit, de sa main, au cardinal une nouvelle lettre où, alléguant la persistance de la haine qu'on lui portait en Flandre, il lui exprimait le désir que, pour le moment, il n'y retournât point et même qu'il s'en éloignât davantage. C'est pourquoi il l'engageait à aller se fixer à Rome, où il serait, disait-il, avec plus d'autorité et où il pourrait lui rendre plus de services que partout ailleurs. Mais cette nouvelle décision ne pouvait que mécontenter le cardinal, sans avoir aucun effet sur le parti qui lui avait résisté dans les Pays-Bas.
L'opposition , victorieuse d'un ministre puissant , allait maintenant s'attaquer avec plus d'énergie encore au principe même de tout le système politique de Philippe II. Elle allait combattre l'oppression religieuse et provoquer ainsi les événements plus graves et plus décisifs qui signalèrent les dernières années de la mémorable administration do Marguerite de Parme.