‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 2 sur 198 · LES PAYS-BAS SOUS CBARLES-QUINT · texte numérisé non relu

LES PAYS-BAS SOUS CBARLES-QUINT

Marie de Hongrie reconnue par les états généraux des Pays-Bas comme la lieutenante de l'empereur. — Nouvelle forme du gouvernement des Pays-Bas.

Marié d'Autriche, née le 13 septettibre 1505, danslcichàteau de Caudenberg, à Bruxelles , fut tenue sur les fonts de baptême par l'empereur Maximilien , son aïeul , et par la veuve de l'illustre Engelbert de Nassau '. Elle était la troisième fille issue du mariage de Philippe le Beau, héritier de la maison de Bourgogne et souverain des Pays-Bas, avec la descendante des rois Catholiques, Jeanne de Castille et d'Aragon. Elle ne connut jamais son père, qu'une mort prématurée enleva à Burgos , le 25 septembre 1506, ni sa mère, dont la faible raison , déjà troublée par la jalousie, fut anéantie par ce cruel événement. Jeanne de Castille, qui avait suivi son époux en Espagne, y vécut plus de quarante ans encore dans l'isolement d'un cloître et dans un état de prostration morale qui ne lui permettait point.de veiller sur ses enfants. Ceux-ci, désormais orphelins, furent élevés dans les Pays-Bas sous la tutelle de l'empereur Maximilien, leur aïeul, et par les soins et l'active sollicitude de leur tante , Marguerite d'Autriche , dont l'admirable prévoyance contribua certainement à préparer un des plus grands règnes de l'histoire moderne.

La jeune archiduchesse passa ses premières années dans l'ancienne résidence des ducs de^ Brabant à Louvain avec son frère alné^ qui porta 9i glorieusemeot le nom de Charlea-Quint, et ses trois sœurs, Élëonore, Isabelle et Catherine *. Celles-ci étaient

1 PoNTUS Heuts&uSi Rerutn beïgicarum libri quindecim (Anvers, 4598, in4«), p. 275.

' LVchi^uc Ferdinand, né à Alcala de Henarez, fut élevé en Espagne

VIE DE MARIB DE HONGHIE. 5

destinées à servir un jour la politique de leur frère et à favoriser l'influence ouragrandissemafit de la maison d'Autriche. Ëléonore dut épouser suocessivemeot Emmanuel le Grand , roi de Portugal, et François l**, roi de France. Isabelle fut envoyée dans le Nord, où elle devint la compagne dévouée et malheureuse de Christiern II, tyran et réformateur du Danemark. Catherine maintint lea étroites relations qui existaient déjà entre les deux parties de la Péninsule ibérique, en devenant la femme de Jean III, successeur d'Emmanuel le Grand. Quant k Marie, dès l'an 4512, l'empereur Maximilien avait projeté son mariage avec l'héritier des couronnes de Hongrie et de Bohême.

Ce prince, Louis II, n'avait que dix ans lorsque, en 4516 , il succéda à son père, Ladislas IV. GontiQuateur de la politique de son aléul, Ghartes^Quint fit accomplir en 4524 le mariage projeté, et, dans le but d'acquérir plus sûrement à la maison d'Au* triche les deux royaumes de Hongrie et de Bohême, il fit célébrer en même temps le iQariage d'Anne Jagelloo, sœuruaiquede Louis II, avec Tarcbiduc Ferdinand , auquel il venait de céder rAutricfae, la Styrie, la Gamiole, la Garinthie et le Tyrol.

Une catastrophe terrible allait justifier les prévisions de Gharle»<}uint, et Ferdinand devait joindre bientôt l'héritage des Jagellons aux possessions héréditaires de la maison d'Autriche en Allemagne.

G'était l'époque oii la puissance ottomane, oonsidératdement accrue par Sélim I*', allait parvenir à son apogée sous Soliman le Magnifique, digne d'être le contemporain et l'adversaire de Charles^îuint. Huit années suflBrent à Sélim l*' pour incorporer à Tempire turc l'Arménie, Ja Syrie, la Palestine, les villes mari-

9003 les yeox de Ferdinand d*Aragon, son aYeul maternel. II avait quinze ans d^ loraqtie son fràre, étant venu prendre posseseion de la Gastille, le fit paseer dans les Pays-Bas.

LES MYS-BAS iOUi efl&IIKEλ»QL'lXT.

tlmes de \n mer Rouge, une partie de l'Anibie et l'Kgypte tout enlière. En renverront l empire des Slamelucks et la dynastie dei Abossides, te sultan des Ottomans avait anéanti la seule puis^ sance qui pût, avec les princes chrétiens , s'opposer à ses pro* grès, La mort seule Tempécha de tourner ses armes victorieuses cantm l'Europe et de renverser les boulevards de la chrétienté, en envoyant ses galères contre llle de Rhodes, ses sijahis et ses redoutables janissaires contre les provinces arrosées par le Danube, contre le royaume de Hongrie qui, de ce c6ié, « faisait frontière n à l'Allemagne*

Ces projets, déjà conçus par Mahomet II, furent repris, avec une incomparable vigueur, par SoHman qui se hâta d'en commencer Texécution, .tandis que Charles^uint et François 1*^ consumaient leurs forces en Italie et sur les frontières des Pays-

B. Pour son coup d'essai , le nouveau sultan conquit la Bosnie et s'empara de Belgrade. Il dirigea ensuite contre TMe de Bhodes une Immense armée navale. Les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, ces défenseurs immortels de la chrétienté, résistèrent héroïquement pendant six mois; mais, ne recevant aucun secours et succombant dans une lutte inégale, ils dui^nt finir par capituler. Les suggestions de François l^ ramenèrent bientôt Tattention du sultan vers les pays limitrophes de lEmpiro.

Il parait a%-éré que, du champ cfe bataille même de Pavie ou du fond de sa prison de Madrid, François I" réussit à demander secrètement à Soliman une divei'sion contre Tempei^ur. Un nob(e Hongrois servit d'intermédiaire entre les deux antagonistes de Charles-Quint. Il s'agissait d amener les Ottomans dans la Carniole et la Styrie, provinces dépendantes de rAutriche, Mais Soliman, après avoir fait d'abord quelque dommage de ce côté, résolut de conquérir la îlongrie même. En 152(3^ lorsqu'il eut passé le Danube avec uae armée de deux cent mille hommes, le jeune rei ne se livra pas au découragement. Suivant une antique

coutume, il fit porter de ville en ville, de village en village, un sabre ensanglanté, pour appeler au secours de la patrie tous ceux qui étaient en état de prendre les drmes. Cependant il ne put réunir sous son commandement direct qu'une armée de trente mille hommes, et il n'avait aucun secours à espérer de l'empereur, son beau-frère, dont les forces étaient alors employées à combattre la ligue qui s'était formée contre lut entre la France et rilalie. Louis II proposa sagement de sa tenir sur la défensive, jusqu'à ce qu'il eût pu opérer sa jonction avec les troupes bohémiennes, qui venaient à son aide, et surtout avec un corps de quarante mille hommes que conduisait Jean de Zapoloya, vay vode de Transylvanie. Un moine franciscain, Paul Tomorri, archevêque de Golocza, avait été placé à la tété des troupes hongroises. Encouragé par de légers succès, il flt rejeter la proposition du roi, et les magnats impatients entraînèrent leur souverain dans les champs funestes de Mohacz, ou, le 29 août 1526, vingt-cinq mille Hongrois essayèrent de lutter contre cent quarante mille Turcs commandés par Soliman. Le roi brilla au premier rang par son héroïsme : avec trente-cinq chevaliers, il pénétra jusqu'au poste occupé par le sultan et tua plusieurs de ses gardes. Mais l'inégalité des forces était trop grande. Les Hongrois furent exterminés ; ils laissèrent sur le champ de bataille vingt-deux mille hommes, parmi lesquels sept évéques, vingt-huit magnats, et cinq cents nobles de moindre qualité. Les Turcs ne voulurent garder que très-peu de prisonniers; en revanche, ils coupèrent deux mille tètes, parmi lesquelles se trouvaient celles de l'archevêque Paul, de six autres évéques et d'un grand nombre de nobles : ils les attachèrent, comme des trophées de leur victoire, devant la tente du divan.

Louis II, entraîné par les fuyards, s'était trouvé bientôt dans une plaine marécageuse, où coulait un petit ruisseau quïl fallait franchir. Malheureusement le cheval, monté par ce prince, était

6 LES t^ÂTS-BAS SOUS CUAFiLiS-QUINT*

lourd et surchargé d'ornements ; en sVITorrant de gagner la p!Î" opposée, il tomba sur son cavalier. Un seigneur siJésien» qui avait précédé le monarque, le tira hors du marais et s'cmpi^ssa de lever la visière du casque; mais Louis ÎI était ble&sé mortellement, ci il expira an bout de quefquas minut<?8. Comme les Turcs s'avançaient avec rapidité, le corps fut abandonné. Deux mois se passèrent avant qu'on eût découvert la dépouitle mortelle du dernier roi de Hongrie et de Bohême, et qu*on eût pu lui donner la sépulture à Bude, d'où les Turcs venaient d'enlever les plus belles statues pour on décorer Thippodrome de Con- Planlinople *.

Tel fut l'immense désastre dans lequel Marie d'Autriche perdit tout à la fois un trône et un époux. Elle avait aimé d'un amour profond le jeune héros qui venait de succomber à Mohao^ \ do

' BicaoiTz, Ceschichle der Begtemng Fiït^inat^ ik$ Brsien IVionûe, 4aaiH833, 9 \'9l ia-8")p t, liï, p. (5Û-(60, et Hiêloir^ d? k maimn iCÀntrichât par W. Coxk, traduite de ranglaîs par P, P. Henry [Paria, tSiO), L It, p. 36< el suîv. ^ Sur T(>3 rclatians do François 1" avec Soliman > il faut consuUer les documeoUcïfllcieîs rassemblé;? par SI* E. Chamère, dans \e& NégoôUiihnt ^0 la France dafiâ k L&vani, rocueil qai fait partie cte la grande collection dt^s Documctiie inédits sur l'hiëtoire de France* ^— a \jûf& bataille^ dit L. lUnkc, livra la Hongrie à Soliman^ et dt!3 lors il parcourut ce pays (e^eël^-dire les provinces méridionales) ausst librement que son propre empire.^». Od comptait avec élonnemont et avec terreur, eùus sa domination , trente royaumes dont le littoral formait près de huit mille milles de longueur, il prenait le ttlro d'emî^creur des empereurs, de prince d^ prinee^, de diiitiibuteur des couronnes du monde^ d*ombîiTdo Dieu sur les deuit parties du monde, de dominateur de la mer Noire et de lu mer Blanche^ de TAsio et de TEurope, »» Histoire des Oimaidiê et de ta }mftairhk espesj^nok pendant les xvi* et xvïi<^ êtéchSt traduite de ralielïiandt par H. S-B. Haijeu (raris, ^839), p. t\.

' Out'll^^^ jourç après «voir été couronnée à Prague comme reme de Bohême, le ^îjuin I&22, Marie d'Autriche écriv,Tii a h prin''f*?se de Chimny ■.

même qu'elle s'était attachée aux belliqueux Hongrois, dont elle partageait les exercices chevaleresques. Pendant Teffroyable bataille, où se décidait le sort de la Hongrie, la jeune reine se trouvait à Ofen, avec Alexis Thurzo, évéque de Wesprim, et les envoyés du pape. En apprenant la défaite des chrétiens, ils se réfugièrent à Vienne, dont les habitants consternés attendaient en tremblant l'approche des barbares victorieux *.

Louis II, n'ayant point laissé d'enfants, l'archiduc Ferdinand réclama son héritage en vertu d un double titre : d'abord son mariage avec Anne Jagellon, sœur unique du feu roi ; en second lieu, les pactes de famille qui assuraient à la maison d'Autridie la réversion des couronnes de Hongrie et de Bohème. Marie d'Autriche surmonta sa douleur pour favoriser les prétentions de son frère. Elle présida elle-même, dans ses habits de deuil, la diète de Presbourg, qui décerna à l'archiduc la couronne de saint Etienne que lui disputait le vayvode Jean de Zapoloya.

Comme Ferdinand était obligé de se partager entre la Bohème et la Hongrie, Marie d'Autriche consentit à le suppléer pendant son absence, en gouvernant pour lui la partie de ce dernier royaume qui le reconnaissait. C'était accepter une bien lourde charge que de diriger cette nation étrange (ainsi que la jeune reine disait des Hongrois), et surtout de retenir dans le parti de Ferdinand des seigneurs fiers et nécessiteux , car la plupart avaient perdu leurs biens dans la dernière guerre. Aussi conjurait-elle, pressait-elle son frère de lui envoyer de l'argent, afin qu'elle pût satisfaire aux exigences et aux besoins de ses partisans, résister au vayvode de Transylvanie, son comp^teur, et repousser les agressions des Turcs. Le 49 février 1527, elle lui

• Me puis et ose vanter que j'ay le parangon des maris. » Huflel'ms de la commission royale d'histoire, 4re série, t. Xî, p. 223. ' BucvoLTz, aper. cit., t. IIF, p. 160.

8 LES PAVS^ÛAS isOtS €LlAALt£S-QL'l>T.

écrivit de PresboQrg qu'elle prévoyait qu'il perdjuit tous veux de son paru, car, attendanl vainetucnt. J'argent promis, ils seraient entraînés par le désespoir vers le vayvode- Voyant donc qu'elle ne pouvait plus lui rendre aucun service, elle le priait de la décharger de la direction de ses affaires, pour ne pas avoir !ii honte de devoir so retirer, honte qui d'ailleurs retomberait sur iui. L'archiduc n'acquiesça point à cette demande , et lui fit de nouvelles promesses, qu'il ne sut ou ne put paa tenir. Ses lenteurs déterminèrent enfin k défection d un de ses principaux partisans, le ban Bathiani, La reine lui manda que ce n'était |>oint sa faute, puisqueîle lui avait déjà fait payer josqu'à 8,000 ducats, qu'elle le suppliait d'ailleurs de lui rembourser, afin quelle pût les rendre à ceux qui les lui avaient prêtes, faute de quoi, disait-elle, elle devrait vendre ses joyaux et sa vaisselle dentelle dvait cependant grand besoin. Elle conseillait à Feitlinond de quitter la Bohi^me et de venir ^n Autriche pour engager ceux qui voudraient encore le servir à prendre courage. Quant à elle, comme elle ne voyait point qu elle pût lui rendre encore quelque service en Hongrie, quoiqu'elle eût fuii tout ce qu'elle avait pu, malgré ce qu'en disaient les gens qui étaient auprès de lui, elle le priait itérativement de lui donner congé, afin qu'elle pût se retirer oU il le voudrait. Celte admonestation avait été écrite le H mai io27. Ferdinand répondit le 1 i qu'il se proposait de partir dans huit jours pour Vienne. Faisant ensuite allusion aux plaintes de sa sœur^ il lui donnait l assurance que i^ersonne de ses gens ne lui avait jamais dit qu'elle gérait mal les ulfaires, ni aurait omi k lui dire, étant bien persuade du contraire ; que, puisque les mf^ecins lui conseillaient pour sa simté de changer d'air, elle pouvait choisir Tendroit qu'elle dMrait; il la priait seulement, au cas qu'elle s éloignât, de vouloir fout disiioser pour que Icsi affaires n en soulTrissent point. Bientôt Ferdinand entra en Hongrie, pril Bude et tirU, au moi^j de ft^vrier 1528, ime dîplo qui

VIE DE MARIE DE HONGRIE. !l

confirma soo élection. Il fut résolu qu'il se rendrait de nouveau dans ses autres États, afin de rassembler leâ troupes nécessaires pour combattre le vayvode, mais à condition de laisser dans le royaume une personne capable de commander pendant son absence. Les Hongrois ayant exprimé le désir que ce fût la veuve du dernier roi, Ferdinand transmit ce vœu à sa sœur. Marie de Hongrie, alors en Autricbe, répondit que, quoiqu'elle désirât vivement pouvoir le servir, elle se sentait si peu capable d'exercer la régence qu'elle n'osait s'en charger, qu'il fallait à cet effet une personne^ et plus sage, et plus vieille qu'elle. Bien que l'archiduc eût répliqué que ces raisons ne lui paraissaient pas suffisantes, Marie de Hongrie persista dans sa résolution et continua à résider en Allemagne, tantôt à Lintz et tantôt à Passau ; elle consentit seulement à servir d'intermédiaire entre le roi, son frère, et le conseil de Hongrie. Ce rôle lui permit d'aiguillonner sans cesse l'archiduc, de lui faire connaître avec la plus grande sincérité les plaintes des Hongrois, de l'engager à tenir les promesses qu'il leur avait faites et à revenir dans le royaume, toujours menacé par le vayvode et par les Turcs. Le 1 3 juin 1 529, elle écrivit à son frère qu'elle le félicitait du fils que sa femme venait de mettre au monde : » Puisque Dieu; ajoutait-elle, lui faisait la grâce de lui donner tant d'enfants, il était bien essentiel qu'il travaillât à conserver ses royaumes et ses pays, mais qu'elle voyait beaucoupde difficulté à conserver celui de Hongrie, à cause du mécontentement du peuple, et contre lui, et contre ceux qui l'avaient induit à l'élire pour roi *. »

' Ces particularités ont été puisées dans les Notes analytiques du comfe PB WyNANTs, directeur des archives impériales de Bruxelles, à Ja fin du xviH« siècle, sur la correspondance de l'archiduc Ferdinand avec la reine de Hongrie, depuis le 3 janvier 4527 jusqu'à la fin de Tan 4531 . Je dois la communication de ces documents à Tobligoance de M. Gachard, archiviste pénéral du royaume de Belgique.

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LES PATS-BAS SOtlS CUABl.ËB-OlU.'VTi

La jeunesse, la beauté, fe rang élevé de la veuve de Louis It ne pouvaient manquer d'attirer des prétendanls \ Plusieurs princes aspirèrent à sa main. On remarquait surtout le frère de réJecteur palatin, ce comte Frédéric qui naguère avait conçu une pasaion romanesque pour rinfante Éîéonore et avait ménip obtenu de cette princesse une promesse de mariage, que Charles, déjà roi d'Espagne» fil rompre avec éclat. Le comte palatin, dont le dévouement à la maison d'Autriche ne s^était point démenti» uourriasaîtrespoir d'être plus heureux dans ses nouvelles prétentions, car il était encouragé maintenant par l'archiduc Ferdinand et par l'empereur lui-même '. Le refus de la veuve de Louis 11 fut inébranlable i on prétexta un désaccnrd sur certains articles du contrat; mais la véritable cause de la rupture tut sans doute la résolution prise par Marie dVVulriche de rester fidèle à la mémoire de son époux» de ne jamais se remarier et de ne plus quitter les signes de sa viduité ^

Elle avait déjà décliné» quelques années auparavant, la proposition que lui faisait l'archiduc Ferdinand d'accepter la main de lacques \^ roi d'Ecosse. L'archiduc lui écrivait^ le 28 juin i528,

I n Elle denieura veufve fart |aua@ et très-belle, dit Ui'autdnie, et mqIqu '^^ }x>rlraiU quo fn^^ veuâ, qui la ropr^scatent telle » ne luy doniuint aucune chostî de \a\û cl aquoy reprendre, siuon sa grande boucho et aclvancée à la mode d'Autriclie. « Vte$ des dam^» itimlrcê, françoisen eï

* IveLlre du comte palatin remis© par lui k rcmpcreur, en janvier 1S3J. Con^spQndms des Kaisers Karî F» auà dem KSnigtkhen Ârchiis und dtr Bibliothèque de Bow^ogne jh QrUMsel mUgeîheiii, i^oti D>^ K\fiL La.xt; (Leipzig, 4il4), vqL 1er, p. 4^9.

' « Celte vertueuse princesse, dès mn vmi^itgc, rejetant toutes pïiruit?s, darurc£»T brodures, recamureSt Touîut, pour le surplus de *a \iQ, retenir le tijO{)lc V4*istir des femmes vefvetî. « Sermon ftaièhre de. la trirtfl Marie de ffoftgrie, par Fi» Hiciaiidot, év^^qnede Nicople. BiilTfflgflnt d'Arnisf^fiTieri, Christ ftpblf^ ricin! in. petit in fol , MDLIXï, p, i5.

VIE D6 MARIE DE DONGRIE. 'fi

qu'étant encore jeune, elle ne devait point rester veuve ; que le roi d'Ecosse, prince de dix-neuf à vingt ans, quoiqu'il ne fût pas des plus riches, lui convenait fort, parce que son royaume n'était éloigné ni de l'Espagne ni des Pays-Bas, et que ce voisinage ferait un grand bien aux affaires de l'empereur, qui désirait beaucoup ce mariage de même que la duchesse douairière de Savoie, gouvernante générale des Pays-Bas ' . Mais la détermination de Marie d'Autriche était dès lors irrévocable.

Tout en renonçant à contrarier le vœu solennel de sa sœur, Charles-Quint ne consentit point è la laisser dans une condition privée. Plein de confiance dans la capacité et dans le caractère ferme et décidé de Marie de Hongrie, il se proposait de l'élever à une autre position qui lui permit de coopérer activement à ses grands desseins. L'occasion qu'il attendait s'offrit à la mort de Mai^uerite d'Autriche, dont la vie si bien remplie s'était terminée à Malines, le i^ décembre 4530. C'était là, selon les expressions des ministres de cette princesse, une grasse perte et pour l'empereur et pour tous ses pays et sujets des Pays-Bas, que la sceur de Philippe le Beau avait si habilement dirigés pendant près d'un quart de siècle. Charles-Quint, qui appréciait mieux que personne toute l'importance des Pays-Bas ainsi que les difficultés résultant de leur organisation politique, prit immédiatement la résolution de confier ce « grand et laborieux gouvernement n à une autre princesse belge, à la veuve du roi de Hongrie et de Bohème.

Il chargea son frère, l'archiduc Ferdinand , de communiquer ses intentions à Marie de Hongrie. Ferdinand connaissait la répugnance de sa sœur à cet égard, car, dans l'entrevue qu ils avaient eue à Augsbourg, elle l'avait prie, au cas que le gouvernement

' On ne connaissait point ce détail qui a été révélé dans l'analyse de la correspondance de l'archidur Ferdinand avec la reine de Hongrie, etc.

LES FAVS-DAS SOUS ClllRLES-QLIST,

des Pays-Bas devint vacant, et que l'empereur jetâL les yeux B\if €\l^ , de j'en ddtoiirner* Toutefiiis rarehiduc écrivit h sa sœur/i de fîitcbamch, le 13 décembre, querempereur venait d'apprendra j la monde Tarchiduchesse Marguerite, et que très-probablement j elle serait appelée h remplacer leur tante. La reine lui répondit] fie Krems, le t6 du même mois, qu'elle trouvait beaucoup da }>our et de contre dans le projet de lui confier le gouvernemenl 1 des Pays-Bas, et qu'elle lui soumettrait ses objections lors dej leur prochaine entrevue* Le 2&, l'archiduc lui fit savoir que saj nomination était a peu près résolue V . ,r

Charles-Quint était alors à Cologne où les princes électeurs^i iju'il y avait appelés^ venaient, sur sa proposition, de conférer à | l'archiduc Ferdinand la dignité de roi des Romains. Le 3 janvier ihZïj Tempereur fit connaître lui-môme à sa sœur qu'il ^ rappelait à un postedigne de ses grandes qualités. Il lui mandait qu1l ne pourrait trouver personne plus capable qu'elle de raider h supporter le gouvernement des Pays-Bas. Il la priait, en conséquence, d*accepter cette charge, pour lui faire plaisir^ et de se mettre en route le plus tôt possible afin qu'il pût conférer avec elle sur la marche à suivre et aviser aux pouvoirs qu'il lui laisserait. Le |>euple des Pays-Bas, qu'il avait pressenti sur ce choix, le verrait, ajoutait-jl, avec satisfaction. Il rappelait cnsuito que^ dans Tentrevue qu'ils avaient eue à Augsbourg, au mois de juin précédent, ils s*étaient entretenus des nouvelles sectes. La reine lui avait fait entendre depuis qu'elle craignait que son orthodoxie ne fût suspectée* «Si j'avais k cet égard le moindre soupçbn, flisidt Charles-Ouint, non-seulement je ne vous confierais point le gouverneinont des Pays-Bas, mais je ne sais si je saurais ou pourrais encore vousairaerdun amour fraternel n 11 avait pleine eonfiancc m elle, mais non dans ses serviteurs, ■' Bn Altomagne,

» Ce« détails siut puis**; ûan* le? nolç* jn^gh tiqiiçe du comtede Wfnantï**

poarsuivait-il, on souffre et on tient pour léger ce qui parait fort grave dans les Pays-Bas et ce qu'on ne peut y souffrir; les nouvelles doctrines n'y ont été extirpées ou contenues qu'à force de châtiments. Or, si d'aventure vous y ameniez des gens infectés d'hérésie et que l'on suspendit les punitions, vous auriez toute la responsabilité. D'ailleurs, les habitants des Pays-Bas n'aiment point à voir des étrangers autour de ceux qui les gouvernent, n Il engageait donc la reine à laisser en Allemagne ses principaux serviteurs, principalement ceux qui pourraient être suspects d'attachement aux nouvelles doctrines. On lui avait signalé comme tels son maître d'hôtel, son chambellan, son prédicateur, son aumônier et sa dame d'honneur. Il lui indiquerait lui-même les nouveaux serviteurs qu'elle devrait choisir dans les Pays-Bas afln d'en contenter les habitants ' .

Du reste, ce n'était point la première fois que l'orthodoxie de Marie de Hongrie était exposée à des soupçons. Quelques années auparavant, en 4537, elle avait reçu des avertissements non moins graves de la part de son autre frère, l'archiduc Ferdinand. Luther avait dédié un de ses ouvrages à la reine de Hongrie. Ferdinand communiqua un exemplaire de cet écrit à sa sœur en lui demandant des explications Elle répondit le 45 avril 4527 : «< Je ne puis défendre à Luther d'écrire ce qu'il veut, à mon avantage ou à mon désavantage, comme il a fait à beaucoup de princes de la chrétienté lesquels ont dû le tolérer, car ni vous ni l'empereur ne le pourriez non plus empêcher. Mais je puis bien vous assurer que j'ai ignoré ses intentions, et qu'il a émt son livre à mon insu et sans mon consentement, comme vous pouvez vous en convaincre par le prologue. A

1 Cette lettre, si remarquable à plusieurs égards, était tout entière de la main de Charles-Qiiint. EHe a été insérée par M. Gachard dans ses Anaiectes helgiqnes, p. 384.

LES f^VS-BA^ I^VS CnKnhE^QmHX.

IUpu no t>liiistr, ajoutait-elle, que je fasse chose qui doive iliminuer b bonne ronouimce de nos maisons, coramt^ Je «>upjK)âe n avoir foit jusqu'à présent, et j espère en Dieu le tout-puissaal quil m'oEi préservera et me donnera la grâce de demeurer bon^e chrétienne* j^ Ces explicalions ne salisûrent pas entièrement l'archiduc Ferdinand. Il écrivit à sa sceur une nouvelle lettre datée d'Olmutz, le vendredi saint i9 avril : « Je sais bien que nous ne pouvons ni vous ni moi eûipécLcr Luthex d'écrire ce qui lui pldt ^ mais j'espère qu'il ne m adresssei^a jamais un livre oii il me louera de ce que je garde et maintiens sa doctrine, qull apijclle ï Évangile, toutefois, je ne doute point que vous, en sage et vertueuse princesse, vous ferez ce que voua devez faire, comme vous m'avez écrit. C'est pourquoi je ne reviendrai plus îà-dessus ] seulement je dois vous supplier d'être attentive, relativement à deux points, sur lesquels vous ne m'a%'ez pas répondu, à savoir, sur la lecture de*s livres luthériens imprimés à Anvers, et sur le soin qu1l faut prendre pour que les personnes qut vous entourent se comportent de manière que vous n'acquériez point la réputation d'être bonne luthérienne, comme aucuns commencent à craindre et à dire* n Marie répliqua le 29 avril ? n II y a longtemps que je n'ai lu les livres de Luther, et, ayant égard à votre avertissement, je me garderai bien de les lire encore. Quant à mes serviteurs et servantes, certes, je verrais volontiers celui, ceux ou celles qui pourraient dire que, avec mon cou son te ment, ils eussent fait cliose contraire à notre foi. Et pour ce qui me regarde personnel* le ment, demandez donc à ceux qui craignent tant pour mon salut quelle chose j'ai faite qui soit défendue à une bonne chrétienne, et en quoi j'ai enfreint les ordonnances de TEglise? Il est vrai que j'ai mangé chair en carême, mais néanmoins je ne pense pas avoir conta'ïvenu aux règles, car ceux qui nVentouraient peuvent dire que j'y ai été contrainte pour échapper ^ une bonne maladie. )» Tous œs méchants propos pourraient bien venir,

ajoutait- elle, d'ennemis qui veulent troubler notre union '.

Ces nouvelles explications, si nettes et si catégoriques, rassurèrent sans doute Tarchiduc, car, dans une dernière lettre, datée de Schweidnitz, le 24 mai, il disait à sa sœur : » Connaissant depuis longtemps vos sentiments, je demeure entièrement satisfait de vos explications, et je suis dans la pleine confiance que votre conduite sera d'accord avec vos paroles. D'un autre c6té, je vous prie de croire que le monde entier ne pourrait réussir à faire naître en moi la plus légère défiance ou mauvaise volonté à l'égard de votre personne, et je demeure convaincu que vous êtes du môme avis en ce qui me concerne '. >»

Le nouveau roi des Romains avait joint ses instances à celles de Charles-Quint pour engager sa sœur à accepter le gouvernement des Pays-Bas. Il lui écrivit de Cologne, le 9 janvier 4531, que l'empereur lui envoyait le seigneur de Boussu, son sommelier de corps, pour l'accompagner ; ce qu'il aurait fait plus tôt, ajoutait-il, s'il ne s'était trouvé daus l'obligation de pressentir d'abord les dispositions des états des Pays-Bas. Il suppliait la reine de ne point refuser, bien qu'il se ressouvint de ce qu'elle lui avait demandé naguère à Âugsbourg , que si une pareille éventualité s'annonçait, il ferait en sorte de l'empêcher. La reine répondit enfin, le 29, qu'elle acceptait la charge de gouvernante, mais uniquement pour obéir à l'empereur et au roi des Romains ; qu'elle hâterait sa venue, mais qu'elle n'avait pas assez d'arjgent pour faire le voyage. Elle priait en conséquence Ferdinand de

* Les lettres analysées cîKlessus so trouvent dans BucnoiTz, oper. cit,, t. IX^ pp. 44 et 42.

' Bucboitz n'a point publié cette dernière lettre; mais elle se trouve traduite en anglais dans Touvrage intitulé : Correspondence of the empêror Charles V and hiê amboisadorê at the courts ofEngland and Francty from the original letters in the impérial family Archives at Vienna, etc., edited by William Bradford (London, 4850), p. 244.

i<* LKS PAVâ-BAS SOUS iJIAMLtS-^jlTjNT.

lui en faire donrmr de ce qui lui était dû \ l>u rmie, Marie de lioEgrie n'ûcoepta qu'avec la plus grande répugnaaee l'emploi difficile que Charleâ-Qiiint lui imposait. Avant de donner son consentement à 1 empereur lui-même, elle exigea de lui la promrsse qu1l ne la forcerait point h se remarier, el, en outre, qu'il ta délivrerait bientôt d'un fardeau qu'elle ne pourrait sup|K)rter longtemps parce qu'elle était débile, pur suite d'un cmHmtëf tf^eniblement de cœur. Four ne laisser aucun doute sur Im sentiments de déférence qui dirigeaient sa volonté, en cette occasion, et) d'autre part^ pour obtenir plus vite un successeur, elle fit, en présence de Charles-Quînt, le vœu solennel de ne point conserver les grandes fonctions qu elle se résignait h exercer temporairement '.

L'empereur se rendit bientôt dans les Pays-Bas afin de mettre ordre, par sa présence, aux affaires les plus importantes et do préparer i avènement de sa soeur comme gouvernante géné-

' Correspondance de j'arcUiduc Ferdinand avec lojeine de Hongrie.

• a ,♦., Vnslre MnjesLé srjalt et est très-bien itiémoriïtif, que nu corameiio cément qu'il pleut à V. M. me nioctfe eiî vivant d*ent reprendre ce goum vemeraent, les excuses que lors je Ils de mon insuffisance pour icelluy, 9 ot que uonoltôtantf pour dômotistrer à V. M« i'obéiâsance que lu y portots w et debvoi^, considôrant les ollcgatÎDns (aictea pur V, M.^ que n*y sç4)unà^ i SI proniptement pourveoîr d'aultre, estant nussy pur lors messieurs vqs M enfans en bas-eaîge, je acceptai la charge pour peu de temps jusques à ce

• que V* M* eusse treuTé aultre pour ce pouvoir taire ; de quoy dès lors je

• suppliay V. M, d'y vouloir pourveoîr le plu? Lot qulï vous soroit po&sibïe^ H me sentant tore dôbiïe de corps (6 cause d'un continuel trembleJTient de m cccur)^ de cerveau et cutendement pour continuer une telle charge* Et

■ pour asseurer V. M, que ne ie fa i soi s pour aultre Qn, et quVlle eusse

■ plus de rtuse dépenser à se pourveoir d*aultre, je fis en voslre présence « le vtpu à Dieu de n*y continuer*-*. « MbHc, reine douairière de Hongrie, h l'Empereur (fln d'iiûûl 1655), dans les Papiers d'État du eartlinai dr Cra a tWfe (Documents inédits sur IMlmtoire dr* France), t. IV, p. i70.

raie K Le 5 mai, Ja reine Marie, par une lettre datée de Gand, informa le roi des Romains qu'elle avait définitivement accepté la charge de gouvernante ; que l'empereur lui avait mis la corde au col; qu'eiie. trouvait les affaires fort embrouillées, et que si l'empereur ne les débrouillait ^ avant son départ, elle serait là bien chaudement. Quelque temps après, elle lui fit savoir que l'empereur avait réglé son traitement à 30,000 florins par an, comptant qu'elle devait en avoir S0,000 de son douaire *.

Le 5 juillet, Charles-Quint s'étant rendu avec la reine Marie au sein des états g^éraux, réunis dans la grande salle du palais de Bruxelles, messire Jean de Carondelet, archevêque de Palerme, chef du conseil privé, annonça à l'assemblée, de la part de l'empereur, que S. M. L étant forcée de partir pour l'Allemagne, d'où elle se rendrait ensuite dans ses royaumes de Castille, le gouvernement serait exercé, pendant son absence, par la reine Marie , qui avait bien voulu l'accepter. Cette information reçut un bon accueil, car l'assemblée remercia aussitôt l'empereur du choix qu'il avait fait de la reine, sa sœur, pour régente. Le séjour de Charles-Quint s'étant prolongé au-delà de ses prévisions, les états furent de nouveau réunis, en sa présence, le 7 octobre, et Tarchevéque de Palerme leur donna lecture de la commission de la reine, comme gouvernante des Pays-Bas et lietdenante de l'empereur ^

' « .... M*en vois à Bruxelles pour continuellement et à diligence bailler

• tout le meilleur ordre que pourray aux miens de par deçà, que, à la u vérité, requerroient plus de temps, et une plus longue présence ; toutes-

• fois, pour non délaisser ny délayer mon allée en Allemaigne, mectray «r ordre au plus bastif, remectant le surplus à la cbarge do la royne, « Dostre sœur.... » L'empereur au roi Ferdinand, 43 juin 4534. Lanz, Cknrêspondenz des Kmters Karl V, t. !•«■, p. 484 .

* Correspondance de l'archiduc Ferdinand avec la reine de Hongrie.

• Les titres officiels de l'archiducbesse étaient : » Jfarip, par la grâce de

If

Ï^IIAS ^OÏJS CHAHLCS-QCIîVT.

ChaHes-Quitit, i^n m<^me temps qu'il conférait à sa sœur la régence des Pays-Bas, avait, par de sages innoviiiions , agrandi ou plutôt fadlité Tact ion du pouvoir central Au conseil privé, qui avait été placé auprès de la duchesse douairière de Savoie etqui devait suffire h Texamen et h la déetsiofï de totjtes les affaires, l'empereur substitua, en 153^, trois collèges, entre lesquels U répartît les princi palesi attributious du gouvernement. Le œn- Beîi d'État, présidé par la régente, devait sbccu|ier des affaires politiques, de guerre et de paix \ prend œ connaissance des dépérhes de*! ambassadeurs; délibérer enfin sur toutes les matières intérefisaDt le gouvernement supérieur, la défense et la sûreté du pays. Le conseil privé avait la surintendance de la justice et de la police et donnait son avis sur les matières de grâce tTéserv<*r?s au souverain. Enfin, le conseil des finances, dont l'[>rganisi\tion fut complétée un peu pJus tard , avait la direction des biens domaniaux t^t surveillait Jcb agents chargés d6 la gestion des deni^a provenant des aides et subsides volés par \m états. Toi osti en abrégé, le pl^n du gouvernement qui, établi en 1531, subsista, sans de graves modificolions et aprtis rin succès de quelques autres tentatives, jusqu'ù U\ fin du règne de la maison d Autriche dauB \^ Pays-Bas •

Dieji, Heiiit* fit" Hon^m, de Bohême, cfe,. tjùHveritanie dcê Paffi-Has pour Su Majtfstt* Impériak et Catholique, et âa fimtimnnte. ^'

I] rVesl ps inutile de remarquer que, dans les pouvoirs conféré* a rarchiduc Ferdinand pour oxeroer 1@ vicariat mnùrai de l'Empire, sauf k's droits, ChuHçs^Ouiiit avilit formellement stjpulp qv^ ces pouvoirs ne >« rappor- E^ucrUqu'a la n^'tMLtf'-Allema^e, de m<iûière que les Etal?; des Pays-Bas ou de Ja Germunie inrérieuro en restaient excoptéa. {Archiva de ia sécrétairerle d'Klat de l'ÂIliinHigue et du Nor^L)

^ Voir' les miimoircs niantiscr it© sur lîi forme du gouvernomeot des Pays- B.1K, composes par le chef-préâldout IJovîoes, (?n icat, i4 ceax qui fureni rédigtw piu ]\i vif ojiili^dL* Wyuunls, en 47311.

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