LIVRE PREMIER (1556). 5b
d'une nouvelle guerre avec les Turcs ' . La paix avec la France «e n^ociapar Tintervention de la reine d'Angleterre ; elle envoya successivement à Bruxelles et à Paris le cardinal Pôle, et les démarches de ce ministre furent couronnées de succès. Charles- Quint et Henri 11 envoyèrent des plénipotentiaires à l'abbaye de Vaucelles, près de Cambrai. L'empereur et son fils y étaient représentés par le comte Charles de Lalaing, Simon Renard , Charles Tisnacq et Philibert de Bruxelles j Henri II par Gaspar de Coligny , amiral de France, et par Sébastien de l'Aubespine. Les médiateurs anglais étaient l'évéque de Winchester et le comte d'Arundel . Après des discussions irritantes, qui se prolongèrent pendant plus d'uD mois, les négociateurs renoncèrent à l'espoir de concilier déOnitivement les intérêts des deux parties ; mais voulant toutefois mettre un terme aux hostilités , ils proposèrent une longue suspension d'armes , pendant laquelle chacun garderait ce dont il était en possession. Henri II pouvait ainsi conserver, avec les États du duc de Savoie, les trois évéchés de Metz, Toul et Verdun. La trêve proposée fut conclue pour cinq ans , le 5 février 4556. Philippe II ne consentit à subir les conditions humiliantes résultant pour lui de cette convention que par déférence pour son père. Du reste, il ne pardonna jamais au principal n^ociateur , Simon Renard , l'échec que la maison d'Autriche éprouva en cette circonstance. Le comte de Lalaing fut désigné pour se rendre à Blois, et l'amiral de Coligny pour venir à Bruxelles, tous deux à l'effet d'être présents, chacun de son c6té, à la ratiGcation du traité ainsi qu'au serment, par lequel, d'une part, le roi de France, et, de l'autre, l'empereur et son fils, s'engageraient à en observer les conditions.
• Lanz, Correspondenz des Kaisers Karl V, t. III, p. 683. Du reste, dans une lettre datée de Bruxelles io 19 septembre 1555, Charles-Quint déclarait à son frère, à propos de la diète réunie à Augsbourg, qu*il ne voulait paie se mékr des querelles religieuses, Id,, ib., p. 683.
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Le 25 mars, ramiral Goligny arriva à Bruxelles avec un brillant cortège de seigneurs de qualité et de gentilshommes , parmi lesquels on distinguait l'évéque de Limoges, Sétiastien de l'Aubeflpioe, ambassadeur désigné près de rempereur et du nouveau souverain des Pays-Bas. Le lendemain, Goligny se rendît au château où Philippe II , mécontent de la trêve , reçut les envoyés du roi de France dans la grande salle qull avait fait tendre d'une tapisserie représentant la bataille de Pavîe, la prise de François I", son embarquement pour l'Espagne et sa captivité à Madrid. Goligny et les seigneurs qui raccompagnaient purent à peine contenir l'indignation qulls ressentaient devant cette bravade indigne de la générosité royale. Cependant, le 27, la messe fut célébrée, dans la chapelle du palais, par l'évêqiie d'Arras ; le roi y assistait de son oratoire, ayant vis-à-vlâ de lui I amiral avec l'ambassadeur de France et les principaux seigneurs qui l'avaient accompagné. Après la messe, le roi s'approcha de Tautel et, posant la main sur le livre des saints Évangiles, tenu par Tévêque d'Arras, il jura et promit l'observation du traité, en présence de plus de deux mille spectateurs qui se trouvaient dans la chapelle et dans la grande salle voisine demeurée ouverte. Goligny se rendit, le dimanche de Pâqucs-Heuries, auprès de i'empereurj dans sa petite maison du Parc , pour reoe^ voir de lui le même serment. Depuis le pied de l'escalier jusqu'au bout de Tantichambre , il traversa, avec sa suite ^ une double haie de seigneurs, les plus jeunes n'ayant pas moins de trentecinq ans, et les plus âgés ne dépassant pas TAge de quarante-cinq, tous vêtus de noir, avec une contenance grave, et se tenant la tête nue jusqu'à ce que les Français fussent passés. L*empereur attendait Tamiral en sa chambre , assis à cause de sa goutte, et ayant devant lui une table couverte d'un tapis noir, C'était aussi la couleur des tentures de la chambre et de l'antichambre. Il portait H une petite robe eîtadino coupée jusqu'aux genoux , de