‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 32 sur 198 · LIVRE PliEXIEH (1556). 4f · texte numérisé non relu

LIVRE PliEXIEH (1556). 4f

bles, et du 50* denier de la valeur des biens meubles à payer en trois termes. Quoique ce moyen fût inusité aux Pays-Bas, le roi (concluait l'orateur) avait i*espoir que les états , lui témoignant la même affection qu'ils avaient montrée à ses prédécesseurs , l'adopteraient pour cette seule fois, sans préjudice pour l'avenir, et à défaut d'autres expédients convenables ■ .

Malgré cette assurance, la première proposition faite par le roi aux états généraux fut fatale à sa popularité ; dans toutes les provinces , elle rencontra une vive opposition ». Naguère on avait vu Charles-Quint et la reine Marie faire des démarches personnelles auprès des membres les plus influents des états pour obtenir leur appui ; le caractère hautain et réservé de Philippe ne le disposait point à suivre cet exemple. Il aurait voulu partir immédiatement pour l'Espagne et laisser à sa tante le soin de négocier avec les assemblées provinciales. Mais la reine Marie, qui s'était retirée dans son domaine de Turnbout , refusa de revenir à Bruxelles ; elle donna cependant de sages conseils à son neveu : il devait terminer l'affaire de l'aide avant de partir, s'il ne voulait exposer ses États à un grand danger et se voir obligé de revenir dans les Pays-Bas en débarquant en Espagne ; il n'y avait, au surplus, qu'un moyen de réussir : c'était de suivre lui-même cette négociation, de se faire solliciteur et de prendre l'affaire non-seulement à cœur, mais extrêmement à cœur. La reine expliquait ensuite pourquoi son intervention serait plutôt nuisible que proO table : elle prétendait être odieuse aux états parce qu'elle avait été l'instrument qui les

* Documents historiques, t. X (Archives du royaume). Gachard, Des anciennes Assemblées natiotuiles, II.

' On lit dans une lettre de Granvelle à la reino Marie, du 28 mai 4556, que ies états de Flandre aimèrent mieux offrir 800,000 florins payables par le moyen de deux deniers que de venir auxexpt^dicuts qui leur avaient été proposés. Documents historiques, t. X.

LES MTS-BâS sots PHILIPPE II.

avait poussés à faire tant de sacrifices pour soutenir les guerrea passées \

L'union était loin de rt^goer parmi les membres de la famUte impériale qui se trouvaient dans les Pays-Bas* Philippe U, impatient de retourner en Espagne, aurait voyiu que sa tante conservât le gouvernement; lempereur disait aussi que ceseraU un grand bien; mais ta reine Marie se montrait inébranlable. D'un autre cAté, Philipp*^, toujours dans l'intention de s'éloigner de la Belgique, suppliait son père de différer son départ, qui avait été fixé d'atmrd au mois de juin, et de s'occuper, en attendant, des affaires d'Italie. Cédant aux sollicitations de son fils, l'empereur résolut effectivement de différer son voyage jusqu'au mois d'août et d'attendre son gendre, l'archiduc Maximilien, roi de Bohême ^ ainsi que la reine , sa fille, pour leur faire ses adieux s Quand Marie de Hongrie connut cette résolution, elle accusa ouvertement son neveu d'égoïsme* Uhonoeur du roi, disait-elfe, ne peut rien gagner à laisser son père malade au milieu du tracas des affaires, tandis qu'il se retirerait en Espagne *,

Philippe cependant ne donna point suiLe à son dessein, et l'arrivée du roi et de la reine de Bohême * vint faire diversion aux disaentimeatsde la famille impériale. Charle^-Quint, avant de se détacher complètement du monde^ désirait vivement de revoir son gendre et sa fille; mais Ferdinand, tout en faisâQi les plus grandes protestations d amitié è son Frère, avait jusque-là retardé leur départ sous divers prétextes, notamment faute de l'argent nécessaire pour ce voyage ^ j ils venaient enfin, et Jear

* Lctlrtis du H et du ii mai 155G, Documents hUtofiqu^s, l* X.

* Lettre de Granvelle à la reîno Marie du îS mai. Ibid. ^ La iTine Mario à Graûvelle, 29 maL tbiû.

^ \\e ai rivèrent ù UruxeUes, le 4 i juillet^ suivant le jouruâl de Vuiide-

* CQTir8ponden% f/r# Kaisrn Karl V, U III, pp. 697 et 700,

Page 1