LIVRE PREMIER (i
présence était le gage de la réconciliation des deux branches de la maison d'Autriche. Les Belges aussi accueillirent avec allégresse la fille de Charles-Quint et ce jeune prince, dont lesprit tolérant et les manières affables contrastaient avec la raideur et l'inflexibilité de Philippe. Pendant plusieurs jours, il y eut à Bruxelles des joutes, des combats à pied et des banquets à FhAtel de ville et au palais ducal.
Avant même d'avoir abdiqué la souveraineté des Pays-Bas, Charles annonçait son intention bien arrêtée de renoncer également à l'administration de l'Empire et de ne pas même conserver le titre impérial. Les instances de Ferdinand, qui voulait d'abord s'assurer des suffrages d^ principaux États germaniques, purent seuls engager son frère à ne pas divulguer son dessein en même temps qu'il déposait ses autres couronnes. Telles étaient les idées exprimées dans une lettre que Charles-Quint dicta le 19 octobre 4555. Le 8 août de l'année suivante, quelque temps avant de quitter Bruxelles, il mande à son frère que l'un des grands désirs qu'il a en ce monde, c'est de se dépouiller de tout, nonseulement de l'administration de l'Empire, mais aussi du titre impérial et de transférer librement cette dignité au roi des Romains, Celui-ci ayant objecté que cette renonciation ne pouvait s'effectuer sans le consentement des électeurs, Charles l'engageait à les convoquer, soit en diète, soit autrement, au lieu et à l'époque qu'il jugerait le plus convenable. « A cette assemblée, ajoutait-il, je me propose d'envoyer mes ambassadeurs solennels, dont les pouvoirs seront délivrés avant mon départ. Ils auront pour instruction de persuader aux électeurs de trouver bon que je remette le titre impérial et l'administration de l'Empire librement et purement sans rien retenir. Je vous prie de ne rien négliger, de votre côté, pour les y engager ; s'ils acceptent cette proposition, toutes les difficultés qu'ils pourraient faire, en ce qui vous concerne, cesseront; je demeurerai décharge,
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Lo 13 août, Charleà-Qiiint arriva à Gand» accompagné de ses deux sœurs, de tous les grands des Pays-Bas^ des ambassadeurs et d'un grand nombre d'officiers et de magistrats. Deux jours après, il notifia à la chambre impériale de Spire qu'il renonçait à la couroune germanique en faveur de Ferdinand, roi de Romains.
Le SB août, il fît ses adieux aux ambassadeurs des princes étrangers. Il se dirigea ensuite vers la Zélande^ où il devait s'embarquer; it était accompagné de son fils, de ses sœurs, les reines douairières de France et de Hongrie, et d'une suite nombreuse de gentilshommes flamands. Il signa à We^ler-Souburg, près de Flessingue, une lettre dans laquelle il invitait les électeurs de TEmpireà reconnaître Ferdinand pour son successeur; il chargea Guillaume de Nassau, prince d'Orange, de porter cette lettre à la diète et de remettre en même temps la couronne et le sceptre impérial à Ferdinand. Guillaume de Nassau, qui vén rait Tempereur, dans la chambre duquel il avait été pour ainsF dire élevé, reçut cette commission avec tristesse; il réjiondit, en présence de Philippe II, qu il eût désiré une tout autre fortune que d'ôler ïa couronne de dessus la tête de son maître. Charles prit ensuite congé de son cort^^'C, en donnant b chacun des témoignages d'estime et d'afTectiun ; et, après avoir béni et embrassé pour la dernière fois son fils^ qui s était prosterné
' Corrcspondens des Kaisers Karl V\ L 111, pp. 688 et 708, Ces dernières lettres de Clidrleg-Quint détrul=ieat râssertiou de Robertson co^icornafil les dernières mtentions de ce prince. Il n'est donc pas vrai ^ue Charles eût renouvuîù seti lantalivGS auprès de son fr^re potjr le faire consentir a biaiser Ja dipitîé impédole à Philippe et que, dans ï espoir de réaliiier œ projet, il garda la couronne de TEmpire quelques mois encore après avoir reiinBf é mix Pays-Bas r*t à rKspgné,