‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 37 sur 198 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

aignalait les discoars suspects qui se tenaient dans la Gueldre et dans les autres provinces récemment acquises. Enfin le duc et le conseil d'État supplièrent le roi de secourir les Pays-Bas des d^iersde ses autres royaumes, seul moyen; suivant eux, de prévenir une perturbation qu'ils considéraient comme imminente. Ils demandaient même d'être remplacés dans leurs charges, si le roi refusait de prendre cette mesure '.

Hais, déjà, il fallait faire face à des nécessités plus graves encore. On était à la veille d'une nouvelle guerre, et c'était le gardien naturel de la paix , c'était le pape lui-même qui ranimait la vieille querelle des maisons de France et d'Autriche. Ce nouveau Jules 11 sortait de la famille napolitaine des Garaffa, qui avait toujours favorisé les prétentions des Français en Italie.

Paul rv, monté sur la chaire de saint Pierre pendant l'année même où Charles-Quint descendait du trône, était presque octogénaire ; mais ses yeux enfoncés dans leur orbite conservaient tout le feu de la jeunesse, et sa démarche n'avait rien perdu de sa vivacité. L'ambassadeur vénitien, accrédité auprès du nouveau pontife, signalait sa complexion véhémente %t emportée, la vivacité extrême de ses mouvements, et sa vigueur de corps bien au-dessus de son âge. u 11 a une gravité incroyable, ajoutait-il, et une telle grandeur dans toutes ses actions, quH semble vraiment né pour commander. Aussi prétend-il que le pontificat est fait pour mettre les empereurs et les rois sous ses pieds *. » Deux passions dirigeaient sa politique : une haine sans bornes contre les luthériens et un ressentiment implacable contre les Espagnols, qu'il regardait comme les oppresseurs de l'Italie. Il les appelait » hérétiques, schismatiqucs maudits de Dieu, semence

I Documenta historiques, t. X. (Archives du royaume.) ' Relation de Beroardo Navagero (45^8).

LES PAVSt-BAS ÎJOI'S l'Haï PPE II.

de Juifs et de Maures, lie du monde ' . « La vanité blessée du pontife avait autant de part que le patriotisme à cette haine violente. €harles-Oi>int , le considérant comme untmnemi, Tavait exdu du conseil formé pour radministration du royaume de Naples, ïui avait refusé l'investiture de rarchevéché de cette ville et avait travaillé contre îui dans le conclave,

Paul conféra les plus hautes dignitéji ecclésiastiques et civiles à ses neveuK (jartje qu'ils encourageaient, en la partageant, son aversion pour l'empereur et les Espagnols, f^e plus jeune, Cbaries Caraffa, chevalier de Malte, adonne à tous les vices militaires, fut élevé au cardinalat ; les deux autres reçurent les dépouilles des Colonna, proâcrits à cause de leur dévouement à Charies-Quint î Tatné fut nommé duc de Paîliano , le second marquis de Montebello et gouverneur de Rome, Ces neveux employèrent divem artifices pour rallumer la guerre en Italie, espérant en tirer parti dans rintérét de leur maison ; ils feignirent d'avoir découvert que Tempereur gageait un grand nombre de satellites pour empoisonner ou assassiner toute leur famille \ Charles-Quînt s^était plaint amèrement aux cardinaux impérialistes qu'on eût élevé sur la chaire de saint Pierre le plus acharné de ses ennemis ^ mais il était incapable d'à voir recours au poignard ou au poison pour se débarrasser d'un adversaire* Celle calomnie, toutefois^ alluma la colère de Paul IV ; il fit arrêter les partisans de Tempereur, sans excepter les cardinaux ^ conclut une alliance formelle avec la France, conçut le projet de faire régner deux princes français en Italie, Tun comme roi de Naples, l'autre comme duc de Milan î offrit Ja Sicile comme appât aux Vénitiens, et, pour

•' '.(il. 1

1 Relation de Bernardo Navagero (15581- ^ T'^*^'' aussi HAMtE, Histoire de

ia Palpante, liv* HL

^ Hktmfe du règm df Philippe //, psir Waî^^, troduildâ rangliii:? par

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