‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 36 sur 198 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Famioe dans les Pays-Bas. — Mortalité excessive. — Conseil tenu par Philippe II pour remédier à cette profonde détresse. — Paul IV ranime la Yieille querelle des maisons de France et d'Autriche ; ses prétentions ; son aversion pour Tempereur et les Espagnols. — Mesures prises par Gharlee-Quint dans le but de paralyser les projets du pape. — Henri II s'allie avec Paul IV. — Après de longues hésitations, Philippe II fait envahir le territoire pontifical par le duc d'AIbe. — Le duc de Guise envoyé au secours du pape. — Rupture de la trêve de Vaucelles. — Agression des Français dans TArtois. — Philippe II passe en Angleterre pour réclamer Tassistance de Marie Tudor. — Réunion des états généraux à Valenciennes. — Les Espagnols prennent Poffensive. ~ Bataille de Saint-Quentin. — Prise de la ville. — Philippe II ne tire pas parti de sa victoire. — Nouvelles réunions des état« généraux 4^ Pays-Bas. — Paix humiliante conclue avec Paul IV. — Retour du duc de Guise. — Prise de Calais et de Guines par les Français. — Aide novennale volée par les états généraux. ~ Premières démarches pour la paix. — Campagne de 4558. — Prise de Thionville et d'Arlon — Invasion de la Flandre maritime. -« Bataille de Gravelines. — Réunion des états généraux à Arras. — Négociations pour la paix ; conférences à l'abbaye de Cercamp.

Après le départ de Charles-Quint, la situation des Pays-Bas s'était encore assombrie. Les murmures du peuple éclataient avec force contre l'oppression et les outrages des gens de guerre 1. 4

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qui, pour n'avoir pas été payées, se montraient sans frein. Les habitants des frontières, ayant surtout à souffrir tic la licence de la soldatesque, disaient ouvertement quils n'auraient pas un sort pire s'ils appartenaient à rennemi. Encore si les Pays-Bas n'avaient eu à supporter que ce seul fléau ^ mais déjà une sécheresse prolongf^e avait frappé la terre de stérilité lorsque la rigueur inaccoutumée de Thiver vint porter au comble les souffrances et la désolation de la classe populaire. De tous côtés» les malheureux, torturés par la faim, accouraient à Bruxelles afin d'avoir leur part des aumônes distribuées par le roi et les grands; mais ces aumônes étaient un faible soulagement apporté à une situation presque désespérée. En effet, les historiens contemporains rapportent qu'en une année (juillet 1556 à juillet (557) plus de dix-neuf niille pauvres, hommes, femmes et enfants, succombèrent dans la résidence du souverain. Au cimetière du Sablon, on creusait sans cesse, ajoutent-Ils, de grandes fosses qui recevaient jusqu'à vingt-cinq cadavres à la fois '♦

le découragement gagnait même les conseillers du prince. Au mois de décembre 1556, Philippe H avait réuni autour de lut le duc de Savoie, le prince d'Orange, le comte d'Egmont, le comte de Lalaing, le seigneur de Berlaymont, le seigneur de G layon, Tévéque d'Arras, Viglius, président du conseil privé, et les Espagnols Buy Gomez, don Bernard ino de Mendo^a et don Juan Manrique. Ces personnages exposèrent au roi que le peuple paraissait fort dégoûté, et que robéissance s'affaiblissait de jour en jour. Le duc de Savoie, gouverneur du pays, manifestait même la crainte de ne pouvoir contenir les mouvements populaires ; il

' La grande ehrùntqm aneienne et moderne de lîoUaude, Z viande, Wiiêt* Frise, etc.» par JsâN Fbançois le Pbtit (Dordrecht, i6&K 2 vd. in-fol ), t. ÏT, p. Ô, — Voir aujei Hiëiohr de Hruxelles , par Henné et W4imiis^ t. J,p. 3S6.

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