‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 39 sur 198 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Noo-seulement Henri II avait été dégagé par le iégat du pape de l'obligation de tenir son serment, mais il avait reçu, en outre, Tautorisation d'enfreindre le droit des gens, de commencer les hostilités sans avoir déclaré .la guerre ; on était convenu, en effet, de surprendre, s'il était possible, le roi d'Espagne, tandis que, sur la foi de la trêve de Vaucelles, il serait encore sans défense. Triste spectacle! Paul lY recommandait la trahison, furéchait la guerre, dans un moment où la papauté aurait dû employer toute son influence et toute la force morale du catholicisme à compléter la réforme pacifique de FÉglise, pour arrêter les progrès croissants des novateurs I

Mais il n'était pas facile de tromper la vieille expérience de Charles^Quint ; il eut bientôt pénétré le vrai motif de l'ambassade du cardinal Carafla '. Paul lY, en donnant un trop libre cours à sa haine contre l'empereur et contre les Espagnols, divulguait d'ailleurs ses projets. En plein consistoire , il venait de proclamer que Charles-Quint n'avait pas le pouvoir de résigner l'Empire, que tout ce qu'il avait fait était nul, non-seulement parce qu'il avait perdu l esprit, mais aussyMTce que la dignité

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impériale ne pouvait être conférée s^jois Taflitiment du pape '.

1 Charlefr-Quint exprimait noblement Tindignation quMl ressentait de la conduite do pontife dans une lettre quMl écrivait à Ferdinand, de Souburg, le 42 septembre 4556, au moment de faire voile pour TEspagno. « Vous

• aurez ja entendu, disait-il, les troubles que suscite le pape en Italie. « IHeu doint que Ion y puisse résister de sorte, que Ion luy puisse tost faire « recongnoistre la raison, pour éviter le scandale et dommage que la chres-

• tienneté et la religion reçoit par Topinion de ce différend, et des termes « dont ledit pape use... • Larz, Correspondenz, etc., t. III, p. 744.

'Dans un mémoire envoyé de Rome, le 20 décembre 4555, au connétable de Montmorency, le cardinal du Bellay rendait compte en. ces termes du discours prononcé par le pape en consistoire : « Puis après Sa Sainteté

• dit que Ton avoit envoyé près le prince d*Orange un mandat au nom de

• Charles, naguère empereur, pour résigner l'empire; qu'il esloit aisé à

titS PAVsHBtS îiOUS PHILIPPE ir*

|] ne sV'taîl pas borné à ces outrages et à cm prétentions* deGrégoire VIT II avait proscrit les amis de l'Espagne, accueilli les réfugiés napolitains, fait mettre aux arrêts Garcilaso de la Vega^ envoyé de Charles^Quint, expulsé de Rome don Juan Maurique de Lara, ambassadeur oixlinaîre de Philippe II, empriîiionné et maltraité Juan Antonio de Tassis, grand- maitre d^^ |iostes. Eéveillaut ensuite d'autres prétentions, auxquelles ^I^H ment VII avait forraellemeut renoncé, il avait intenté dans ïe consistoire un procès C4)ntre Philippe II, annonçant rintention, conîme seigneur lige, de le priver du royaume de Naples , parce que ce prince n'avait pas acquitté le tribut annuel de 700 ducat que les anciens souverains du royaume payaient au saiat-sié^ Il fjôussa, enfin, Tanimosité jusqu'à susptmdrc le service divin en Espagne.

Toutefois, Philippe II ne pernàt point au duc d'Albe d agir ave la vigueur qui lui était naturelle ; redoutant de combattre le pafj il lui avait recommandé de tenter toutes les voies d accomi: dément avant d avoir recours aux armes. Le duc envoya à Boni? P irrode LolTredo avec des lettres datées du 21 août 4 556 r \m

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av^j loni^^

« euteiidie qoo ledit Charletj o'avoit poitit parlé; et, quand bien û aurott w |)arlé, que tuut eu qii'il auroil ïtid eâtoit de nulle valeur, a t tendu qull est

• notoire à chacuu qu'iï ivst impos mtmtis.., » M exposait ensuile lus iiulrtir^ raisons de cette iiuliito : « t-a-dessus remémora h truusluUon de Tempire tt de Grèce faite par le^ ptpes, et le privilège d'en faire él et -lion donné par u le&dits pai^s à ta Germanie : lequel privilège bien entendu, et y metiaut N en considération beaucoup de choses qui s'y pourroieot mettre ^ il ae se f trouveront point (ju*il fixât en la puissance d'un empereur de résigner V^m*

• pîr©^ uy auï 61 ec tours d'accepter la résignation, et» suivant iceUe, fairt? 8* nouveUe «ieciion, invonsiilio summQpfmtificc. A quoy ne servii-oil rien de

* dire que Ferdinand esioit déjà un précédent Césars et drAignaius impara-

* l&r fi jvœ Bowanorum : car toutes tenes allégalious sont io valides et - jtuUes, et ne pout personne digne d'avoir nom de chrestien dire ny &ùu- 1- ti^nir qu'elles Foient ni bonnes? ni valabïe;?* * niBiiiB, t. Il, pp 623 f

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