‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 47 sur 198 · LIVRE II (iî · texte numérisé non relu

LIVRE II (iî

aussi les assises (îrenl-ils diverses sorties et parvinrent-ils à enclouer les canons français ; ils ne purent décourager le duc de Guise. Les ennemis parvinrent enfin à se loger dans la tour aux Puces, qui formait un des postes les plus favorables des assiégés; nais ce succès fut payé cher. Les Français sapaient une plateforme proche de cette tour, lorsque le maréchal Strozzi fut noorteilement atteint d'une grande mousquetade, au moment où il causait, dans la tranchée, avec le duc de Guise, qui lui tenait la main sur Tépaule « . L'artillerie n'avait cessé de foudroyer la ville pendant trois jours et trois nuits, et les assiégés, après avoir soutenu les plus furieux assauts , se voyaient réduits à six cents hommes, la plupart malades et blessés, lorsque, le 22 juin, ils consentirent à capituler ; ils obtinrent la faculté de se retirer à Luxembourg, armes et bagues sauves. Le duc de Savoie et le comte d'Egmont, qui accouraient, du pays de Namur, avec une armée, rebroussèrent chemin en apprenant la capitulation de Thiooville. Les Français allèrent ensuite reconnaître Luxembouig, où s'étaient retirés les comtes de Mansfeld et de Homes. Ils se dirigèrent enfin vers Arlon , qu'ils prirent d'assaut , le 2 juillet, démantelèrent et brûlèrent '.

dlTerses tentatives et après la perte d'une partie de sod monde. Au bout de deux jours, Mansfeld, gouverneur de la province, essaya aussi d'introduire des renforts considérables qui éprouvèrent un échec encore plus complet. •> Histoire des ducs de Guise, 1. 1, p. 476. * Voir les Mémoires de Vieillbville, et Brantôme, Capitaines étrangers,

' Les assiégés avaient mis eux-mêmes le feu à la ville avant de se sauver par une des poternes. « Ce qu'étant aperçu des François, à la foule entrèrent là dedans, et essayèrent en tontes sortes d'éteindre ce feu pour seulement recouvrer les meubles et butins qui brûloient; toutefois il y étoit dégà si embrasé quMl n'y eut ordre (possibilité) d'en sauver la meilleure partie. Trois ou quatre jours après, quand la plus grande partie du feu fut amortie, Von fit saper et démolir les fondements des murailles et forti-

LES p.i\s-BiLS sots pmuppi: ir.

Tandis que le duc de Guise dévastait le Luxembourg, b maréchal PauJ deThernies, nommé gouverneur de Calais» pénétrait dans la West-Flandre, avec une armée de dix mille homaies de pied et de quinze cents chevaux. Ces bandes mirent toute cette riche province à feu et à sang. La ville de B^^rgnes-Saint-Winoc fut complètement ruinée j à peine resta-t-il une seule maison debout ; Tabbaye même fut livrée aux flammes, Dunkerque, jïrise d'assaut, le 6 juillet, fut également livrée à la rage du soldat. D'autres villes et bourgs éprouvèrent le même sort \ Cependant le comte d'Egmont, gouverneur de la Flandre, avait résolu de chasser ces bondes dévastatrices; avec les garnisons qu'il avait rassemblées promptement, son armée était supérieure à celle des Français ? il était accompagné de Ponce de Lalaïag, S' de Bugnieourt, gouverneur de l'Artois ; de Guillaume de Croy, marquis de Renty, chef de quinze cents cavaliers; de Jean de Croy, comte du Rœulx^ qui commandait également un escadron, et par d'autres vaillants ofHciers. En apprenant rapproche du comte d'Egmont, le maréchal de Thermes s'était éloigné prompte* ment de Gravelines, dont il avait commencé le siège, pour re^ tourner vers Dunkerque, avec le dessein de rentrer à Calais sans risquer une bataille. Hais le comte eut bientôt joint une armée dont la marche était ralentie par l'immense butin qu'elle traînait à sa suite. Le 42 juillet, il s'engagea un vif combat de cavalerie, dans lequel, en chargeant avec les siens, d'Egmont

fîccitions et fut ainsi démaatdée et ruinée, en la meilleure part^ afin cï*ûtar après toules occasions à renoeinl de s*y pouvoir reloger et fortifier de c» lieu. • Commentaiits de F^ dc Haditin, Jiv. XI.

* Voir, sur ces dévastations^ une lettre adressée au roi Philippe II par FJoris de Moataiorcncy, qui avait été envoyé à Bruges pour la défeose de cette paHJe de h Flandre, Ànaiecies beigiques, p. 4ti. Floris de Moûimorency avait pris congé de ChârJe^(Juint le 3 février 455T et etaît raveiiu dans les Pay*^-Bas.

tivuE 11 (1558).

effleura la mort, car son cheval eut la tèle emix)i*tée d'un couj» de serpentine. Toute la nuit se passa en escarmouches. Le (S, dàsdeux heures du matin , les Espagnols et le» Wallons se mirenl en bataille, décidés à engager une action générale. Le mar^ chaf de Thermes aurait voul»] continuer sa retraite* mais le flux [de la mer, en remplissant ie canal de TAa, y mit obstacle. Alors il rangea son armée en plaine, dans une position très-favorable, qui forçait les Hispano-Belges à I attaquer de front, et leur ôiait Lfavantage du nombre; Il appuya sa droite à la mer, couvrit sa gauche au midi par ses chariots et son bagage, et s'adossa à irembouchure de l'Aa. L'artillerie française fit d abord un grand I ravage dans les rangs des Belges qui, exaspérés par cette canon- ] ïiade, s élancèrent avec furie sur Tennemi : on combattît Iraupe j ccisire troupe, homme contre homme, Peut-étnj la victoire eàtlèlïe été moins longtemps indécise, si les auxiliaires allemands ' avaient montré autant de bravoure que les Belges •. Un événement inattendu fixa enfin le sort de la journée. Douze vaisseaux I anglais, attirés près de la cèle par le bruit du canons outrèrent râans rAa, prirent les Français en flanc avec leur artillerie, et ^ répandirent parmi eux le désordre. Le comte d'Egmont, redoublant alors d'ardeur et d^efforts, rompit les rangs des Français. L'action > qui avait duré quatre heures, coiita quatre cents hommes aux H bpano- Belges; la perte des Français, qu*il serait impossible de déterminer exactement, fut, en toute hypothèse, bien plus considérable. Le bulletin ofBciel de fa bataille de Oravélines indique le nombre et la qualité des prisonniers, à savoir ; le S' de Thermes, capitaine-général de Tarmée française ; le S'^de Hannebaut, gouverneur de Normandie ; le S' de Villebon, gou-

* Dans le buUotin de la batalUe, envoyé à Philippe H, it est dit m que les* Atleeiandâ de côté et d*îiulro s^épargnèrenl sssex, attendant Tissue de la fdtd, >

LES PAYS-BAS SOir^ FIUMPPE II.

verneur de Thérauanne et pvévài de Paris, avec tout le reste de îa noblesse, huit enseignes dç guidons d'ordonnance, quatre de chevau-iégers, trente-six enseignes de gens de pied, dont treize allemandes et les autres françaises. Beaucoup de fuyards furent massacrés^ tant par les Anglais , qui les poussaient dans la mer^ que par les paysans, qui voulaient venger sur eux les dévasta^i tiens et les pillages dont ils avaient été victimes. Les femme sortant en troupes des vUlages et des bourgades de Flandre^ ar-^1 mées de bâtons et de t>ercheSf se jetaient sur les soldais qui erraient dans le pays et les tuaient i elïes eo déchirèrout mén quelques-uns avec des aiguilles et avec leurs ongles 1 Les Hia paoQ-Belges rentrèrent dans Dunkerque, le io juillet, et j rcnt au fil de Tépée tous las Français qui s'y trouvaient *.

La victoire de Gravelines, sans avoir les conséquences de ceJle de Saint-Quentin, rompait l'entreprise tentée par le duc de Guis sur le Luxembourg en nécessitant son retour sur les marches < la Champagne et de la Picardie*

Philippe U venait alors de réunir les états généraux des pays Bas dans la ville d'Arras pour leur faire cûnnaltre les saçri6ca%1 que l'on attendait encore de leur patriotisme. L'asseaiblée sW-^l vrit le 19 août en présence du roi, Le ministre^ qui porta la' parole en son npp, dit que le prince aurait bien voulu ne pas travQÎÎkr sit^t les députés ; mais que la situation des affaires^ j était t(^le qu'il devait leur en donner connaissance avant de se^l joindre a son armée^ L'orateur du gouvernement recommandait{j au^ états de payer e^actementi à J'issue do la campagne, les! gens de guerre qui étaient à leur charge; de son côté, te roi

* Xùir les Ânalecîea belgiques (j>. ^06-^^5) ; le Petit {\î%\ ÎS] ; Stràda, lib, 4, — Pour réf^ropeDser le oouite d*EgmoDi, PliLl>ppe, parua acte daté du Mons (â août Và'àSh lui iibandonua ' tel droit ci action qu'il u et potir^ roit prétendra sur la personne du 5' Hannebunt^ prisonnier •

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