‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 48 sur 198 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

ferait tout oe qui lui serait possible, quoique, indépendamment dé l'aide accordée par les états, il lui fallAt déjà donner près de 600, (KH) florins par mois. Du reste, les moyens accordés par les états pour la garde du pays penldant l'hiver avaient été trouvés insuffisants ; de plus, le roi avait k sa charge les dettes laissées par Tenopereur, son père, dettes qui n'avaient fait que s'accroître, malgré tout ce que Philippe avait tiré de ses autres royaumes '. Le roi devait donc réclamer itérativement l'assistance des états. Il indiquait de nouveau la levée du centième et du cinquantième denier proposée en 4556 et repoussée alors par l'assemblée netfonaîe. 11 demandait, en outre, la continuation pendant quatre ans de la taxe précédemment accordée sur le vin et dont le taux serait doublé; enfin, le roi désirait aussi obtenir^ en outre» le HMHiopôle de la vente du sel, ou bien un impôt sur cette denrée. Quelques provinces accordèrent totalement ou partiellement ces demandes ; mais il fallait un accord unanime pour autoriser la levée du centième et du cinquantième denier ainsi que de l'impAt sur le sel. Or, malgré tous les efforts du gouvernement, cette unanimité lui manqua. Il n'obtint, en résumé, de la plupart des provinces, qu'un subside en argent \

Après la défaite du maréchal de Thermes, les troupes victo«rieusesdu comte d'Egmont, réunies à celles du duc de Savoie, formèrent un corps à peu près égal à celui que commandait le doc de Guise. Chaque armée co^iptait quarante mille hommes. Elles étaient campées en face l'une de l'autre sur les fÉ*ontières de la Kcardie : PUlippe H et le duc de Savoie prèç de Dourlens ;

1 Depuis qu'il avait reçu la souveraineté de l'Espagne (46 janvier 4566), Philippe, dit-OD aux états, avait fait venir de ce pays plus de douze millions de florins, auxquels il fallait ajouter trois autres millions, pour les frais du diange et de l'escorte de Fargenl monnayé et non mormayé.

^OiCHAan. Anciennes assemblées nationeiles, etc. — Collection de docu* I hiêloriques, t. X (Archivés da royaume).

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LES PAVS-iAS SOl'S PHILIPPE ri*

Henri II et le duc de Guise^ de Tâutre cùié^ avec Ja ville d'Aniierjâ

à dos. Ils BB tenaient maintenant sur Ja dërensive, les denx rois n'ayant pas plus de penrhant l'un que rentre à risquer une nouvelle bataille. Les journées malheureuses de Saint-Quonlin el de Gravefines avaient relroidj l'ardeur belliqueuse de Henri IL De son eàléf Philippe n'avait aucun goût f^our des opérations de guerre, qu'il ne pouvait diriger lui-même et il était en outre trè«impatientdç retourner en Kspagne. Du reste, il eiU été dilïicile de faim durer longtemps encore un état de choses qui imposait aui petiples» de part et d*autre, des sacrifices immenses, et de prolonger une lutte qui renaissait sans cease depuis trente ans el qui devait flntr par épuiser les nations les plus opulentes.

Il faut ajouter que les rois d'Espagne et de France s alarmaient tous deux des progrès menaçants de l'hérésie et voulaient tourner contre cet ennemi commun la puissance dont ils disposaient.

L'intervention de la duchesse de Valontiuois, dont Tamourpropre avait été froissé par le cardinal de Lorraine^ détermina la disgrâce des Guises intéressés è prolonger la guerre qui avait fondé leur prépondérance , et prépara le triomphe du parti du connétable. Ce revirement fut assuré par le mariage de son fils d'An ville avec Antoinette de la Marck , petlte-fiiie de Diane de Poitiers, qui maîtrisait encore, à soixante ans, les afTectionsde Henri IL

Conclure la paix avec l'Espagne semblait aux rii'auï des Guises le seul moyen eflScaœ de neutraliser Tinfluencede ces personnages trop puissants et de mettre obstacle à leurs ambitieux desseins. Le connétable de Montmorency , ayant obtenu des Espagnols sa liberté temporaire sur parole, s'était employé av^ec ardeur à Jeter les bases d'une réconciliation ; mais ses efforts n'avaient pas été couronnés de succès. Le maréchal de Saint- André, fait également prisonnier à la bataille de Saint<}uenUn et relâché aussi sur parole, servit ensuite d intermédiaire entre les deux

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