‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 49 sur 198 · LIVRE · texte numérisé non relu

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puissances. Henri II lui fit remettre des pouvoirs qui comprenaient le connétable avec lequel il alla se concerter à Audenarde. Il se rendit ensuite à l'abbaye de Marchienne pour satisfiadre à une invitation du prince d'Orange, qu'il informa dés dispositions favorables du roi de France et de l'utilité qu'il y aurait à reprendre des conférences. Sur le rapport de Guillaume de Nassau, Philippe II envoya Tévéque d'Arras et Ruy Gomez à Lille pour s'y aboucher avec le connétable et le maréchal. Les ministres espagnols proposèrent de restituer à la France les places qui lui avaient été enlevées dans le Vermandois, tandis que, de son côté, Henri II restituerait toutes les conquêtes etfecrtuées par la France depuis le traité de Crespy , rendrait au duc de Savoie ses domaines et à la reine d'Angleterre la ville de Calais. Informé que le connétable et le maréchal refusaient péremptoirement de négocier sur ces bases, sous prétexte qu'ils n'avaient pas d'instructions, Philippe II ordonna de faire reconduire l'un à Gand et l'autre à Breda, s'ils persistaient absolument dans leur refus. Cette mesure, toutefois, n'était pas destinée à rompre soudainement les négociations commencées, mais plutôt à engager les plénipotentiaires français à faire des ouvertures ultérieures '. Les plénipotentiaires français, redoutant la rupture immédiate des conférences, s'efforcèrent de calmer les ministres du roi d'Espagne, en déclarant que, bien qu'ils fussent obligés de se renfermer dans les limites de leurs instructions, ils avaient lieu de croire et ils espéraient que ce n'était pas le dernier mot de leur maître '. Cependant le cardinal de Lorraine employa tout ce qui

■ Lettre de Philippe II à ses plénipotentiaires, du camp d'Atbis, i I septembre 45SS, dans les Papiers* d'État du cardinal de GranwUe, t. V, p. 4 72. — Lettre du maréchal de Saint-André, datée de Lille, le même jour. i6.,p. 478.

' Les plénipotentiaires espagnols à Philippe II, 42 septembre 4558, ib., p. 486 et suiv.

ii LES l)AVâ-BÀ^ SOUS I^HlLIPrE JT,

lui restait encore d uifluence pour empdcher que oe dernier mot ne fiit i>rûnoncé. Mais Henri H, par une ïettre du 15 septembre ûiàlé^ desoa camp d'Amiens, fit savoir que s'il ptaisâit au roi dEË[)agne d'avoir pour agréabbque la n^ociatioQ se poursuivit en un lieu neutre sur la rronllète, il adjoindrait au connétable et ftu maréchal d'autres personnages compJétenient instruiU de ses înLentionssur les deruiers inddarits ',

Le coaoétâble, averti que ses desseinâ étaient traverséâ par Jeâ Guises, redoubla dofforis pour accélérer la ûégociatioQ et la failli aboutir. Mais, quelque pressaatesque fussent ses tentatives, il devait pourtant méuagur 1 amour-propre du roi et ne pas froisser rhonneurde Ja France. U fallait considérer^ ainsi que rexprimait un conseiller de Philippe [l % que la restitution des places occupées devait tHre difBcilo, parce que les Français avaient employé vingt-quatre ans à ces conquêtes, dépensé cinquante miliiou^ d'écus, engagé tout le domaine, et quila ne pouvaient, sans y être en quelque sorte contraints, rendre tout d un coup ce qu'ils avaient acquis avec une si grande persévérance.

L'entremise de Christine, duchesse douairière de Lorraine et de Milan, vint enlîn donner une nouvelle face aux négociations. D'après les suggestions de Philippe II, elle avait écrit au cardinal de Lorraine pour lui offrir ses bons offices dans le cas ou il cooviendrait au roi de France d'envoyer sur la frontière des agents autorisés à entrer en conférence avec ceuï du roi d'Espagne. Malgré la répugnance qu éprouvait déjà Henri II à se servir enœre des Guiâes, il fut obligé d'employer de nouveau I intervention du cardinal de Lorraine ^, Ce dernier fut désigné, conjointement

' Les pléaJpoLeatiaires espagnols à P)iilipp« IL Si décembae 1558 ] (tans Im Papiêfê d'ÉM du cardinal de Granveik^ t. Y, pp 186 el suiv.

*Cerans€iller était Simon Renard- — Voir son avis dans les Papier» d'Ètai du mniinai de Omnv0ti0i t. V, p. i%^,

^ HiMoire de$ dur s df Gui»e, t. î, p ^^^ ^ï Î^OÛ.

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