‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 56 sur 198 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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ne cessait de demander vengeance contre les personnes arrèlt^es àZamora, à Valladolid et à Séville , comme suspectes de luthéranisme. » L'affaire de ces luthériens, écrivait-il à la régente dos « Espagnes, me donne un souci et une peine inexprimables, « voyant que, pendant mon absence ot celle du roi, ces pays « avaient été si tranquilles et que , à présent que j'y suis venu « chercher le repos, une semblable licence s'y est introduite. Si je « n'avais pas confiance dans les mesures que vous prendrez avec « votre conseil, je ne sais si je ne sortirais pas de Yuste pour y « remédier, moi-même. Il faut qu'un châtiment exemplaire soit « fait de ces luthériens. Je ne serais pas d'avis que, selon le « droit commun , on pardonnât , la première fois , à ceux qui « reconnaîtraient leur faute et demanderaient grâce, car plus K tard ils pourraient recommencer ; mais je voudrais qu'on pro- « cédât contre eux, comme contre des séditieux et des pertur- « bateurs de la chose publique, qui n'ont droit à aucune miséri- « corde '. »

Cette lettre, qui respire une intolérance barbare, fut dictée par l'empereur quatre mois avant sa mort et devint comme le signal des terribles exécutions qui signalèrent le règne de Philippe II '.

dans la relation dODt s'est servi Sandoval pour composer la Vida de Vemperador Carlos Quinto en Yuste.

1 Lettre à la princesse dona Juana, du 25 mai 4558, dans Gachard, lUtraiis et nwrt de Charles-Quint, etc., t. W, p. 297.

' Doôa Juana ne suivit que trop bien les conseils de son père. Le 21 mai 4559, celte princesse assista, à Valladolid, avec don Carlos, son neveu, à un auto^a-fé oix quatorze personnes périrent dans le feu, comme suspectes de luthéranisme. Le docteur Augustin Cazalla, prêtre et chanoine de Salamanque, ancien aumônier et prédicateur de Tempereur, ayant consenti à se confesser, obtint la faveur d*étre étranglé avant que son corps fût livré aux flammes. Son frère, François Cazalla, curé de Hormigos, n*ayant donné aucun signe de repentir, n'obtint pas cette faveur et fut brûlé vif. Dona Béatrix de Vibero Cazalla, s'étant confessée, fut étranglée

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LEïï PATS-BAS SDtS l'HlLtPPE II.

Quelque temps avant dVHre atteint de la maladie dont il mourut, CharleS'Quint avait aussi manifesté rintentiou d'assister vivant ô ses propres funérailles.

Il commença par faire célébrer les obsèques de ses parents et de l'impératrice, sa femme; se sentant mieux portant, il voulut |jrésider lui-même à ces cérémonies funèbres et se plana à côté de Tautel fMiur participer aux prières. Ces hommages pieux achevés, il exprima à son confesseur la volonté de faire célébrer ses propres obsèques et d'y assister également. Bien que Je religieux, profondément ému, eût cherché à le détournei de ce dessein, Charles y persista et ordonna quil serait exécuté dès le lendemain* Le 30 août, tout était prél ; un catafalque ^ environné de nombreuses torches, avait été élevé dans Tégiise du monastère, et Charles vint assister à ses obsèques, accompagné de tous ses gentilshommes véttis de deuil Aprèn le ^rvice, qui ne se termina que vers la soirée, l'empereur fatigué se fit asseoir dans la cour de son habitation. Tourné vers Foccident et les yeux fixés sur le cadran solaire, il resta absorbé dans ses pensées. U ordonna ensuite qu'on lui apportât le portrait de rimpératrice. Il le contemi>!a pendant quelque temps: puis il se fit apporter une peinture représentant le Christ au jardin des Oliviers, et

et livrée ensuite aux Elammes. On ni lu même déterrer, dans Téglû couvent de Samt-ïïcnotl te Royal, à Vajlsidotid, le cadavre dedona ÉTéot de Vibero, m«re des victimes précédentes, ac<îusée par rinqaisition d'ê morte dau-i Ibérénie, et ^esoset an statue furent dussî Uvrés aux flammes ! La mémoire de doun Éléonoro de V^ibero, épouse de Pierre CQzaUa, chef de la comptabilité des fmanceîï du mi, fut en outre coudamntH?à rinlamie jus* que dans sa postérité^ et sa maison (qui àvâU servi , prétéudait-oa ^ de temple aux ïuibérieas de YaJladoltd) rasée avec défense de la reconstruire î Voir, mr ces évéoeinents tragiques, VHiUoire tie tinquisitMn d'Espagne, par LLOReîiTt , aiicîeo secrétaire du Sa i ut Dflic©. — Conl Historia ffé l&i protr étantes espartoie», por Adoîfo m Caetho {Gadiz, tSBI. îu-S»),

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