‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 57 sur 198 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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eofin, après l'avoir longuement examinée, il demanda un troisième tableau, celui du Jugement dernier. Tout à coup un frisson le prît; il se tourna vers le docteur Mathys, son médecin, et lui dit : « Je me sens indisposé, docteur. » A ces mots, ses gentilshommes accoururent et le portèrent au lit, qu'il ne quitta plus depuis.

Pendant les vingt jours que dura la maladie, Charles se signala par sa patience, sa résignation et sa piété. La veille de sa mort, on lui annonça l'arrivée de l'archevêque de Tolède. II ordonna deTiotroduire, s'informa de la santé de son Gis, le roi Philippe If, mais ajouta aussitôt qu'il n'était pas disposé à parler d'affaires. Vers le soir, l'archevêque revint une seconde fois ; mais il dut se tenir dans l'antichambre, l'empereur, prévenu contre lui par les insinuations de l'inquisiteur- général Valdès, ayant refusé de l'admettre, malgré les instances de Quijada et du confesseur. Le bruit 8*étant répandu que l'empereur était à l'extrémité, larchevéque, sans en avoir demandé la permission cette fois, entra avec les autres gentilshommes dans la chambre et s'étant approché du lit, il lut et expliqua au moribond le psaume Deprofundis. Tombant ensuite à genoux et montrant le crucifix , il prononça lesparoles suivantes, qui furent dénoncées à l'inquisition : u Voilà Celui qui répond pour tous-, il n'y a plus de péché, tout est pardonné ! » Plus prudent ou mieux inspiré, le prédicateur fray Juan de Villalba chercha ensuite des consolations dans l'assistance particulière des saints. Â minuit, l'empereur se trouvait à l'agonie; il demanda aux religieux de réciter les prières et les litanies pour les agonisants, se fit donner le crucifix qui avait servi à l'impératrice, sa femme^ le porta à sa bouche et le serra deux fois sur sa poitrine. Enfin, le docteur Mathys, qui se tenait au pied du lit, prononça l'arrêt de Charles-Quint, et tous ceux qui l'assistaient, gentilshommes, religieux, serviteurs, éprouvèrent le saisissement de la douleur et de l'angoisse. A deux heures et

Mt

LES PAlTS-fiAS SOUS PHILIPPE If.

demie ûu matin, le mourant fit un dernier effort et expira en kitbutiant le nom du Sauveur K

Éléonore d'Autriche, leine douairière de Portugal etde France, avait précédé son frère dans la tombe : elle était morte, le 18 février précédent, au village de Taîavemela, L'autre sœur de Tempereur, l'illustre Marie d'Autriche, reine douairière de Hougrie et de liohéme , ancienne gouvernante générale des Pays- Bas» ne survécut que quelques semaines h son frère : elle âuc^ comba, le 48 octobre, à Cigales, tandis qu'une flotte l'aiiendaità Laredo pour la recenduire dans les provinces qu'elle avait si glorieusement dirigées pendant un quart de siècle,

Charles-Quint avait laissé trois enfants de son maiiage avec ]34ibelle de Portugal : Philippe II , roi d'Espagne; Marie, qui

* Ces riotaSls sont empruotés, |>ouf la plupart, îl Ja i^lalîûn côittetnpomim du moine hiéroiij miio , analvïiéo par M. Hakhuizeû. Voir aussi les lettres de Quyada, de Gazteiù, elc.i losérées dans la recueil de M. Qmh&rûj etdoDl M, Wgnci s'estpriucipulement^rm dans son bc*au récit de la mort de Cbarles'QuirjL Barlolomé de Carrans^i , quoique revêtu de la haute digQité d'archevêque de Tolède, devint bieDtût après victime de la jalousie du grand itK|uisiteijr Valdès, qui le fit dénoncer comme su^^pcct de favoriser Icâ opinions de Luther, et le tint ensuite enfermé, pendant liuît années; dans les pnsanaduSamt Oltice, h Valladolid. Larcbevéque ^mtt vrai^mblablemeiit resté prifonnler Loutc iiâ vie, si une circonstaoœ imprévue n'avait fait découvrir au roi les intriguer de Valdès. Carranzâ fut appelé s Home , il la demande de Pie V, subît une nouvelle détention au château St-Ange, et n'obtint qu'en i 576, de Grégoire Xlll, une sentence d*abiMîlutiou. Lejfroeès intente à rarchevéque de Tolède fut une des preuves les plus frtp- [Xintas de romnlpotence que s'arrogeait l'inquisitïon. Qiû jwuvait s© crdre assez puissant ou assez orthodoxe pour Échapper a ce tribunal efïraynnt, devant lequtj] les Uoiê premiers généraux de la Compagnie de lésus n'avaient pas même trouvé grùce, à une époque où les jésuites, comme dit Uorente, ne s'annonçaient que par des vertus? Saint Ignace de Loyola fut mis en prison, et ses deujt successeurs^ LayneiÈ et saint Fraurois de Borja, furent perçécutés comme » fanatique» illuminés, »

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