LIVRE iif (1558). i
son origine, le remit ensuite à un joueur de viole. Quels «motifs engagèrent Charles-Quint à tenir si secrète l'existence de cet enfant? Par pudeur, sans doute, il ne voulait point qu'elle fût révélée de son vivant. Ce ne fut que dans son testament qu'il avoua Torigine de don Juan et qu'il le recofnmanda à son successeur '.
1 Les papiers relatifs à don Juan étaient renfermés dans une enveloppe sur laquelle on lisait la recommandation suivante, écrite de la main de Tempereur : « Personne ne doit ouvrir le présent écrit, si ce n'est le prince « mon fils, ou, à défaut de lui, mon petit-fils don Carlos, et, à défaut de ce « dernier, celui ou celle qui se trouvera désigné pour me succéder en « vertu de mon testament, à l'époque où l'ouverture en sera faite. • L'écrit mystérieux contenait ce qui suit : « En outre de ce qui est porté dans mon a testament , je dis et déclare qu'étant en Allemagne , depuis la mort de « rimpératrice mon épouse, j'ai eu, d'une femme non mariée, un fils natt turel appelé Jérôme; que, pour certains motifs particuliers, mon inten- « tion a été de tout temps, comme elle est encore (si la chose est possible « sans trop d'inconvénients), que ce fils prenne spontanément et de son a plein gré l'habit dans quelque ordre de moines réformés, vers lequel on a l'acheminerait, mais sans exercer contre lui ni violence ni coaction queln conque. Cependant, si mes vues ne pouvaient é!re accomplies, et que le « prince préférât vivre dans le siècle , je veux et j'ordonne qu'on lui assi-
• gne, par voie ordinaire, de 20 à 30,000 ducats de revenu annuel dans le « royaume de Naples, ainsi que des terres et vassaux qui lui obéissent. Je « remets le tout à la discrétion du prince mon fils, et, à son défaut, à celle « de l'infant don Carlos, mon petit-fils, ou de tout autre qui, aux termes do « mon testament et lors de son ouverture , se trouvera être mon héritier. « Si , à cette époque , ledit Jérôme n'est pas encore entré dans l'état que je » désire lui voir embrasser, il jouira dudit revenu et des terres qui lui sont M assignées pendant tout le cours de sa vie, et, après lui, ses héritiers et
• successeurs légitimes issus de son corps. Quel que soit, du reste, le genre « de vie pour lequel se décide ledit Jérôme , je recommande expressément « au prince mon fils , à mon petit-fils ^ ou à tout autre mon héritier, au « moment de l'ouverture de mon testament, de Thonorer et faire honorer,
• de lui garder le respect qui lui est dû , et d'accomplir et exécuter tout ce a qui est prescrit dans la présente céduie , signée de mon nom et de ma
LES PAY^-IAS SOUS MIIIIJPPI- IK
Le oonGdenL iotime du dernier amour de Charlea-Quinl fi Luis Qijîjada , son majordome. Ce loyal serviteur, sans jamais' divulguer Torigine de l'enfant , le confia à sa femme , dona Magdalena de Uiloa, qui lui donna des soins maternels. On peul croire d ailleurs que Quijada, après avoir établi sa famUlc à Quacos, fit en sorte que, avant de mourir, l'empereur accueilltt et bénît le jeune Geronimé. Toujours est-il avéré que, pendant ïei obsèques de Cbarles-Quint, don Juan se tint coustamment à cûté de Quijada, dans Téglise de Yuate, étonnant les autr^ assistants par une attitude qui dénotait son afllîction et le resi>ect qu*il professait pour la mémoire de Tempereur K Du reste, Philippe II, exécutant la volonté formelle de son père, reconnut le fils illégi' time de Barbe Blumberg et lappela à sa cour en 1560 ; mai alors même que don Juan venait de donner, sur les côtes d'Afrique et à Lépante , un nouveau lustre aux armes de l'Espagne, son frère, toujours plein de défiance, ne voulut point qu'on (ui accordùl le Utrc ù"Àiks$e^ alléguant que celui d'EœceUmce était mieuï en rapport avec sa position ".
* main, close et scellée de mon petit sceau secrel, la considérant comme
* clause expresse de mon Lestament. Fait k Bruxelles » le 6 janTier 1554. Papiffs d'Éiat du cardinal tie Grattvflf^, t. ] V, pp. 49G et suiv.
i Hcîafion â\i religieux de Tordre <le Snin t- Jérôme, cliap. XLIK.
= Barbe Blumberg épou^ ensuite un Anglais, Jérôme-Pyraoïe Ke qui rempliss^iit Tofflce de commig^isaîre des vivres aux Pay^Bas. fjerdit §00 mari au mois de juin 1560, et, huit jours après, le plus jeune" des deux eofauts proveuus de ce mariage se noya dans une citerue. Du^^ reste, elle restait piQuvre mec beaucoup de dettes. Comme on nMgnorai^l poiut daoFi le public qu'elle était mère de don Juan, le duc d'AUîe^ alor» gouverneur général des Pays-Bas, renvoya visiter et iui donna le cons de ne [xtint disposer de sa personne sans t*en avertir premièreineni. U : iiàta, d'iiilhiur?, de demander les ordres du roi. Celui-ci répondit {Wmp lembre 1569) riue le duc itt* détail permellre ou aucune manière que I cnèï'e de don Juan vlul en Esp^igne^ et il désira avoir son avis sur cequll
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