LIVRE 111 (1558). i
avant son exil. Ce mariage fut célébré à Naples, après l'expédition de Tunis, et pendant les fêtes du carnaval auxquelles Tempereur lui-même voulut prendre part en se faisant armer à Tafricaine et en participant aux exercices chevaleresques de la noblesse. Ces fêtes n'annonçaient qu'une catastrophe. Bientôt une nouvelle conjuration se trama à Florence pour renverser la domination des Médicis. Le chef du complot vivait dans le palais même du duc : c'était son parent, Lorrenzino de Médicis, qui, pour mieux cacher ses projets, affectait la démence de Brutus. Benvenuto Cellini gravait alors la médaille du duc Alexandre, et Lorrenzino lui en avait promis le revers. Il tint sa promesse. Pendant la nuit du 5 au 6 janvier 1537, le duc fut poignardé dans son lit par des assassins que Lorrenzino avait introduits dans sa chambre, au lieu d'une fille dont Alexandre était amoureux et qu'il avait chargé son parent de lui amener. Mais loin de rétablir la république, ce meurtre hâta l'avènement de Cosme de Médicis.
Le nouveau duc supplia l'empereur de lui donner en mariage la veuve de son prédécesseur. Charles-Quint, ne doutant point de la fidélité de Cosme, aima mieux faire servir Marguerite à une alliance avec la maison Famèse, dont le chef, Paul III, occupait le> trône pontifical depuis le 13 octobre 1534. Ils arrêtèrent, dans l'entrevue de Nice, le mariage de Marguerite avec Octave Farnèse, second duc de Parme et de Plaisance '. Mais cette union ne fut pas plus agréable à Marguerite que la première : enfant, elle avait épousé un homme ; femme, elle épousait un enfant, car Octave n'avait que treize ans. Les deux époux furent séparés; le duc de Parme suivit Charles-Quint dans l'ex-
' Pierre Louis Farnèse , son père , assassiné par les chefs de la noblesse de Plaisance, en 4547, était fils naturel du pape Paul 111. Voir les Commentaires de Fr. de Rabutin, liv. 1".
im
LES i^4V^B4S mm Pliai PFE n>
aies.
pédition d'Alger et servit deux ans dans les armées impériales.
Cependant l'absence avait éveillé ramour de Marguerite î revit son époux avec joie et de leur union narjuit le prinu Alexandre qui devait immortaliser un jour le nom de Farnè Plus âgée qu'Octave, Marguerite voulait le dominer» Elle avait les goûts virils î elle était si forte et si vigoureuse , dit Strada , que Iorsqu*on chassait le cerf, elle lassait autant de chevaux que les plus robustes chasseurs; elîe avait même un peu de barb^^ au menton et sur la lèvre supérieure. Dans les querelles qi^| s'élevaient entre les Farnèsc et l'empereur, elle prenait toujours le parti de celui-ci ; sa vénération pour son père était si grande qu'elle répétait souvent que plutôt que de lui déplaire par ne demande indiscrète, elle aimerait mieux couper la tête à propre enfant *. D'autre part, la ferveur de sa dévotion deva lui concilier les sympathies de Philippe IL Elle avait eu pour" directeur spirituel Ignace de Loyola, à qui elle se confessait plus souvent qu'on n avait coutume do le faire en ce temps ; elle pra* tiquait aussi tous les autres exercices de piété ; chaque année, f^Ê jeudi saint^ elle lavait elle-même les pieds â dousîe filles pauvres et les servait ensuite à table '*
Le plus profond mystère avait enveloppé la naissance de don Juan, It avait vu le jour à Kaiisbonne le 24 ou le 25 février 4 547, Sa mère était Barbe Blumberg, peutHiHre d'origine néerlandaise. Elle fut amenée ^ Charles-Quint pour chanter devant lui et l'arracher à la mélancolie qui le consumait depuis fa mort de Timpéralrice, ce fut délie qull eut don Juan ^ Mais Tenfant fui presque immédiatement enlevé à sa mère et confié par lempereur à son valet de chambre Adrien de Bues, qui, pour mieux cacl
* Ramilk, Uisi. rtê ia imjîauté, iîv. JIL
* Hfst, tfAlej;anfhr Fanu^Hf (Aiiï^terdiiui, WM), p. !fS.