LIVRE 111 (1558). il
d'un vaste mausolée, des épitaphes rappelaient les principaux événements de ce règne mémorable. L'oraison funèbre fut prononcée par François Richardot, suffragant de l'évéque d'Arras '. Du reste, on solennisa, dans tout le monde catholique , la mémoire de Charles-Quint. Soixante-quatre mille messes furent, dit-on , célébrées pour lui, et on lui éleva vingt-quatre mille mausolées, qui coûtèrent plus de six millions de ducats d'or *.
Cependant des désirs pacifiques prédominaient alors dans les États dont la rivalité, sous le dernier règne, avait si longtemps troublé le monde ; de toutes parts , les vœux les plus ardents s'élevaient pour l'heureuse issue des négociations entamées dans le but d'amener une réconciliation durable entre l'Espagne et la France.
Les conférences entre les plénipotentiaires espagnols et français, réunis à l'abbaye de Cercamp, avaient traîné en longueur par suite des prétentions exagérées qui avaient été mises d'abord en avant de part et d'autre, selon l'usage presque constamment suivi dans les négociations diplomatiques. Et cependant les deux princes, qui étaient principalement intéressés dans la négociation, désiraient également la paix. Philippe cédait à l'impatience de retourner en Espagne, surtout depuis la mort de son père, et
1 Brantôme, Capitaines estrangers, t. I, p. 47. On y trouve une relation détaillée des obsèques de Charles-Quint à Bruxelles.
' Paul IV fit aussi célébrer un service pour Tàme de Charles-Quint ; puis, eu présence des cardinaux et des ambassadeurs, il prononça un discours tendant à démontrer « que ledit empereur Charles estoit décédé « empereur, ayant en cette qualité reconnu tous les Papes qui ont esté dett puis son élection et coronation, et semblablement esté reconnu d'eux ; et a que, sans leur licence el permission, il ne pouvoit renoncer ny déposer « cette dignité, de laquelle nul autre que luy n*est apparu encore tni/a- « blement pourvu. » L'évoque d'Angoulême au roi Henri II, 42 décembre 4558, dans Ribier, t. H, p. 775.
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LES PiVS-BAS SOLS PHÎLIPPE II.
ïïeîiri à celle de délivrer le connétable de Montmorency, prison^ nier des Espagnole , et de s'affranchir du joug que les Guis prétendaient lui imposer. Toutefois, les conférences de Cercamp n'avaient, au bout d'un mois, produit encore d'autres résultats favorables à la paix qu'une prolongation de la trêve, lorsqu elles furent tout à coup suspendues h la nouvelle de la niorl de Marie Tudor\ M
Philippe II fit bientôt une démarche qui dénotait toute la profondeur de sa politique et de son ambition Pour conserver sur TAngleterre 1 influence que lui avait donnée son mariage aveiî la fille de Catherine d'Aragon, il offrit à la nouvelle souverainâ|| Pille d'Anne de Boleyn et conséquemment entachée d'illégitimité aux yeux de TEurope catholique, il offrit également sa main h reine lilisabeth après avoir d abord cherché h la gagner par fe protestations les plus affectueuses ■.
Le^ catholiques, et à leur tète les Guises^ considéraient Marie
1 Voir les Papiers d'Élal du cardinal de GranveÙe, t. V, p. 2î0 et suîv, — Dans une lettre confidentielle adresstéeau coufesseurdu roi Philippe II et datée de Ccrcamp le I novembre, Granvelle s^exp rimait en ces l^jrmes : I. ,,,,, J'ignore si tMeu le permet en punUion de nOî* péchéSn nu pour tiuel- * que ^>uîre motif, niais toujours est-il qye tes Français ne prennent pas m jusqu'ici le chemin de conclure le traité qui nous occupe. Une chose a dû » nous faire tort aupr-ès d'eux, c*esi qn'ûs oonnaîssent nos vœux pour I^H M paix ; aussi puraissenL-ils décidés à nous la Tendre cher... Peut-*^tre ausi^B N compteat-ils beaucoup sur le vif désir que nous avons de retourner en *• Espagne : car ils son! gens à lirer parti de tout...., » Ibiff., p. 35i et suit,
* Voir ia lettre de Philippe l^ datée de Bruxellis le 24 décembre 15S et insérée dans les Papiers d'État du cardinai de Granmilt, t. V, p, ^ M résulte d'une dépêche adressée de Venise, le 9 janvier #55?, par c^rdinnl de Tournon au roi Henri [J, que Ton était persuadé à Borne < rintention de Philippe II était d'épouser Elisabeth et que le pape, sondé sur ce sujet par l'évèque d'Angeuîéme , paraissait disposé à accorder dispense nécei^saire. Rroun^ t. H, p, 777*
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