‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 65 sur 198 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

abandoDnèrent cent quatr&Mngt-dix-huît places fortes ou châteaux, tant dans les Pays-Bas qu'eo Italie, en échange des trois petites villes de Saint^uentin, de Ham et du Catelet, ainsi que du territoire précédemment occupé par la ville de Thérouanne '. Le double mariage, également stipulé dans le traité, s'accomplit sous les plus sinistres auspices. Le duc d'Âlbe avait été désigné pour épouser par procuration la princesse Elisabeth de France. Accompagné du prince d'Orange et du comte d'Ëgmont, il se rendit à Paris, et la cérémonie eut lieu à l'église de Notre- Dame ; mais les fêtes provoquées par cet événement ne dissimulaient point l'irritation profonde des protestants, que des mesures violentes venaient d'atteindre , non plus que les vagues appréhensions d'un malheur prochain. Il ne tarda point à se réaliser. Henri If, mortellement blessé en joutant contre Lorges de Montgommery, capitaine de la garde écossaise, expira le 10 juillet, après avoir fait célébrer devant son lit de mort le mariage de Philibert Emmanuel de Savoie et de Marguerite de France. François II monta sur le trône, et, sous ce prince adolescent, les Guises reprirent le pouvoir et l'exercèrent sans partage.

' On conçoit la douleur du duc de Guise en présence d*un traité qui sapait directement TiDAuence de sa famille en même temps qu*il détruisait le fruit de ses plus glorieux travaux. « Sire, dit-il au roi, quelques jours avant la conclusion définitive, lorsque vous ne feriez que perdre durant trente ans, si ne scauriez-vous perdre ce que vous voulez donnera ce seul coup. Mettez-moi dans la pire place de celles que vous voulez rendre, je la conserverai {dus facilement sur la brèche que je ne ferois jamais durant une paix si désavantageuse qu*est celle que vous voulez faire. Vous avez. Sire, d*autres serviteurs qui en feront autant que moi, et de çà et de là les monts. » Mais Henri II était par-dessus tout impatient de rappeler le connétable de Montmorency à la tète des affaires et d'en (éloigner les Guises. Histoire des ducs de Guise, t. I, p. 5i1.

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