LIVRE IV
de Mendoça, marquise dQ Zenette, qui joignait une grande fortune aux charoies de la jeunesse. 11 avait eu pour rival le duc d'ÂIbe, mais les prétentions de ce dernier étaient combattues par Tempereur lui-même parce que ce prince craignait, selon la remarque d'un historien moderne, que si un grand d'Espagne se mariait avec une riche héritière, il ne devint trop puissant ^
La principauté d'Orange, qui venait d'échoir aux Nassau, avait appartenu successivement et sans relever d'aucun suzerain à trois maisons : Orange, Baux et Chàlons. Cette derni^, très-puissante dans les deux Bourgognes, avait acquis la principauté par mariage en 4393. Philibert, quatrième prince de la maison de Chàlons, eut d'abord le dessein d'offrir son épée à François I*; une humiliation dont il conserva le ressentiment le jeta dans le parti de l'empereur *. Comme il se rendait en Espagne, il fut pris sur mer par les Français et resta trois ans prisonnier dans le château de Lusignan en Poitou. Lorsqu'il eut recouvré sa liberté, il accompagna Charles de Bourbon dans son entreprise contre Rome, et , après la mort du connétable, les Impériaux l'élurent généralissime, quoiqu'il n'eût que vingtquatre ans. Rome prise, il aurait voulu, dit-on, exécuter le dessein du connétable en se faisant couronner roi de la ville étei^ nelle. On le retrouve ensuite dans Naples, assiégée par Lautrec;
1 D'après la relation de l^ambassadeur vénitien Gaspard Contarini [4 525), Henri de Nassau avait 20,000 ducats de revenii, qui furent augmentés de 20,000 par son mariage avec dona Bfencia de Mendoça, et de 43,000 que Tempereur, à Toocasion de ce mariage, leur accorda pendant leur vie.
' A l'occasion du baptême du premier dauphin, fils aîné de François I» et de Claude de France, le prince d'Orange était venu en France avec un cortège magnifique dans le dessein de présenter ses services au roi : mais soit qu'ils ne fussent pas agréés, soit qu'ils ne le fussent qu'à des conditions dont ce prince ne crut pas devoir s'accommoder, il quitta la cour et s'attacha à Charles d'Autriche. Mémoires de Martin du Bellay, 1. 1, p. 404.
LES lUY^-BAS S0V5 MIILIPrE It.
ot là encore il est a|>palé à remplacer le vice-roi , Hu^^ues de Moncade, qui u succomba ^ là, pour la seconde fois, le jeune prince d'Orange est élu gcnc^rdlissime par le^ soldats impériaux. En i53Ô) devant Florence, deuxarquebusades qull reçoit à travers le oorps viennent ternûner brusquement la carrière de ce jeune héros. Sa bravoure avait été aiguillonnée parle désîrd'épouser Catherine de Médicis (depuis reine de France) ^ aussi faisaitil autant Toffice de soldat que celui de capitaine. C'était, àu surplus^ un ennemi acharné des Français. Lorsqu'il se trouvait enfermé datis le château de Lusignan , il n'y avait muraille blanche, dit Brantènie, qu'il ne noircît de |)etits écriteaux oontre eux ; quand ils avaient du malheur à la guerre, il était /leniu de Joie; quand ils avaient du succès, il était dém%péréde deuiL En vertu du testament de Philibert, la principauté d'Orange fui transmise à René de Nasî^au, fils unique du comte lîeoriot de Claudine de Chàlons. Charles-Quint, de son côté^ fidèle à la mémoire de Henri de Nassau, conféra à son héritier je gouvernement de la Hollande, de la Zélande, d'Utrecht et de Frise. René 6 efTorça d'égaler son oncle maternel par des actions d éclat ; mais sa carrière , qui promettait aussi d'élre glorieuse , fut soudaioiv ment interrompue comme celle de Pliilibert. Le 19 julllel 1^44, il fut blessé mortelleraeût devant Saînt-Dizior^ trois jours après, il mourut, âge de vingt-six ans, L'emîK^reur, dit Branlàme, alla le voir dans sa tente » le consola tant qu'il put ^ et, lui disant adieu, le baisa à la bouche, puisse relira ta larme à lœiJ.
Guillaume , frère du comte Henri , n'ambitionna point, cooime œlui-ci, les grandes négociations ni les commandements militai"- [■es. La principale alfaire de sa vie fut rintroducUon de la réforme dans ses domaines, et celle œuvre dangereuse, il l'aecompUtavec beaucouj^ de fermeté et de persévérance '. La petitesse de ses