LIVRE IV
États lai rendait le courroux de l'empereur redoutable; d'un autre côté, il devait lui être pénible de résister aux ordres ou aux désirs du monarque à la cour duquel se trouvait son frère et où son fils allait être également appelé. En 4530, comme il s'était rendu à la diète d'Augsbourg, Charles-Quint le chargea de détacher l'électeur de Saxe du parti évangélique ; mais, au lieu de ramener les autres au catholicisme, Guillaume était dès lors décidé à embrasser lui-même la confession d'Augsbourg. De retour dans ses États , il introduisit effectivement des pasteurs évangéliques à Siegen et à Dilienbourg ; puis il abolit successivement la messe et les autres cérémonies catholiques. En 1536, il prit même part à la ligue de Smalkalde. Quelque temps auparavanty il avait refusé la Toison d'or, dont il n'aurait pu observer les statuts, car les chevaliers juraient le maintien de la religion catholique. Le surnom de Riche lui fut donné mal à propos-, loin d'^re opulent, il avait à lutter contre l'exiguïté de ses ressources.
Ce ne fut qu'après de longues, vives et dispendieuses querelles avec la Hesse, qu'il acquit enfin une partie du comté de Catzenellenbogen. De sa seconde épouse, la comtesse Julienne de Stolberg, il eut douze enfants.
Le futur adversaire de Philippe II était l'aine de quatre frères. Les dispositions testamentaires de René, prince d'Orange, furent le fondement de sa fortune. N'ayant pas d'enfant légitime, René, par un acte du 20 juin 1544, institua pour son héritier Guillaume, son cousin germain. Cet acte, confirmé par Charles-Quint, assurait au jeune prince l'opulente succession des maisons de Châlons et de Brcda. On a prétendu, d'une part, que, pour des intérêts terrestres, les parents de Guillaume avaient fait changer de religion à leur fils. Mais , d'autre part , on objecte que les protestants ne désespéraient point encore de Charles-Quint; que, précisément en 1544 , c'est-à-dire à l'époque où le jeune Guillaume quitta ses parents, l'empereur montrait de bonnes inten-
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dons à l'ëgard des dissidents- que la confirmation Qiénie du testament de Reaé , malgré ceux qui ne voulaient pas lais^r succéder la fils d'un hérétique, était une preuve de modération ; enfin » que le départ du jeune prinoa n'entraînait nullement une abjuration de sa foi ', Cependanl les parents de Guillaume furent cruellement désappointés lorsqu'ils surent qu'à la cour de Bruiel* les il participait aux cérémonies catholiques. Un autre fait assez remai-quable , c'est que l'éducation de Théritier des Nassau fut confiée à un des fils de Granvelle, à Jérôme, frère cadet de Tévéque d'Arras ', Guillaume avait été d'abord placé auprès de la reine Marier gouvernante générale des Pays-Bas - mais, quand il fut un peu plus grand, rempereur le fit page de sa chambre. On dit que sa gentillesse et son naturel plurent infiniment à Charles- Quint, parce qu'il ne sortait jamais de cette modestie qui sied à un adolesceot, et que, nes'ofîrant point avec ostentation au commandement de son prince, il ne laissait néanmoins échapi^er aucune occasion de le servir ; enfin , parce qu'il se gouvernait de telle sorte qu'il se faisait estimer plus digne de la faveur qu'am* bitieux de la recevoir '. De la chambre impériale, où il demenra près de neuf ans^ il passa dans Tarmée. Par ordonnance de ta gouvernante des Pays-Bas, du %1 juillet 1551, il reçut le commandement d'une compagnie de deux cents chevaux, et, Tannée suivante, il fut fait colonel de dix enseignes de gens de pied 4*
' Archives tle la maison dVranf^e^Nassau, t. I^ lotrod., p» 197.
' Jéréme de Granvelle avait été nommé par Charles-Qulni iuigouveraetir do Gullh'iume de Nûssau. Il le suivit à la guerre et mourut au moiâ d'octobre i 5Î>4| à Béthunc, égé de trente ans, d'uue arquL^busiide qu'il avait reyue au siégo de cette place, Papm9 dÉiai du cardinûî de Grani^ttc, 1. 1^ notice prèlïminairç, p. XL
'Strada, rftf BfUo belgico, ïib. !î*
* ComBpodifmtKe dû Guitianmr fv Tmiîufne, publiée jiàr M, GACiiAmp. t, \'% p, in.