‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 82 sur 198 · LIVRE V (fS · texte numérisé non relu

LIVRE V (fS

A I avènement de Philippe II, les Pays-Bas se composaient de dix-sept provinces, aujourd'hui morcelées pour la plupart, et comprises dans les royaumes de Belgique et de Hollande ainsi que dans la région septentrionale de la France. On trouvait sur œbeau et riche territoire deux cent huit villes murées et cent cinquante autres qui passaient pour villes closes ; le nombre des villages à clocher était de six mille trois cents.

Le terroir, généralement bon et fertile, produisait beaucoup de blé, principalement dans la Flandre gallicane, l'Artois, le Hainaut et la Gueldre. Les fruits étaient également abondants. Les campagnes étaient couvertes, presque toute l'année, de beaux pâturages où se nourrissaient ce bétail qui faisait l'admiration de Tétranger, ainsi que ces chevaux de guerre et ces chevaux d'attelage qui servaient au commerce d'échange avec l'Allemagne et la France. Mais quelle que fût la fertilité du sol \ les habitants des Pays-Bas, surtout ceux du nord, avaient besoin aussi bien du superflu que de l'industrie des autres peuples; ils devaient vivre du commerce d'échange. Or, l'admirable situation de cette contrée la rendait, suivant les expressions de Guicciardin, le port, la foire et le marché de toute l'Europe. La Hollande et la Frise avaient pour frontière l'Océan ; le Luxembourg confinait avec la Lorraine, le Hainaut avec la Champagne et la Picardie; tandis que la Flandre regardait l'Angleterre, son ancienne alliée.

Selon la spirituelle remarque de Prescott, le souverain pouvait, au milieu dt^ Tor des Indes, être comparé au mouarque de Pbrygie affamé par sa richesse surabondante.

* Selon BiNTivoGLio, Ips provinces méridionales des Pays-Bas abondaient m toutes choses nécessaires à la vie humaine, hormis le vin dont toutefois U y avait, disait-il, bonne provision dans la Bourgogne. Relations, p. ^Ib, Cependant de riches vignobles étaient cultivés autour de Namur, de Diest, de Louvain et dans Ips pays de Luxembourg et do Uége. Op ep lirait également parti.

LES PAYS-BAS SOUS PHIIJPPg IL

publique, car^ dans leurs représentations théâtrales, elles exprimaienl , quelquefois avec esprit et souvent avec courage, les véritables sentiments des ddsse^ moyennes. Déjà la dommaUon bourguignonne avait pris ombrage de rindt'pcndance manifestée par les chambres de rhétorique, Philippe le Bon, quoique membre lui-même d'une des confréries de Bruxelles, leur avait défendu, en H45, de déclamer ou de chanter des poésies factieu3es> çest-àHiîre, sans doute, d'autres pièces que celles qui n'auraient pas été revêtues du cachet officiel. Lorsque les doctrines de Luther et de Calvin se répandirent dans les Pays-Bas, elles trouvèrent des partisans parmi les confrères des chambres de rhétorique. A de certaines époques, les oorporaltons littéraires met** talent des questions au concours, et la société qui avait remporl*^ Je prix, nommé Lant-Juweel (joyau du pays '), proposait à tour une autre question. Ces problèmes avaient, en général, po but dn fortifier le sentiment de Thonneur dans le i>eupJe, de piw^ pager le goût des arts et des sciences , d'attirer raltention sur la destinée humaine. En i5!i9, la chambre de^ Fontamistes ûe Gand avait mis au concours la question suivante -. « Quelle pouvait être la plus grande consolation de l'homme mourant?» Dans les réponses adressées par plusieurs société:^, on v.t manifestement 1 influence des nouvelles opinions qui agitaient les esprits ', Rien, d'ailleurs, n'éUnt alors comparable à la pompe et à la splendeur qui jlluâtraient les soïennilés ftoétiques des confréries httérain des Pays-Bas. Outre le prix de lu question niise au concoui d'autres prix étaient décernés aux sociétés qui faisaient leur en-

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tC'dtaît tme coupe d'à i^genL « Lande^JueU, îd est drinklug cap of sylvi The Up! ùfsir Thomas Grr^kmn, etc., t. L

^ Lo vofume» où tes pièces du concours st* trouvaient réunies , fut fendu et monMonnù dan;^ Tindex publia par Ic^ ordres du doc d*AU>e en Vyi\. Voir LA Seu^a Santai^dëii, Mèmoite $ur Ut bibliot/iéqut' de Bourgoi/n€^ p, 4 50» et Vffittmredeê Pa^s-Bas, d*£M»A?<U£L t^E M^rcnsN, p, Î7.

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