LIVRE V
trée dans la ville avec le plus d'éclat et de magnificence, qui venaient de la cité la plus éloignée , qui donnaient la plus belle fête ou qui représentaient le meilleur mystè)^. Dans ces jeux poétiques , les bourgeois des villes rivales déployaient à l'envi toute leur opulence. On les voyait arriver à cheval , vêtus de velours et de soie, précédés de leurs hérauts et de leurs musiciens et suivis de chars emblématiques où des acteurs représentaient des moralités *. Ces fêtes pompeuses disparurent avec la
1 Comme exemple, dous emprunterons à V Histoire des Pays-Bas, d'EiiVA- Ni'EL DE Meteren, la description de la fête poétique célébrée à Anvers le 3 août 4562 : » La chambre rfe la Guirlande de Marie, de Bruxelles, emporta le plus grand prix, pour avoir fait la plus belle entrée. Car ils firent leur entrée estants bien trois cents et quarante hommes à cheval, tous habillés en velour, et en soye rouge cramoysie, avec des longues casacques, à la ro]onno3rse, bordées de passement d'argent, avec des chapeaux rouges, faictsàla façon des heaumes anticques ; leurs pourpoints, plumages, et bottines, estoyent blanches. Ils avoyent des ceintures de tocque d'argent, fort curieusement tisâues de quatre couleurs, jaulne, rouge, bleu et blanc. Ils avoyent sept chariots faicts à Tanticque, qui estoient fort gentiment équippés avec divers personnages qui estoient portés èsdits chariota. Ils avoyent encore septante et huit chariots communs, avec des torches ; lesdits chariots estoient couverts de drap rouge bordé de blanc : tous les chartiers avoyent des manteaux rouges, et sur ces chariots il y avoit divers personnages, représentants plusieurs belles figures anticques, qui donnoyent à entendre « Comment on s'assemblera par amitié pour départir amiablement. • De Malines vint la chambre appelée la Pione : ils firent leur entrée avec trois cent et vingt hommes à cheval, habillés de robes de fine estamine incarnate, bordées de passement d*or, avec des chapeaux rouges : les pourpoints, les chausses et lea plumages estoyent de couleur jaulne , les cordons d'or, et les bottines noires. Ceux-cy avoyent sept chariots de plaisance, faicts à l'antique, et fort bien enrichis et ornés de personnages, lis avoyent encore seize autres beaux chariots carrés par en haut, et couverts de drap rouge, chaque chariot ayant huit beaux blasons, et deux de la confrairie assis dedans avec des torches, et derrière il y
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Splendeur des provinces méridionales. La sévérité du gouverna ment espîignoJ et le fanatisme religieux devaient nëcessairemenr réprimer cette maiiifestulion libre et philosophique des sentiments plébéiens. La décadence des chambres de rhétoriijue fut i un des résultats de la terrible lutte qui allait bientôt s'engng^H entre le droit d'examen et I inquisition , entre la liberté et le des-^ potJsme. Elles périrent ou s'effacèrent dans la tempête.
Les dix-sept provinces des Pays-Bas se composaient des duchés de Brabant, de Limbourg^ de Luxembourg et de Gueldre; dc^ comités d'Artois, de Haioaut, de Flandre, de Namur, deZulphea, de Hollande et de Mande \ du marqitisal d'Anvers ou du sali empire; des s^gneuries de Frise, de Malines, d'Utrechti d'O Ysseletde Groningue.
La partie septentrionale, plus connue aujourd'hui sous le de Nécrlande^ se distinguait entre tous les pays de THurope [souvait avec vérité lui ajiplîquer ces paroles du livre sacré ^ Dieu Ta fondée aunlessus dm mers et établie au-(|essus des fleuves. ]» Les mers et les fleuves furent les premiers ennemis que la Néerlande eut à combattre. Les inondations, maritimes et fluviales, ont mc^me tellement changé la face de ce pays qu'il eM difficile de reconnaître les rivières et les canaux décrits par
ïtv0it deux poeltes à feu. En leJb inanière vmrenl aussi les outres cham bres, mais non eo telle loagaifieerict. ei avec tant de ^us^ oii Fou employa qudqyes jours à faire ûe& feux do joie, à jouer des comédien, dfs farces» et Taire de^ choses pour rire, et en des baucquets, jusques à ce que les prix fussent départis...-» — On trouva aussi dans TouTrage de J.-W, Bvm* Gojt {Ths U(h and timeê of sir Thomas Gresham, t. I"', pp. 377-<î9î), une longue lettre contemporaine où il est runda un compte détainé de ces fêtes. L'auteur n allais a calculé qu'en dix. jours ces solennités occasion aèrent une dépense qui s'éleva à près d'un demt-miliiori de livres sterling (monnaie actneUc).