‹ Histoire de la révolution sous Philippe IIChapitre 85 sur 198 · LIVRE V (1560). i · texte numérisé non relu

LIVRE V (1560). i

villes closes ou murées et plus de cent villages : ici le terrain s'abaissait pour former une région plate , mais bonne et trèsfertile aussi. La Frise \ si célèbre au moyen âge par le caractère indomptable de ses habitants qui avaient d'ailleurs conservé leur ancienne aversion pour la tyrannie , la Frise vivait en quelque sorte de ses pâturages et de ses tourbes ; le blé y étant insuflBsant, on le faisait venir du Danemark et des pays méridionaux. Cette province, dans laquelle on rangeait la seigneurie de Groningue, renfermait treize villes et cinq cents villages environ.

Le comté de Hollande, l'âme et le cœur des provinces du Nord» était admirablement situé pour le commerce : au nord- et à l'ouest^ il touchait à l'Océan ; au midi, à la Meuse et au Brabant ; à l'est, il avait pour limites le Zuyderzée et la Gueldre.

Un coup d'œil sur Taspect de cette contrée depuis le moyen âge montrera les changements qui y furent accomplis par le plus énergique labeur. Au xi* siède , toute la Hollande méridionale» de Gorcum jusqu'à Harlem, était encore couverte par la forêt de Merwede. En 4047 le comte de Frise s'empara de cette forêt et. bâtit un bourg, avec château fort, à l'endroit où existe actuellement Dordrecht. De leur càté. les comtes de Hollande construisirent une maison de chasse autour de laquelle se forma bientôt le village de la Haye ÇS Gravenhage , bois du comte). Guillaume de Hollande, qui monta sur le trône impérial en 1248 , éleva en cet endroit le palais appelé la Cour et y établit un tribunal de justice pour terminer les affaires qui pouvaient naître entre les seigneurs de sa suite, tandis que les bourgeois devaient être jugés par leurs magistrats ordinaires. La Haye devint ensuite la

I II 8*agit ici de la partie occidentale de la vaste contrée qui portait ce nom au moyen âge ; la partie orientale ou West^Frise était réunie à la Hollande.

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résidence principale des comtes de Hollande et des slathouders ou gouverneurs auxquels rautorité était déléguée pendant Tabsencedu souverain '. Cependant les lacs, les maraiset les terres incultes occupaient encore, dans Tancienne Batavîe, un plus grand esjuice que les forêts. Ainsi plus de la moitié du sol de la Lloltande ne consistait qu'en marécages L endroit où fut bàtJe la ville de Uolterdam n'étail qu'un lac; mi^me jusqu'au commencement du XV* siècle, une gronde panie de la province d'Utrecht resta inculte et inhabitée ^ en U23, on fît enfin un apjiel «m* étrangers pour qu'ils vinssent défricher, dessécher, et les bois , les tnarais et les bruyères de cette contrée, I miers endiguements entrepris vn vue de mettre les terre de la Hoitandc méridionale h Tabri des dêbordemeiUs q i eurent lieu au xir siècle , dans la contrée appelée fiA^. i en 1^74, on endigua le territoire entre Rotterdam elle v Hiw d'O^erschie. Enfin le collège du J>t/ckgjmif [cùinle ou jugt ji^ digues) et des lieemn^den fut établi en *a23, k l'oecasioû d dèbijrdement du Rhin qui, ayant rompu seâ barrières, avait tàu les plus terribles ravages en Hollande.

Du lac de Harlem jusqu'au gouffre , sur lequel s'éleva Amsterdam^ lu vue n'embrassait qu'un marais couvert de joncs et tî'herbes sauvages. LeZuyderzée non plus n'était pas encore, à la fin du xur siècle, contenu par un système régulier de digues; pendant l'été, les riverains se mettaient à l'abri des irruptions de la mer au moyen de légers épaulements : mais ces ouvrages ne pouvaient résister aux fortes marées de rautomoc^ aussi la population, toujours menacée, se retirait-elle, à rapproche de Ihiver^ sur des ici très appropriés pour ce refuge *. La Nord- Hollande {Frisia miwor) était tellement entrecoupée par des lacs

^ hf*poi\Biçn\ le nom dp Trrpfii ou Werden.

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